ANKYLOSE CELLULEUSE
Il existe un certain degré d'amaigrissement, d'atrophie du membre ; mais les réactions électriques sont normales ; aucune trace, en particulier de la réaction de dégénération.
Il s'agit donc là, bien évidemment, d'une contracture spasmodique, d'origine neuro-musculaire.
Il est facile d'ailleurs d'établir que la déformation et l'impotenco du membre ne sont pas ici le résultat de Tune quelcon-
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que des complications d'un autre ordre qui peuvent se monlrer, à la suite de l'immobilisation prolongée des parties ou d'une compression trop forte exercée sur elles par le bandage.
L'immobilisation prolongée peut produire, vous le savez,
dans certains cas et chez certains sujets, une végétation conionclivc de la synoviale, une sorte d'arthrite suivie quelquefois d'ankvlose celluleuse (Obs. de Teissier et Bonnet, Hueter, t \ arthrite fort analogue, soit dit en passant, à celles que nous avons étudiées dans le temps, M. Bouchard et moi, sur les membres depuis longtemps immobilisés dans l'hémiplégie cérébrale ; mais la disparition bien constatée dans le cas acluelde toute rigidité, quand le sujet est placé sous l'inùacncedu AtoTotoime, suffit pour montrer que ce n'est pas
SCLÉROSE MCSCULAinE 4^)9
Le même argument permet d'affirmer du inômc coup qu'il ne s'agit pas non plus d*une lésion des gaines tendineuses, des tendons, ou encore d'une hyperplasie avec rétraction du tissu celkilaire sous-culané. La compression portant sur un tronc nerveux aurait pu, à la rigueur, produire la paralysie d'un groupe musculaire, des extenseurs, par exemple, et, en conséquence, une contracture paralytique déterminée par la prédominance d'action des antagonistes non paralysés. Mais il serait, en pareil cas, toujours facile, d'un côté, d'exagérer la flexion et, de l'autre côté, de vaincre jusqu'à un certain degré l'action prédominante des fléchisseurs. Or, c'est justement le contraire qui s'observe. L'action des extenseurs est tout aussi difGcile à vaincre que celle des fléchisseurs et c'est là, précisément, vous le savez, un des grands caractères de la contracture spasmodique.
Dans ces derniers temps, M. le professeur Volkmann d'abord, puis, après lui, M. Léser* ont décrit un genre particulier de contracture qui s'observe dans le cas de fracture, surtout aux membres supérieurs à la suite et en conséquence de l'application d'un bandage trop serré. Cette contracture serait une conséquence de l'ischémie produite dans le membre, par le fait de la compression excessive exercée par le bandage et elle devrait être assimilée, suivant les auteurs cités, à la rigidité qui se montre sur les parties ischémiées, dans l'expérience de Stenon ou encore chez l'homme à la suite de la ligature de l'artère principale d'un membre. Vous savez, d'après les détails que je vous ai présentés dans la leçon que j'ai consacrée, cette année, à l'étude de la claudication intermittente produite chez l'homme par oblitération artérielle', que la contracture
4. R. Volkmann, Die ischaemischen Muskellaehmungen und Confracturen, Cbl. f Chir, 1881, n» 51. - Cbl. f. die med. Wiss. \xSi, p. 445. — E. Léser, Vntersuch. ueber ischaemische Muskelcotitraciwen und Muskellaehmungen, llallesche Habilitationsschrifl, Leipzig, 1884. Centr, ht, f, klin. meti., 1885, n» 77, p. 282 eiSamm, klin, Vortraeg^ n« 77.
2. Charcol, Délia claudicazione intermillenle, etc. — Lez. raccolte dal
im Ir*. SCLEROSE SILSCULAlliE
F OU mieux la igidîté des membres qui se manife^e <iui< I cnnditions-Ià, peut itre considérée comme représeolui l'on peut si parler, une esquisse de rigidité cadiw^i i' lurveaant c zie i^ujet vivant et qui, si TexpérieDce ««[r^ I, , lie lai it&il pas àse complûtcr pour être sutvte.ule
I lieu, de la morlification du membre. Or, c'est bienli
e me trompe, te mécnnisiue invoqué par K. VolkmMi ^ par M. Léser, pour e^ipliquer le développement de la ri^tïii dans les cas q ^uivant eux, le phiaoïM!!
de la rigidité cadavë e iguIsLion de la mjroiisi'i
produirait ici, dans ceii lux musculairei qui »»>
\ trouvés soumis au de l'ischémie; laodiifi
i dans les faisceaux muscul !> i is profondément iiitJnM ' surviendrait un Iraviùl de i rousistant e» une tfonte
myosite 61iuiinatrice, entraluant d*abord la résorpiîon ii mjosine coagulée, puis la scléi ! musculaire et au dsa terme le raccourcissement défii if du muscle. M. Le«r.te les exi)érieni.'es qu'il a faites sur lus auimaus, croit d'iili-^" avoir obtenu des résultats propres h conQrmer de lous[Kce la théorie proposée par M. Volkmann. Ce n'est pas îcilîiiK d'entrer dans l'examen critique de ces travaux. Je rnebof?^ rai seulement ft relever que, parmi les caractères cliniqneiîi distinguent la contracture signalée par M. Volkmann, il ÎS placer, d'après lui, au premier rang, l'exislence de n)odi£:itions profondes survenues dans les réaclions éiectrique-^^ muscles rétracli^s, et il n'est pas douteux qu'un autrecsnv tère serait, en pareil cas, l'impossibilité d'obtenir la résoluW de la rigiililé du membre par l'intervention de la cblorofira salion même poussée au plusliaut degré.
