Voir la Leçon XX
MUTISME OYSTÉRIQCE 483
Du mutisme hystérique * .
(Voir la Leçon XXVI.)
Parmi les manifestations si variées de Thystérie, il en est une qui n'a peut-être pas, jusqu'ici, attiré Tattenlion comme elle le mérite ; c'est le mutisme. M. le professeur Charcot a traité ce sujet, dans ses leçons *, à propos de quelques malades dont il a bien voulu ïne permettre de rapporter les observations. De ces observations, je rapprocherai quelques faits recueillis dans divers auteurs français et étrangers et qui appartiennent évidemment à la même catégorie.
Eu égard au nombre de malades, hommes et femmes, atteints d'hystérie, on peut dire que le mutisme est un phénomène relativement rare. On le trouve à peine mentionné dans les travaux anciens sur ce sujet et dans un certain nombre d'observations plus récentes, il a été en partie confondu avec l'aphonie; tout au moins l'interprétation que donnent les auteurs tend à faire admettre cette confusion.
Si l'on voulait dépouiller toutes les observations de névrose hystérique, si l'on cherchait dans les documents historiques, on trouverait à coup sûr un plus grand nombre de faits qui
1. D'iprès les leçons de M. Charcot, par M. Cartaz. (Voir Progrès midi' S. LtçoDf éê décembre i885. (Voir la Gaz, des Mpilaux du 12 janvier
484 AIM'ENDICE
répondent aux caractères de ce syndrome clinique. L'histoire du fils de Crésus, rempli de perfections, dit Hérodote, mais rouet et recouvrant subitement la parole au moment où un soldat ennemi va frapper son père, cette histoire est peut-élre . un exemple de mulisme hystérique. Nous nous en tiendrons à des observations plus modernes.
Briquet, dans son Traité, dit que « Taphonie et plus souvent la dysphonie, car les malades peuvent encore parler à voix basse, se rencontrent de loin en loin chez les hystérique i. »
u L'aphonie est d'aulant plus complète qu'elle résulte et de la paralysie des muscles du larynx et de la paralysie des muscles du diaphragme. » Briquet cite cependant l'observation suivanle de mutisme due à Watson {Philosoph. Transact.^ XIV). Une jeune femme élait depuis longtemps sujette à de violentes convulsions fréquemment suivies de paralysie temporaire des muscles qui avaient été le plus fortement affectés; après un accès, elle perdit complètement la vue pendant cinq jours; une autre fois, elle perdit la parole qui revint au bout d'un temps très court. Les convulsions se reproduisaient de temps en temps, elle perdit de nouveau la parole et en resta tout à fait privée pendant 14 mois; pendant ce temps, la santé se rétablit. Enfin un jour, après avoir beaucoup dansé, elle recouvra la parole et fut guérie. »
On trouve dans les mémoires de TAcadémie des sciences (1753) Thisloire d'une jeune fille de quatorze ans frappée de paralysie et de perle de la parole par suite de frayeur.
W'olls [Medic, Communications, 4790) rapporte l'histoire d'une femme qui, au sortir d'une attaque hystérique, s'aperçut (lu'elle ne pouvait ni parler, ni émettre aucun son, bien qu'elle fi\l en pleine possession de ses facultés intellectuelles. Une n n.velle attaque lui rendit la parole.
Ka IJ.io, SédilloL présentait à TAcadémie des sciences This-
MUTISME HTSTÉRIOUK 485
toire â*nne malade atteinte de mutité et diaphonie depuis douze années, et qui fut guérie par l*élcctricité.
Richter (de Wîesbaden) a publié un fait plus curieux : celui â*une femme hystérique qui devenait aphasique régulièrement tous les jours; rinlellîgence ne paraissait nullement altérée. L'accès se terminait par une abondante évacuation d*urino.
Bateman {Gaz. hebdomad.^ 1870) signale quelques cas d'aphasie hystérique et rappelle qu*à la Société médicale des hdpitaux (1867), à propos de faits de cette nature, M. Moreau regardait ce phénomène comme vulgaire. D'après ce qu'il m'a été donné d'observer dans le service de M. Charcot, je ne crois pas que Taphasie hystérique soit si commune que semblait le dire M. Moreau. M. Legroux, dans sa thèse d'agrégation sur Taphasie, signale la possibilité de cette manifestation chez les hystériques, et ajoutant toutefois qu'il ne faudrait pas la confondre avec le mutisme plus ou moins obstiné do certaines malades.
Dans l'observation intéressante qu'ils ont publiée et que je résume plus loin, MM.Liouville et Debove semblent rapporter le mutisme à une paralysie musculaire : « D'autres fois, disent-ils, elle (la paralysie) intéresse certains appareils musculaires, tels que celui du larynx et alors, selon son degré, elle produit Taphonie ou le mutisme. »
Le professeur Revilliod (de Genève), qui a eu pendant longtemps dans son service l'hystérique qui fait le sujet de l'observation I, cherche dans une paralysie d'un nerf spécial l'explication des phénomènes d aphonie et de mutisme présentés par le malade. Trois autres cas qu'il a observés en môme temps sont publiés dans un mémoire fort intéressant paru dans la Mevue de la Suisse romande.
J'ai pu recueillir un certain nombre de faits de ce genre ; en joignant aux observations prises dans le service du professeur Charcot les plus importantes de colles qui ont été
publiées jusqu'ici, j'ai rassemblé une vingtaine de cas. L'examen attentif des malades que j'ai pu suivre permet de reconnaître dans ce mutisme un trouble psychique central, analogue à celui . qui amène la paralysie d'un membre, l'abolition de tout ou partie du champ visuel, elc. C'est de l'aphasie, mais comme l'a fait remarquer M. Charcot, une aphasie à type caractéristique qui permet, pour ainsi dire, de diagnostiquer sa nature à première vue et de la distinguer des diverses formes d'aphasie de cause organique. J'ai résumé la plupart des faits sans m'attacher à une escription minutieuse des diverses manifestations qui caractérisaient, chez ces malades, l'hystérie. J'ai cependant fait exception pour le premier cas que je relate longuement, en raison des détails intéressants de l'histoire du sujet et de Fexamen qui en a été fait par nos confrères de Genève et de Lyon.
