‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 4)Chapitre 115 sur 156 · SHOCK LOCAL · texte numérisé non relu

SHOCK LOCAL

il ne saurait s*agir ici de la lésion d'un nerf en particulier, — il se produit une aneslhésie cutanée et profonde en même temps qu*une paralysie motrice plus ou moins accentuée^ lesquelles, vraisemblablement, sont le résultat d'une participation par voie réflexe des centres nerveux. On peut, croyonsnous, sans forcer les analogies, relever qu'il y a là comme une esquisse, un rudiment, un germe de la paralysie hystérique traumatique, et Ton comprend que chez un sujet prédisposé psychiquement, cette paralysie rudimentaire provoquée par le choc se réalise et se développe au plus haut degré, en raison d*une élaboration mentale, d'un processus d'auto-suggeslion dont nous avons essayé de vous faire reconnaître le mécanisme dans nos précédentes leçons '.

Il ne faut pas confondre ce choc locai^, relativement bénin, avec la stupeur locale que décrivait récemment le professeur Yerneuil, dans une de ses leçons cliniques. Ici, à la suite d'une contusion toujours intense, il y a suspension de la circulalion, de la calorifîcation, de l'innervation (anesthésie et paralysie» motrices) avec menace de sphacèle. Tous les accidents, en pareil cas, d'après M. Yerneuil, seraient le résultat de la compression des troncs arlériels et nerveux par un épancheuieni profond ; il suffit, en effet, de débrider largement et de pormellre ainsi au sang de s'écouler, pour les voir tous disparaître '.

Ouoi qu*il en soit chez notre malade, les phénomènes du oIkh* local {Local shock) paraissent avoir été très accusés, puisv|uo non-seulement la fracture s'est opérée sans douleur, mais ^juo. de plus, le membre paraît avoir été frappé d'anesthésie .oaK'ltMo dans toute son étendue, en même temps qu'il était •j>:i\c do Unit mouvement volontaire. Il a donc existé chez lui,

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< N.;- : w\tKsi'v*l»tu* vlu mol S/ioA-, voir p. 392, note 1.

AUTO-SUGGESTION- 40j

en ce temps-là, une monoplégie avec flaccidité de tous points comparable à celles que nous avons étudiées récemment, chez plusieurs sujets hystériques, en conséquence d'un traumatisme. A ce propos, vous relèverez immédiatement qu'aujourd'hui ce

Fig. T9.

n'est pas une paralysie flaccide que nous avons sous les yeux, mais bien une contracture spasmodique, et c'est Injustement un fait que nous nous réservons de discuter particulièrement par la suite ; auparavant, nous devons signaler quelques fails qui sont survenus dans les jours qui ont suivi l'accident.

Deux jours seulement après l'événement, le malade se décida à aller consulter un chirurgien ii l'hâpital St-Antoine ; le poignet, la main, les doigts étaient devenus très enflés; les

UH) DÉVETX)PPEMEXT DE LA COTTBACTURE

mouvements volontaires étaient absolument nuls ; les moùvemenls passifs étaient au contraire possibles, et il n'existait aucune trace de raideur dans le membre affecté qui, comme au débuty était resté absolument insensible.

Pendant une période de 15 jours, Tavanl-bras fut placé dans une gouttière et recouvert de compresses phéniquées et de Mlaplasmes. Puis on se décida à appliquer un appareil pl&tré qui fut gardé 45 jours.

Au moment oîi, au bout de ce temps, l'appareil fut enlevé, on constata que le membre supérieur était contracture, le coude et les doigts dans la flexion, exactement dans la situalion où vous les voyez actueilement {fig. 79).

La chloroformisation fut pratiquée, elle permit de reconnaître qu*il n'existait aucune lésion articulaire, aucune rétraction fibreuse et qu'il s'agissait là d'une véritable contracture spasmodique.

On profila de la resolution produite par l'action du chlorofonne pour tenter de modifier la position de la main en redressant les doigts; en conséquence, une planchette mainlenue par un bandage fut appliquée sur la paume de la main : mais, à chaque instant, sous Tinfluence de la flexion invincible des doigts, l'appareil se dérangeait ; on fut obliïzé de Tenlever, au bout de deux jours, et la main, abandonnée à ellemftmc, reprit sa première altitude.

Depuis cette époque, un grand nombre de médecins ont été

cotisuUés mais aucune tentative nouvelle n'a été faite. Tout

récemment, mon collègue, M. leD' Périer, chirurgien de Thô-

mlaUeUriboisière, consulté à son tour, a en Tobligeance de irfadrcsser ce malade (16 mai 1886), jugeant qu'il s'agissait tfutv cas iûléressant la médecine plus encore peut-être que la

dùmtgve.

^OûS çouw tcconnallre comment, chez notre malade, le

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