Voir Leçon XIX, p. 280 el Leçox XX, p. 320, 311, etc
oreille, ou encore vers un objet placé à dislance et réussir à atteindre le but. Il le manque cependant le plus souvent ; il ne peut en général, lorsqu'on l'y invile, fléchir un de ses doigts isolément ; habituellement, tous les doigts se fléchissent alors simultanément. Parfois il ne sait dire s'il a, oui ou non, fléchi son poignet, etc., etc. Je ne parle pas de la pression dynamométrique qui, pour la main, accuse par exemple 30 kil., lorsque les yeux sont ouverts, tandis qu'elle donne seulement 15 k. lorsqu'ils sont clos. Ces modifications qui se produisent dans l'exercice des mouvements, chez les malades de ce genre, lorsque le concours des représentations kinesthétiques et visuelles est supprimé, nous permettent de discerner jusqu'à un certain point en quoi consiste normalement le jeu de l'appareil fondamental des mouvements volontaires. Par contre, l'étude des cas de paralysie psychique portant uniquement sur le mouvement, fera reconnaître le rôle vraiment secondaire, tout important qu'il soit, des représentations visuelles et kinesthétîques, dans l'accomplissement normal des mouvements volontaires. Peut-être, d'ailleurs, existe-t-il à Télat normal, des variétés à cet égard. Il est possible, en effet, qu'au moment où il s'agit d'exécuter un mouvement prémédité, les uns éveillent exclusivement les représentations motrices proprement dites, d'autres les représentations kinesthétîques ou visuelles; d'autres enfin, mieux doués sous ce rapport que les précédents, tanlôt Tune, tantôt l'autre de ces représentations ou encore les deux à la fois. Des différences dans l'éducation, Thabitude ou la prédisposition héréditaire peuvcMit rendre compte de ces variétés. On comprendrait par là qu'une lésion de mémo nature, de môme étendue et de môme localisation puisse, chez divers sujets, se traduire par des phénomènes cliniques différents, suivant qu'il s'agira d'individus appartenant à Tune ou à l'autre de ces catégories.
nÉMlPLÉGlE: UYSTÉRIQUE 471
Guérison soudaine d'une hémiplégie hystérique ' .
(Voir la Leçon XXII).
Il y a quatre jours, à notre consultation du mardi, s'est présenté un cas de paralysie motrice, à début brusque, digne de fixer votre attention ; comme il serait possible que les accidents présentés par la malade disparussent d'un moment à Tautre, j'ai cru opportun de vous présenter aujourd'hui même cette malade.
Henriette A..., &gée de 19 ans, d'une bonne santé habituelle, est blanchisseuse et va laver sur la Seine au bateau. Son père, fabricant de verres de lunettes, actuellement &gé de 50 ans, a été frappé, il y a quelque temps, d'une hémiplégie gauche à la suite d'une attaque d'apoplexie, et est sujet à de fréquenls étourdissemenls. Sa mère et sa sœur ne présentent pas de phénomènes nerveux anormaux.
Quand à notre malade elle-même, elle a eu à l'&ge de 16 ans une scarlatine, et, dans la convalescence, elle a été prise d'attaques de nerfs ayant, d'après ce qu'elle nous dit, présenté les caractères suivants : pas d'aura, perte de connaissance, pas de mouvements des membres; au réveil, sensation de boule épigastrique et besoin de pleurer ; jamais il n'y a eu de morsure de la langue ni d'évacuations involontaires pendant les atta-
1. Extrait d'une leçon de M. Ciurcot, recueillie par M. le D' Marie.
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i^^__l laie k te nj «ystébjoue 473
Lia miiUde chei ses ç^t ^'^^ "ï"'*' ^""^^^ reconduire en voi- Ui jours suivanis, \»» ^^*s.
r jambe droite s'amenda ù ^ décembre, la paralysie de la pendant, lorsque Uenf-j ^^fement et progressivement; ceaolre consulUlion, elle 1^ ■^■•- se présenta mardi dernier & besoin d'èlre vigoureu ^^ ^ ^^^^ conduite en voiture et eut dans la salle. ^menl soutenue pour parvenir jusque
Pendant les quatre îr.
M moment, ratnélif, ■"'" '^"' """'""' "^^ s'écouler depuis ,ni,B,ii , . """^Iion s'est encore accentuée, et, comme •UU8 ailpz 1*' voir l-i 11-
„,,,, , ' ^ tnotiliié est revenue dans une proportion
«^l^iJeuu membre infcrieur.
les II "^"■' ^^^'^"'■*' 1"^ vous savezles circonstances dans
quelles s'est produite l'hémiplégie dont a élé frappée notre ™«ade, il est temps d'aborder l'élude dus caractères qui lui sont propres.
Examinons d'abord l'élat actuel de la motilité. Le membre supérieur droit est absolument inerte, flasque, et retombe en niasse quand on le soulève ; tel est, du moins, l'aspect général ia membre, mais une étude plus minutieuse permet de constater que, si la plupart des muscles du bras et de l'avant-bras ont perdu la motilité, il en est quelques-uns qui l'ont conservée; c'est ainsi que i'avanl-bras peut élre étendu (action du triceps), mais ne peut être fléchi (biceps brachial antérieur], et que les mouvements de flexion des doigts peuvent être exécutés quoique très fuiblement; quant à la pronation, à la supination, à la flexion de l'avant-bras, elles sont devenues impossibles de même que l'adduction ou l'abduction du poignet, mais il y a encore de légers mouvements de flexion el d'extension du poignet, les doigts peuvent être légèrement rapprochés les uns des autres et mis dans la position spéciale due à l'action des interosseux.