Ur G. HetoUi <]i BolUFna- \>!":. degli Oipilali, n« 73, p. 381, tMt. <• «elle leçon dans le l. V, îles Œurm complélet, p. ,187.)
1. On sait que les dernières recherches de Urown-Séquard ont sinH'''' menl ébranle ta IhËorie de la • roagulalion dt Ut mi/oaine >, atmmtO't de la rigidité cadavérique. (Acadéinie de» tcieacei, octobre ISSfi.)
CONTRACTURE nYSTÉItlQUl!: ET D ORIGINE ORGANIQUE 411
Or, nous savons que chez Dum... les résultats de Téleclrisalion comme ceux de la chloroformisation sont tout autres, absolument opposés, et il est rendu bien clair, d'après cela, qu'entre les faits de contracture décrits par M. Yolkmann et celui que nous avons sous les yeux, il n'y a aucune espèce de rapprochement à établir.
C'en est assez, je pense, pour permettre d'affirmer que la déformation du membre est bien, chez notre sujet, le résultat d'une contracture spasmodique; il nous faut maintenant montrer encore que, ainsi que nous l'avons fait pressentir, dès le début de cette leçon, la contracture en question est de nature hystérique.
On peut dire qu^il existe chez les hystériques tout un groupe de contractures. spasmodiques — et le malade dont nous nous occupons offre un exemple de ce genre — qui, du moins au point de vue du mécanisme physiologique, ne diffèrenl pas foncièrement de celles qui se développent à la suite de certaines lésions organiques des centres nerveux : lésions, vous le savez, diverses quant à leur nature et quant à leur siège, mais présentant pour trait commun cependant, d'entraîner avec elles la production de la dégénération secondaire du faisceau pyramidal. Dans les deux cas^ en efiTet, la rigidité spasmodique porte à la fois sur les groupes muscu* laires antagonistes, extenseurs et fléchisseurs, par exemple ; elle s'accompagne d'une exagération des réflexes tendineux, de la trépidation épileptoïde provoquée, surtout quand il s'agit du membre inférieur; enfin, sous l'influence de l'action du chloroforme portée suffisamment loin, la résolution de la contracture devient complète. Tels sont les liens de ressemblance étroite qui rattachent l'un à l'autre les deux ordres de faits. Malgré cela, néanmoins, même indépendamment des particularités cherchées en dehors de l'état du membre, les
UPQIK MUSCULJLlIie DFLEVANr DE L orsTEIlIt
conlractun hystériques pourront ôtre distingaéei *i
des coiilrncliirGs reconnahsanl pour poinl de dépiit ■
lésiun niiiti^rîçlle appri^cmblc cérébrale ou spinale, tràdti
ertains caractères cliniques. C'est ainsi, par eiOTpte,p
s les premiers, la rigidité du membre est habilnellpaH
LSGéc au plus liBul degré possible et. quelqueroi*, eo «a
àsle Il'Uc quelle pendant le sommeil mAme leplo'ir
id ; tandis que, d.ins les secondes, in conlracUire, m pa
rai moins accentuée, >"' " mcDt allénuéc tant persiste pendant au icore, que l'ani l :>ul (t Tait nulle su n'une léMon organique, U8 liant degré, occupt >i les parties prorondt moins complète du si
dan^ la règle, le dort, et cette aU^ 8 après le réveil. C'e;lœi| ifiml Ir6s peu pronostMil contracture qusnd i! -i I contraire, Hee obtenteil i-seulement la peut. »■ compagnanl de lapeiUî^l isculaire, lorsqu'il s'i^^l
l'hystérie. Or, ces caractères disi.nctiri, de la contracluttt^l térique. nous les rencontrons très nettement a>cusK ■'^ que vous pouvez le reconnallre chez Dura... El cela liéjàa* porte tout nalurellemeiit h. penser que, chez lui, cKi* dans t'hyslérie qu'il faut chercher le point de départ de It^ formation du membre.
Nousne saurioii?, d'ailleurs, nous laisser arrëlerduiftiDl!! évolution vers celle conclusion, p.ir Texislence que jew fais reconnaître sur ce membre d'un certain degré d'ilnçiii musculaire cl de refroidissement des téguments ; cas idr» peut invoquer l'influence de l'immobililé prolongée el.* plus, rappeler de récentes éludes dont les résultats oDl été» posés par mnn chef de clinique. M. le D' Babinski,d'»W dans le Progrès médical*, puis dans un mémoire qui fsitl*
1. Babiiiski, De falrofihie muirulairt dans Ui ptiralytiet listlrtift {Progrèi mfdical, IBSt. — Ai-ch. de Neurol., t. XII, n» 34 et 33.)