Obs. I (communiquée par M. Charcot). — Ch..., âgé de 37 ans, entré, le 8 novembre 1885, salle Bouvier, service de M. le professeur Charcot. Comme antécédents de famille, voici ce qu'il nous apprend :
Grand-père paternel, mort d'une affection de l'œsophage. Les
frères et sœurs de ce grand-père étaient tous robustes et bien
Dortants : l'un d'eux est mort à 78 ans. Le lils d'une des sœurs
fpar conséquent le neveu du grand-père) était d'une humeur
chaKrine, un peu hypocondriaque et a fini par se suicider.
Grand'mère maternelle, très nerveuse, morte à 72 ans, d'un ca-
tAirbe (?V II y ^^'^^^ ^"' ^^"^ ^^ famille, un aliéné, mort dans
maison de santé. Grand -père maternel mort d'accident.
>4nd-mère maternelle morte d'un catarrhe, a eu un fils alcoo-
el considéré comme irresponsable. Père, mort d'une laryn-
' r* iTiberculeuse à Tàge de 57 ans; avait des crises épileptiques.
'^ nerveuse, très emportée, morte de phtisie; a eu huit
^ AûniCh. est Talné. De ses sept frères et sœurs, un frère
•M Ancxoup à l'^8® ^® ^ ^^^» ^^^^ sœurs sont mortes de
MUTISME UTSTÉRIQCB 487
phtisie, à 24 et 26 ans. L*une d'elles était sujette à des crises de nerfs et à des attaques de sommeil cataleptiques. « Au réveil, elle était aphone; elle articulait très nettement, mais si bas, si bas qa'il (allait une extrême attention pour la comprendre. » Les quatre sœurs sont vivantes; deux sont souffreteuses, sans maladie définie. Une de ces dernières a un fils rachitique et colérique.
Gh. a eu une enfance maladive; à 12 ans, il fut cloué au lit pendant 5 à 6 mois par une maladie de langueur. Le médecin le traitait pour de Tanémie. « Le moindre bruit, dit-il, me faisait tomber en syncope; on ne pouvait causer auprès de mon lit. » A deux reprises, pendant son séjour au collège, il a eu des hé» moplysies. On Tavait surnommé le philosophe à cause de son caractère taciturne. Au sortir du collège, il entra, dans une école, comme aide-instituteur, puis resta quelque temps dans un grand établissement horticole privé.
A la suite de discussions de famille et de chagrins d'amour, il quitta la Suisse, son pays natal, pour aller s*engager dans la légion étrangère. Pendant son séjour en Algérie, il se laissa aller à boire de l'absinthe, contracta des fièvres intermittentes. (^ guerre de 1870 éclate; son régiment vient en France. A Vierznn, il resta huit jcurs dans un état de délire, causé, dit-il, par des accès de fièvre. Il rejoint son régiment et, dans le cours de la campagne de TEst, reçoit une balle dans le coude gauche (17 janvier 1871). La blessure nécessita l'amputation du bras qui fut pratiquée par le D' Mollière (de Lyon). Il rentre en Suisse et est admis comme gérant d'un dépôt du département des postes. C'est à cette époque (fin 1871) que survient la première grande manifestation nerveuse. Pendant un souper avec quelques amis, il est pris, vers la fin du repas, d'un sommeil invincible et s'endort accoudé sur la table. Ses camarades ne parviennent pas à le réveiller. Vers le matin, éclate une crise nerveuse avec délire terrible. Le médecin crut à une méningite aiguë ; le D*" Mayor, appelé en consultation, confirme ce diagnostic. Le surlendemain, le malade revenait à lui. Rechute, quelques jours plus tard; application de sangsue?, crise nerveuse encore plus terrible que la
48G AITENDir.E
Huljliécs jii>(jii*iri, j'ai rassemblé une vingtaine ir nieii allenlif des niahulus que j'ai pu suivre pern" naître dans ce iniilisme un trouble psychique r. .i:ue à celui qui aniùne la paralysie d'un niem! de tout ou partie du champ visuel, etc. C'e>! mai>^ c()nime l'a fait remarquer M. Charcol, typj* caractéristique qui permet, pour ainsi d: tiquer sa nature à première vue et de la d ver>es formes d'aphasie de cause organique. J'ai résumé la plupart des faits sans o>ciiptinn minutieuse des diverses manil lérisaient, chez ces malades, l'hystérie. e\ct*piion pour le premier cas que je r« raison des détails intéressants de l'hil'examen qni en a été fait par nos con: Lyon.
Je
Obs. I rumninniquéo par M. Charc(»!
• •iilri', II' S novembre 1SS3, .-aile Doii'* teneur «Ihaioot. Cnninie antécéden!
nnii- .ijipi oinl :
ïir.in'l-[" Ti' palornt'l, ninrt d'un.il lie* t I -«i.'urs »1«' (•(? irrand-pùrc « " p'irl uil- : riiii J'i.'iix t>l mort à 1> jKir «'o:i-'*'iiit'nt le neveu du gr.i-
• liH^iini', KM jn-u hypi)Coii(h'*U'H|' ^iia.'i'i'm'ii* miilrrnclle, Iro»; nri".
larili" y! . li v .iv.iil «mi, ilans ~
Jlhr m.iNo'i «1».' ^.lnlt•. (lriiiii|-|
«lia.'ni-iiK'îc m.i!crin»Ilo mmled' i:il'.io < t «'•'n-iil''ré Comme irrosp' nitf l'.il'ci'Cijlt'a.sL' à r.i.iLre de 57 ;• M'i.- i.«.rv<'i!S'', Ircs cinporté»; < n!,m;< .iniil (".h. (.-.^l l'aîné. De • •• -! n <il ..lu croiq) à l'âuc de .'
'J/'loî do ■ps cwanf liions vio- :: imènes as- T.'iccs cniiùc.»rps. J'avais .s membre?, et.
cimmeile^niil- A sm l.a^^a^e à fjiont do ces élouffc- • î.ris d'une CI isener-
.. ne dura que Jeux
/•.t*e que je faisais iiveo ,:;:i InnnUm} dans nî'>n :îr» firent revenir à m^'».
fp n^^tai 7:2 jours arlicii- ; nie faire com]»! en.lrc iA «e laissait allt'r a «I»"^ . fî'aJÔl'tT à des acc«'S iVf- ., .iins ia province d'Aliror, .^.jic'vc. En 1880, il parlOiif quelipic temps oli»»/.
..iiirvient une «Iruxiènic al- , rintluence «l'une saignée; . .,0 insensibililé do la u\n\W
jk* " *'
,ifùe complot. Auenn»^ pajabouciic. u Mais, pj-.s plu>
.; atteinte, seule la môimûrf».
^Vildcfaul. .11 quille laPruss.»
;^5onséiouràGem:vc à l'ub>rr.
".j.C'c^^ dans cet élal qu'il dp.
■n-ier I88t, ne présentant f ce mulisme absolu et un
Kcile par le fait d*un degré
, permet de constater les
iction et l'adJuclion des cor-
^'élat normal, lorsque le sujet
irle qui manque à l'ordre
Cordes. Bien que rapprochées, elles
fdélendues, flottant plus ou moins
' in^piraloire cl expiratoire. Si,
t inviié à augmenter refforl néces-
I, les cordes vucales, au lieu de se tcn-
ivent subitement, comme mues par un
métiquemeni, dans toute leur longueur,
it aucun son n'est produit, mais que la
• exige un cfTiirt inspiratoire comme un sou-
s en ordre.
B journées à lire, à écrire de vrais mé*
il décrit ses diverses impressions. Le 15 fé-
bîr prononcé ces mots : « Non, en avez-vous be-
r été incapable de continuer, la gorge s'étanl
e obstruée par un obstacle. Sa respiration Tut
ée qu'auparavant.
les séances de raradisalion des muscles crico-
»Ietrojetdu laryngé supérieur, il arrive à pou-
^oelques sons pendant la séance, puis quelques
'm Bans précision, l'intonation ne se faisant qu'à la lin
Ktion. La même chose se passe lorsqu'on lui fait pen-
tementla lUe en avant ou lorsqu'on relève le bord infé-
^cricoïde. Mais ces exercices fatiguent beaucoup le ma-
1 qu'il s'y soumette bien volonliers, convaincu qu'ils
mt le moment de sa guérison.
, il prononce les voyelles assez facilement, les con- ^Avec plus dt; peine. Le 30 avril, il parleet lit & haute voix, inoniaDB fatigue. AprèB dix minutes de lecture, il se sent
essouflé et obligé de s'arrêter un moment pour se reprendre. 11^ évite de parler spontanément. *^
On constate au laryngoscope que les cordes vocales sont bien tendues, mais ne se ferment pas complètement au milieu, lorsque le malade prononce les différentes voyelles, laissant ainsi échapper inutilement une grande quantité d'air.
Le 18 juin 1881, Ch. quitte Thôpital parlant spontanément et couramment sans difficulté. Il accuse seulement de la sécheresse du cou après une longue conversation.
Le traitement a consisté en faradis^tion et, depuis le 6 mai, en injections sous-cutanées d'un milligramme de sulfate de strychnine. Plaques de cuivre en collier. — En quittant Genève, Ch. trouve un emploi à Lyon. Le U septembre 1882, il est trouvé sans connaissance sur son lit. Une saignée le ranime ; mais au réveil, il est de nouveau muet et paralysé du côté gauche. Il entre dans le service du D' Raymond Tripier, à THôtel-Dieu, où il reste huit mois, soumis à un traitement consistant en bains tièdes, électricité, toniques et bromures. Au dire du malade, à l'examen laryngoscopique, on trouva les cordes vocales dans le môme état constaté par M. Revilliod.
A sa sortie de l'hôpital, il reprend sa vie tourmentée, éprouve de nouveau des étouffements et des vomissements (de bile et de sang); son sommeil était tourmenté par des visions, des cauchemars. En janvier 1883, il va à Valence faire des recouvrements cl le lendemain, on le trouve endormi à Thôtel ; il fut transporté à 1 hôpital où il se réveilla muet et encore paralysé du côté gauche.
Il revient alors à Genève et rentre dans le service du D*" Revilliod, jouissant de l'intégrité de son intelligence et de toutes les fonctions, mais absolument muet. L'examen laryngoscopique donna les mômes indications que la première fois. Le 4 juin, nouvelle crise de sommeil cataleptique. La parole revient qnelijues jours plus tard et il sort le 21 juillet.
Le malade n'a pas voulu s'étendre en détail sur les événements qui ont marqué les années 1884 et 1885. Ce qu'on peut apprendre, c'est qu'il a eu, en 1884, cinq crises nerveuses ressemblant aux
MUT18MB HYSTÉRIQUE 49!
premières (en i869] en un mois et demi de temps, mais incomplètes; dans une, on lui pratiqua encore une saignée, Deux fois, il tenta de se suicider. La dernière attaque de mutisme et de parUysîe remonte à quatre mois, pendant ]xn voyage au Havre. Il entre à Tbôpital de la Salpêtrière, le 8 novembre 1885.
A son entrée, il traîne encore un peu la- jambe ; la paralysie a diminué depuis une huitaine de jours, mais le mutisme est complet. Il a actuellement des cauchemars où les hallucinations qui se montraient pendant son délire reviennent fréquemment, tantôt terribles, tantôt agréables et, dans ce dernier cas, accompagnées de peftes séminales. L'attouchement du front aurait produit chez lui, dansle courant de Tannée dernière, la sensation d*aura qu'on provoque actuellement par la pression de U fosse iliaque gauche ; d*une zone circonférentielle au-dessus du genou et à la cheville du même côté. L'exploration de la sensibilité montre en effet du côté gauche, en dehors de ces trois zones hystérogènes, une analgésie de toute la moitié gauche de la tète, du tronc et de la cuisse ; la piqûre est perçue comme un frôlement. A la jambe, l'anesthésie est complète ; au pied, simple analgésie. Du côté droit, sensibilité intacte sauf à la main, où il y a analgésie à la face palmaire. Le bras gauche, rappelons-le, a été amputé en
L'ouïe est un peu diminuée à gauche; il n y a ni rétrécis^^ement du champ visuel, ni achromatopsie. L'odorat esta peu près nul à gauche ; ce malade ne perçoit pas lodeur de Tammoniaque. Il a remarqué que, depuis quelques années, quand il a un coryza, il a une sensation de sécheresse dans la narine gauche, pendant que l'autre a Técoulement habituel.
On constate une absence complète de réflexe du voile du palais, du pharynx et du larynx; Tanèsthésie est absolue. On peut toucher, avec le doigt, le fond de la gorge, l'épiglolte; on peul, avec une sonde laryngée, toucher les cordes vocales sans provoquer d'action réflexe. Si l'on examine le larynx, on trouve les cordes vocales largement écartées, dans la position d'inspiration profonde. Si l'on dit au malade d'émettre un son, e, i, on voit les cordes se rapprocher vivement, en laissant entre elles un espace
elli[)snftle dâAQ diTaut d'action des (hyro-aryténoldiënrÏH tenseur* et ailducletirs. Muis il ne sort aucun son, nï ioiM voilé, rien. Quand on lui fait prononcer certaines coofonH malado arrive, par le jeu lies lèvres, à produire un léger I purement labial. En provoquant une expiration forcée, ait mine «également une sorte de bruit, qui oe répond en réil aucun «on vocal.
Ch. a ou i[untre attaques d'hiîmiplf'gie accomps^icA sie. loujourB avec persistance de l'ialclliçence. Aussi, qtiti l'interroge, lo malade ne cherche-t-il pas & fuire dei motiM des I(>vres pour exprimer ce qu'il veut dire. Il saisit iminfi ment avec vivacili^ la plume, le papîpr et répond dans on imagé, souvent humoristique, qui dénote une intelligence au-dessus de la moyenne. Quand on l'engage à faire le» m menls des lèvres nécessaires pour la prononciation des mot consonnes, il esquisse ces mouvements, mais le mol ni 11 sonne ne sont pronnncéR. De même pour siffler, il re»iT avance les lèvres, mais il ne «e produit aucun son.
Les mouvements de la langue sont très libres ; il n'exiri ruri Ir-mble .!c la di'i^Iutiliori et le malade est très afBrraali ce point, qu'à aucune de ses attaques d'hémiplégie, il n'i i déviation de la bouche ou de la langue. Ati réveil, il lui m seulement qu'il avait quelque cliose dans le cou qui l'empi de parler.
Ch. est sorti de l'hâpital à la (In de novembre, loujoni^ i Quelques jours après, la parole revint subitement, sans émotionnelle ; mais il conserva pendant quelques jours ( paiement. A la suite de ses antres attaques, la parole n'élii revenue tout à coup; il avait commencé par bégayer, rê| (lîui fois la même syllabe, si le mot est trop long ou trop ji:e.ie. Il dît que l'air sembla lui manquer pour finir les mol
Les journaux non* ont appris que Ch. avait été trouvéi jours après, endormi dans son liOlel.
Obs. Il (communiquée par M, Charcot), — M.S...F& Madrid, ôgé de 26 ans. Antécédents héréditaires inconoos
ane enfance maladÎTe, sujel à des angines fréquentes, à des e^è^^ taxis ; one de ces hémorrha^es a été asseï forte f*our nèce!($;£;fr un tamponnement nasal. Il a souffert, dan> sa jeunesse* de ma;;v d'estomac, de malaises indéfinissab!es de nature nêvrv^|.vathK|^e« 11 vil dans un milieu difficile et son oncle est pour lui une cause d^effroi, à cause des remontrances qu'il lui adresse sans cesse. En 1880, d'après le témoignage de son médecin espagnol, k nM« lade aurait eu la syphilis, mais lui le nie absolument 11 fut ce* pendant soumÎTi à un traitement spécifique et c'est à la suite d'une cure thermalct faite dans une station d*eaux sulfureuses, qu'il eut la première crise convulsive. Depuis cette époque ^3 ans\ il a eu de fréquentes « attaques » avec perte de connaissance, que, le plus souvent, il ne prévoit pas. On regarde ces crises comme épilepliques et d*origine syphilitique. Un traitement S|h^ cifique des plus énergiques fut institué et les crises n*en devinrent que plus longues, plus violentes et plus rapprochées ; depuis quelque lemp^, ces attaques sont suivies de perte de la parole. L'aphasie dure quelques jours et tout rentre dans Tordre.
C'est dans ces conditions que M. S... se présente à la consultation de M. Charcot. Il est muet depuis sa dernière attaque. Ces attaques sont assez subites, mais il ne se mord jamais la langue et il n*urine pas sous lui. L'œil est vif, intelligent, la langue peut se mouvoir aisément dans toutes les directions, il n'existe aucune déviation de la face. Le malade peut faire les gestes de siffler, souffler; la déglutition n'est pas gênée, mais il ne peut prononcer un mot ; il ne peut crier, il ne peut émettre aucun son. Quand on lui parle, il comprend parfaitement, saisit immédiatement une plume el écrit, avec orthographe, en français, bien qu'il soit espagnol, sans le moindre embarras, des réponses très nettes. Cette circonstance, à notre avis, caraclérisque, fît soupçonner l'hystérie. M. Charcot fit déshabiller le malade et reconnut une hémianalgésie droite; de ce côté, la sensibilité est obtuse à la poilrine et au bras pour la piqûre et pour le froid. Il existe un certain degré d'hyperesthésie dans la région dorso-lombaire ; mais pas de véritables points hystérogènes, ni dans les testicules, ni dans les aines el fosses illiaques. En plongeant le doigt dans le
ellipsoïde dû au défaut d'action des thyro-aryl tenseurs et adducteurs. Mais il ne sort aucun voilé, rien. Quand on lui fait prononcer cfivU malade arrive, par le jeu des lèvres, à produit purement labial. En provoquant une expiratic mine également une sorte de bruit, qui ne ] aucun son vocal.
Ch. a eu quatre attaques d'hémiplégie ac( 8Îe, toujours avec persistance de rinleiligence l'interroge; le malade ne cherche-t-il pas à Fai des lèvres pour exprimer ce qu'il veut dire. I ment avec vivacité la plume, le papier et répc imagé, souvent humoristique, qui dénote un au-dessus de la moyenne. Quand on l'engage ments des lèvres nécessaires pour la prononcii consonnes, il esquisse ces mouvements, mais sonne ne sont prononcés. De même pour si fi avance les lèvres, mais il ne se produit aucun
Les mouvements de la langue sont très lib cun trouble de la déglutition et le malade est ce point, qu'à aucune de ses allaqjies d*hénj déviation de la bouche ou de la langue. Au . seulement qu'il avait quelque chose dans le de parler.
Ch. est sorti de l'hôpital à la fin de novei) Quelques jours après, la parole revint su émotionnelle ; mais il conserva pendant gaiement. A la suite de ses antres attaque.revenue tout à coup; il avait commencé | deux fois la même syllabe, si le mot est I plexe. Il dit que l'air semble lui manquer ,
Les journaux nous ont appris que Ch. ijours après, endormi dans son hôtel.
Obs. Il (communiquée par M. Charco?
Madrid, âgé de 26 ans. .\ntécédents héré-
Ihyro-aryléDoïdien). Il ne sort aucun son; la malade ne peut non plus parler à voix basse. Le mutisme est absolu. Il n*exisle plus trace de la parésie du membre droit.
Le 24 avril, sans aucun traitement, le rétrécissement du champ visuel a disparu ; le sens de l'ouïe s'est amélioré ; la tension des cordes vocales se fait plus complètement et dit: cet puis..., non. »
Le 6 mai. La malade prononce quelques paroles. Il n'y a plus d'apparences de déviation de la bouche.
Cette observation peut prêter à discussion et M. Charcot, au moment de l'admission de la malade, n'était pas disposé à voir là un cas d'hystérie, en raison des phénomènes de déviation de la bouche et de la langue. Aussi ne pubUons-nous le fait que sous réserve, bien qu'il nous semble rentrer dans la catégorie des manifestations hystériques.
La malade est sortie du service quelques mois après, non guérie.
Obs. V. — Gué..., entré à la Salpétrière, service de M. Charcot.
Homme, âgé de 30 ans. La première attaque nerveuse eut lieu en septembre 188:2. Depuis le mois de janvier 1885, les attaques ont été, ce qui ne se produisait pas auparavant, toujours suivies d'aphasie passagère. Ces attaques, très violentes, sont classiques .aura, perle de connaissance, période tonique, clonique, etc.). ^Uiaud le malade reprend connaissance, il ne peut plus parler; il pousse des sortes de gloussements qui viennent appuyer et conliriuor les gestes par lesquels il exprime sa pensée ou ce qu'il cent. Il comprend très bien ce qu'on lui demande et écrit netteluciii ^cs réponses. Ce phénomène dure un temps plus ou moins loiij;, qui paraît en rapport avec la violence de l'attaque ; la dui\c iiioNouno est de 4 à 5 minutes.
Col cLal s uccouipagrie de phénomènes subjectifs : constriction ij^a ;^urj;o ; à mesure que cette sensation de pression disparaît, : jioiadc recouvre la [)arole.
MUTISXE HTSTÉniOLE 497
Chez Gué..., pendant cet état de mutisme, la sensibilité réflexe du voile du palais est conservée, comme, du reste, à Tétat
normal.
Ce mutisme a eu des phases plus longues, de plusieurs heures et de plusieurs jours. A la date du 24 février 4885, une crise a été très violente, avec spasmes et accès de suffocation ; l'aphasie a duré six jours. A diverses reprises, attaques, laissant du mutisme, qui se dissipe parfois après une nouvelle crise. D'autres fois, c'est spontanément que la parole revient; il sent que « quelque chose se relâche dans sa gorge ».
Obs. VI. — Lip..., entré à la Salpêtrière, service de M. Charcot; sculpteur, âgé de 20 ans. Le 46 juin, étant au restaurant, il a été pris tout à coup d*aphasie, en même temps que de surdité : il n'entendait plus ce qu*on lui disait. Celte surdi-mulilé serait survenue à la lecture d'une leltre dans laquelle son père lui reprochait sa conduite et lui refusait de l'argent. A son arrivée à l'hôpital, il n'entend pas quand on lui parle tranquillement; mais si on parle fort et près de son oreille, il comprenl. 11 répond très nettement par écrit, soit en français, soit en polonais, aux questions qu'on lui pose par écrit, ou en parlant très haut. Pa.^ de paralysie, pas de troubles de la sensibilité. Les mouvements de la langue et des lèyres se font sans difficulté. L'intelligence est intacte.
Le mutisme n'est pas absolu comme le jour où il a perdu la parole ; il prononce a, é. Les jours suivants, il parait présenter de l'amnésie motrice ; on écrit devant lui Varsovie en français et en slave, il ne peut prononcer le mol d'une façon satisfaisante : il dit Vavie et Vava au lieu de Varchava. Au contraire, en écrivant, il montre très bien qu'il a parfaitement compris Varsovie : il répond, en écrivant, sans la moindre hésitation.
Ces phénomènes persistèrent pendant une quinzaine de jours, époque à laquelle la parole revint et la surdité commença à s'atténuer.
Je ne fais que résumer en quelques mots robservation sui-
Cearcot. Œuvres complètes, t. m, Système nerveux, 32
Obs. IX.— (Liouville et Debove, Progrès médical y 26 fév. 1876). — Jeune fille de 18 ans, hyslérique, d'une santé habituellement excellente. Sa mère a de grandes attaques. Une sœur, âgée de 43 ans, a des attaques fréquentes et depuis deux mois, elle est prise d*un tremblement que plusieurs médecins ont qualifié de chorée hystérique. Le père lui-même est très nerveux.
Jusqu'à ces dernières années, l'hystérie ne s'était manifestée que par des attaques incomplètes. Il y a 18 mois, la malade fut péniblement impressionnée par des discussions et des scènes violentes qui eurent lieu entre son père et sa mère; c'est à ces chagrins domestiques qu'elle fait remonter, et probablement avec raison, Torigine de ses accidents. Vers ce moment, en effet, elle devint aphone, ne put plus parler qu'à voix basse, et, dans l'espace de deux mois, l'aphonie devint du mutisme; dès lors elle ne put même plus émettre un son. Dans la maison qu'elle habitait, on l'appelait la muette. Elle communique avec les personnes qui l'entourent au moyen d'une ardoise sur laquelle elle écrit ce qu'elle ne peut dire. La malade est entrée plusieurs fois à l'hôpital. Tous ceux qui l'ont examinée ont été d'accord sur le diagnostic de paralysie hystérique des muscles du larynx. Divers trailemenls ont été suivis sans succès.
Le dO novembre 1875, elle fut amenée à l'IIôtel-Dieu. Elle n a pas de boule hyslérique, pas d'hémianesthésie, pas de troubles des organes des sens. Les ovaires et particulièrement l'ovaire gauche sont douloureux à la pression. En un mot, en dehors des troubles laryngiens et de la douleur ovarienne, la malade ne paraît présenter rien d'anormal.
La paralysie laryngée n'est pas seulement une paralysie du mouvement; elle est aussi une paralysie du sentiment. On peut promener le doigt dans l'arrière-gorge, chatouiller l'épiglotte, sans provoquer de mouvements réflexes, sans que la malade en éprouve aucune gène. L'examen laryngoscopique, pratiqué par le D' Moura, fit constater une paralysie des cordes vocales; celles-ci font un mouvement presque imperceptible lorsque la malade cherche à émettre un son.
La compression de l'ovaire amena quelques accès d'une toux
MUTISME HYSTÉRIOUE 501
«lèche, puis quelques cris étoufTés. Enfin, la malade put articuler ces mots d*abord dune voix presque imperceptible : « Vous me faites mal. » Les jours suivants, la compression fut continuée (cinq à dix minutes chaque séance), l'émission du son devint plus distincte et la malade cessa d'être muette ; elle n'était plus qu'aphone, elle pouvait parler, mais à voix basse et pour ainsi dire en soufflant ses paroles.
Obs. X. — (Debove, Soc. méd. des hôp,, 10 nov. 1882). — X..., atteint à diverses reprises de crises hystériques avec délire, contractions irrégulières de la face, etc.. ; à certains moments, X.., n'est plus agité, mais ne peut parler; il correspond par écrit avec les personnes qui l'entourent et répond ainsi aux questions. La crise finit par céder, le sommeil survient sous l'influence de fortes doses de chluralet de morphine.
Obs. XL — (Sevestre. Soc, méd, des hôp,^ 1882). — Halz...,âgé de 22 ans, entre le 14 avril dans le service de Sevestre pour une paralysie du bras gauche survenue brusquement la veille. Il a déjà eu en 1870 et 1874 deux attaques subites de perte de connaissance, en 1877 des troubles passagers de la vision, des amauroses fugitives qui se répétèrent en 1880. II y a deux ans, après une de ces attaques de cécité, il devint aphasique pendant huit Jours ; la parole revenant, la vue disparaît, et ainsi à plusieurs reprises.
Le 12 avril, il est pris d'une attaque d'aphasie; il est ainsi jusqu'au lendemain, puis brusquement recouvre la parole, mais s'aperçoit que son bras gauche est inerte. Le 14, on constate cette paralysie avec hémianesthésie gauche incomplète; le lendemain, la paralysie disparaît. Pas de dyschromalopsie.
Du 14 au 28 avril, le malade continue à présenter cette alternance de phénomènes passagers.
Obs. XIL — (Sevestre, ibld). — G... Léon, âgé de 23 ans, est «ujet à des crises qu'on peut arrêter en comprimant le testicule. A la suite d'une de ces attaques, le malade fut pris de contracture
occupant tout le côté droit du corps; en môme temps, il était dans l'impossibilité de parler, bien qu*ayant conservé l'intégrité parfaite de Tintelligence. Après quelques jours cependant, et progressivement, la parole revint et la contracture cessa.
Obs. XIII. — (Sevestre, ibid). — Chez un infirmier de son service qui consulte M. Sevestre pour des douleurs de ventre, on constate une hémianesthésie droite; la peau, la conjonctive, la muqueuse nasale sont insensibles. Le malade raconte que, trois mois environ après le début de cette hémianesthésie, un matin en s*éveillant, il tomba à terre, sans perdre connaissance, mais resta 48 heures sans pouvoir parler.
Obs. XIV. — (Wilks, Diseuses of the nervous System, i883, p. 463). — Jeune fille de 22 ans, gardant le lit depuis plus d'une année pour une afi'ection de la moelle. Six mois avant de prendre le lit, elle avait eu de temps en temps des impossibilités de parler (speech had begun to fail) et depuis un an, elle n'a pu prononcer un seul mot. Elle répond par des signes de tête et en écrivant sur une ardoise. Wilks, consulté pour cette malade, crut reconnaître un cas d'hyslérie et promit la guérison si la malade voulait venir à l'hôpilal. Après un premier refus, elle se décida et Wilks lui parlant avec sévérité menaça de dévoiler son imposture en public. On lui retira son ardoise, elle se mit alors à remuer les lèvres, comme si elle ne pouvait parler. Après bien des efi^orts, et des séances d'électricité, on arriva, au bout de la semaine, à lui faire dire oui, non, à voix basse. La voix revint peu après, et la para- Ij^sie des jambes disparut également d'une façon complète.
Obs. XV. — (Wilks, ibidem, p. 465). — Femme de 28 ans, gardant le lit depuis 4 ans et demi. Elle avait eu des nausées, des douleurs dans les jambes; un jour, en voulant quitter le lit, elle a perdu ru^\ge de ses jambes. Durant ces quatre années, les sympt6mfs i^tkX souvent varié, paralysie des mains il y a 15 mois. Depnif di\ nf.<NÙ<^ elle ne peut plus parler; la perte de la voix a été «Tihi<- elki ^\WHnunique avec les personnes de son entourage en
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écrivant sur une ardoise. Tous les Irailemenls ont élé essaves sans succès. Elle entre dans le senice du IK Wilks, le 7 avril 1886. Comme dans le cas précédenl, f>ar la persuasion morale et par rélectricilé, on arrivera à la îru'Tir. PeiHanl une séance de faradisalion, le 24, elle s*écna: Oh ! dear! yes. Elle put ensuite parler lentement et recouvra la parole d'uae faç>n complète. La paralysie des jambes disparut plus lentement.
Obs. XM. — [Revue de la Suisse romande^ 1883 ; obs. 2 du mémoire de Revilliod). — Homme de 48 ans, admis à l'hùpilal c intonnal, comme sourd-muel et paralysé du côté gauche. Il ne sait ni lire, ni écrire. Paralysie complète du mouvement et du sentiment du côté gauche, sauf à la face qui, quoique insensible, n'est pas déviée. Le bras droit est animé d'un mouvement rhytbmique cboréiforme presque continuel. Pendant que le bras exécule ce mouvement, la jambe est au repos complet. Mais essaie-l-on de ch'itiiuilbT n'importe quelle partie de la moitié droite du corps, la jambe droite répond par un tremblement clonique épileploïde très prononcé. Une légère percussi«»n du tendon rotulien produit le même résultat. Vue presque nulle à gauche, normale à droite. Surdité complète des deux côtés. Mutisme absolu.
Au bout d'une quinzaine de jours de traitement tonique et de .séances d'électrisation, on constate que le tremblement spontané du côté droit a diminué. Du côté gauche, appparaissent quelques mouvements volontaires. EnQn, un beau jour, après une séance d*électrisation, le malade se met à pousser des hurlements de joie, accompagnés d'un rire sauvage. Peu à peu, l'ouïe reparaît. Lorsqu'on lui crie très fort dans Toreille, le malade manifeste qu'il a entendu, puis il chuchotte quelques mots à voix basse. En môme temps, les mouvements et la sensibilité reparaissent du côté gauche. Bref, un mois après son entrée, le malade parle à voix basse mais assez distinctement pour donner des renseignements.
Après avoir eu des crises épileptiformes, il serait resté hémiplégique depuis 1869, et serait devenu sourd-muet depuis i878.
Obs. XVII. — (Revilliod, obs. 3 du Mémoire.) — Femme de
47 ans qui, sans avoir Thabitus hyslérique, soufTre depuis une dizaine d'années, presque conlinuellemenl des manifeslations de cette névrose, vomissements incoercibles, toux ; enfin, mutisme avec douleur sternale et rachidienne. Ce mutisme a reparu à quatre reprises, durant de deux mois au minimum, à six mois au maximum, époques pendant lesquelles la malade ne pouvait tirer la langue, ni même ouvrir la bouche.
La perle et le retour de la voix ne se sont jamais produits brusquement. La phonation allait, au contraire, peu à peu en diminuant, avant de se suspendre tout a fait, de même qu*à rapproche de la gucrison, les mots revenaient lentement, péniblement, d*abord très rares, par monosyllabes, puis de plus en plus nombreux et distincts.
Obs. XVIIL— (Parafysis ofthe larynx, par H. A. Johnson (Chicago), A'^. York med. Joum,, 14 nov. i885). — H. B..., célibataire, âgée de 24 ans. Pas de changement dans îa forme ou la structure du larynx. Les cordes vocales sont dans la position cadavérique. Santé bonne sons tous les rapports, menstruation normale, appétit bon. Traitée par le fer, la strychnine; on lui prescrit de vivre autant que possible à l'air libre. On appliqua aussi les courants faradiques et galvaniques, les derniers interrompue. Aucune de ces mesures n'a amené de changement dans les fonctions de l'organe. Après quelques moi:-, elle partit pourTEst, puis de là en Kurope, où elle consulta un grand nombre de laryngolo- ^i>lcs, qui prescrivent le même traitement par la strychnine, l'éleclricilé et les toniques.
Ces nh>yons avaient été de nouveau employés dans la pensée ^ue» dans de nouvelles conditions et entre des mains plus habita, ds pourraient réussir. Après avoir visité la Californie et la c«*^:ou méridionale de notre pays, la malade partit de nouveau uoar rEuri>pe et alla passer un hiver en Egypte. A son retour, ^,t « cvMilia aux soins du D'' Hughlings Jackson (de Londres) vtuk'iut.l* bonne fortune de l'entendre parler, après cinq ans de ^miciP^udant trois ans, elle n'avait même pas pu parler à voix 04^^, cftoichoiée. Les cordes vocales étaient restées dans l'état
décrit jusqu'à son retoar d'An^Ielerre. A ce moment. eUe piarUît par moments à voix haute, mais pendaijt une partie du temps seulement. A l'examen, je trouTai que. dias reflTort de phonation les apophyses vocales se rap>prochaieot. mais qu'il persistait une ouverture triaosujaire en arritrre. en d'autres termes. qu*il y avait une paralysie des aryténoides, laissant un espace au travers duquel l'air s'échappait, rendant la phonation difBcile et par moments produisant l'aphonie complète. De cette époque à ce jour, c*est-à-dire plnsieurâ années, il y eut des périodes de quelques Jours et accidentellement d'une semaine au plus, où la milade ne pouvait parler qu'à voix chuchottée.Elle est et a toujours été bien portante, mais elle e^t *i*un tempérament lymphatique et se fatigue aisément. J'ai pratiqué à plusieurs reprises l'examen du larynx dans ces dernières aunées, sans trouver de modifications dans Tétat de cet organe.
11 ne peut y avoir de doule qu'il s'agisse là d'une aphonie hystérique. L'intérêt du fait réside dans la continuité du trouble fonctionnel qui a résisté à tout traitement jusqu'à la visite de la malade au D*" Jackson.
Le traitement du IK Jackson n*a pas différé beaucoup de ceux qui avaient déjà été essayés. On ne Irouve aucune trace de dérangements utérins ou d'autres organes, qu'on rencontre ordinairement dans ces cas.
Obs. XIX. — (Communiquée par mou amile IK Chauffard). — L..., Léonie, domestique, âgée de 28 ans, entrée à l'hôpital de la Pitié le 27 mars i885. Mère très nerveuse; père hypochondriaque. 11 y a deux ans, la malade a eu de violents chagrins, puis une fausse couche. Cesl à partir de ce moment que la voix a commencé à changer graduellement de caraclère.
A son entrée, Taphonic est complète ; la malade chuchote à peine. Aucune douleur à la pression du larynx; aneslhésie assez prononcée du pharynx. Signes de phthisie pulmonaire commençante. La malade est très nerveuse, pleure sans motifs et entre dans des accès de colère violents.
Points hyslérogènes au-dessous et en dehors du mamelon gau-
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che. ainsi que dans la région ovarienne correspondante. Hémianeslhésie complète à droite.
L'examen laryngoscopique ne révèle aucune lésion, ni paralysio, ni contractures. L'application du miroir est facile; les cordes \ocales sont blanches, parfaitement mobiles.
Peu après son entrée, survient un mutisme absolu ; au troisième jour, on fait une séance d'électrisation ; dès la seconde séance, la malade crie avec vigueur, et les jours suivants, la voix et la parole reviennent ; il faut à la malade un certain etî\>rt ; Farticulation ne devient nette qu'au bout de quelques jours.
Obs. \X. — (Demme, Wiener med. Blatler, 18 déc. 1884).— L'auteur procédait à une opération du tendon d'Achille pour un pied bi.>t chez une petite fllle de 6 ans, sans anesthésie. L'enfanl était, avant roi)ération, gaie, jouant avec sa poupée et causant avec sa mère et son père. Au moment de la section du tendon, elle i>oussa un cri perçant, et à partir de ce moment, on ne put tirer d'elle aucune parole. Cela dura huit jours, pendant lesquels ;i\anl retrouvé tout son entrain, elle répondait par signes quand on lui parlait. Le matin du neuvième jour, elle prononça . uiaïunui » et le répéta trente ou quarante fois. Le quatorzième .'ji, ^on vocabulaire s'était enrichi des mots « papa, béb. schlas- -.'i:, Uaikon » ; le dix-huiti^^me jour, elle en prononçait d'autres A. Jopais, tout est rentré dans l'ordre.
! .1 lecture de ces observations que j'ai rapportées un peu
.•»i-;aciuont, montre, qu'à peu de chose près, tous ces cas de
...iv-ciaio >ont identiques et présentent les caractères princi-
^uv >ui^sitits: début soudain, impossibilité de crier et de
^. ji. .oasxcrvalion parfaite de Tintelligence, retour de la pa-
.j ^.cc bc^aicmeut spécial pendant un certain temps.
^xî Jcàut est, en général, soudain; à la suite d'une fra- .^,, .Uiic omolion quelconque, le malade est privé de la
parole. Nous disocs. ea stz^rv. «r cm< cerlaios cas \oy, obs. VIII, ÏVII. XIX TiphoLie eiisuit depuis un certain temps avaot la perte de la i^i^Tîfle. bms un c^s de M ReviUîod, il est dit que la pbonalion allait peu à :^u en diminuant avant de se suspendre tout à ùit.
(Test souvent après une alla:îue Éranrhe d'hystérie qu*au réveil, au retour du sentiment, on constate, avec ou sans autre paralysie, le mutisme absolu. D'antres fois, la perte de la parole arrive subitement^ s^ns cause ac:identelle bien appréciable.
2* L^ malade est dans Hmpossibilité de crier, d'émettre un son ; il est aphone, mais il est également aphasique, car il ne peut articuler les mots à voii basse.
Ou'on me permette une peiite digression au sujet de ceîte distinclion entre l'aphonie et l'aphasie. Les paralysies hystériques du larynx sont très fréquentes ; certains auteurs les considèrent même comme les plus fréquentes dans la catégorie de l'hystérie. Ce sont elles qui fournissent, dans certains cas, au médecin, ce succès facile et toujours surprenant de guérir instantanément le malade, quelquefois par la seule application du miroir. Leur caractère est typique; survenues subitement, chez des sujets nerveux, elles sont le plus souvent bilatérales et portent sur les muscles tenseurs et adducteurs, bien plus rarement sur les abducteurs. Suivant les muscles atteints, suivant le degré de paralysie, l'aphonie est plus ou moins complète. Il y a extinction ou raucilé de la voix ; impossibilité de parlera voix haute ; mais la voix chuchotée persiste. Le malade peut se faire comprendre par la parole à voix basse. Les muscles phonateurs ne fonctionnent pas ou fonctionnent mal et le sujet ne peut émettre un son ni parler haut, de façon à se faire entendre à distance ; mais il n'est pas aphasique; il peut s*cxprimer à voix basse.