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liisemenl? On peut hardiment répondre par la négative ; ce ne sont pas là les allures ordinaires de Thémorrhagie ou du ramollissement cérébral ; car, nous Tavons vu, il n'existe pas dans notre cas d'hémiplégie véritable, mais une monoplégie asso* ciée, sans participalion aucune de la face ; de plus, il y a une anesthésie concordant absolument comme siège et comme degré avec la paralysie des membres. Ce n'est pas davantage une hémiplégie de nature spinale, car, dans ce cas, vous le savez, la paralysie et lanesthésie devraient élre croisées, tandis qu'elles sont non seulement homologues, mais, pour ainsi dire absolument superposées Tune à lautre.
En somme, Messieurs, il n*est pas besoin de nous attarder davantage, de nous créer des difficultés imaginaires de diag.iostic, la nature purement hystérique de cette paralysie s'impose avec la plus grande évidence après l'examen détaillé que nous avons fait de cette malade, et nous n'avons qu'à Tacoepler en ayant soin d*en tirer, au point de vue du pronostic et du Iraitcuient, les conséquences qui en découlent tout natuivllenient.
Après avoir fait remarquer que, si Ton avait différé jus-
;uc-li Texamen électrique des muscles, c'était parce que,
t.L..-Oirt\ toute tentative de ce genre amènerait le retour de
i .a*.àiilé et la guérison, et qu'il tenait à ce que ses auditeurs
i2^*uL lemoiusde ce qui en pourrait advenir, M. le professeur
:iiuXL'i t'oit alors, séance tenante, faradiser les muscles de
PdUie ei du bras du côté droit; au bout d'une minute, la
-.uaiùûite otail revenue dans cette région (sans transfert), une
luiLUL* lùas tard, la sensibilité existait dans tout le membre
..ttiieur eC a paralysie avait disparu; la malade se servait
0 >ou uraa vius^ bien qu'avant Taccident et serrait vigoureu-
- lucuwia luaia i«îs auditeurs désireux de se rendre compte
GtÉKlS05 SOL'DAI?(£ 4*7
de la réalité des phénomènes qui venaieiu ae se produire devant eux '.]
1. A ce moment, U faïMcsse du membre inférieur, ^u^ lei|uel aucune application électrique n'avait été faif*. existait encore, elle persista pendant 2 jours, puis disparut spontanément et. dès lors, la scn>îbilite et la mutilitè furent alîsolument normales.
De l'atrophie musculaire dans les paralysies tpiriqaes ' .
(Voir I* t.KCo?i XJïVj.
Panni les divers caractères de l'hystérie, de celte m« si fertile en manifestations de toute sorte, il en est un. ^i lare négalive, qui semble avoir été considéré jusqu'ipft* comme absolu. II consiste en l'absence de troubles iroptàî» Ce caractère négatif a été élevé à la hauteur d'une lui médecin paraît être fondé à rejeter du cadre de rhysièrêtÉ syndrome auquel se rattache quelque trouble trophique.
Iles fails rOceinmenl obscrvi^s dans le service d^' mcn a- Ire, M. le professeur CbarcoE, l'ont amené à établir quews ractère n'est pas constant, et que par conséquent il Dec«s lue pas une loi. mais tout au plus une règle.
Quatre malades du service de M. Charcol, atteint* de;» ijsie hystérique, présentent en effet dans les membres piit^ ses une amyotrophie qui ne peut ôlre attribuée à une c cause que l'hyslérie. Tous ces malades ont été préienlf^l* M. Charcol à ses leçons cliniques. Un travail ultérieur i prendra l'exposé complet de ces diverses observations: nous croyons qu'il ne sera pas sans intérêt, vu la noa*^
I. IVaprtB les levons de H. Cearcot, par M. Babdjssi. Voir Prof^ cat, 13BS, n* B el Archtvei it Neurologie, □•■ 31 et 3S, 1886.
AMYOTROPniES nYSTÉRIQt'ES 479
de ces faits, d'en présenter, dès maÎD tenant, une courte analyse, et d'esquisser à grands traits la physionomie de ces atrophies. Nous devons, du reste, bien faire remarquer que nous ne considérons pas les caractères que nous allons indiquer comme absolus; le nombre des cas observés jusqu'à ce jour sont, en effet, trop peu nombreux pour permettre une pareille généralisation.
Les observations sont, comme nous venons de le dire, au nombre de quatre. Dans deux de ces cas, il s'agit d'une monoplégie brachiale ; dans les deux autres, d'une hémiplégie avec intégrité de la face ; dans Tune de ces deux dernières observations, il y a prédominance de la paralysie et de l'atrophie dans le membre supérieur ; dans l'autre, prédominance dans le membre inférieur.
L'atrophie musculaire hystérique se présente sous l'aspect suivant : l"" elle est plus ou moins considérable, mais il faut savoir qu'elle peut atteindre d'assez fortes proportions ; chez deux malades il y avait comme diCTérence entre le plus grand périmètre du bras malade et celui du bras sain, 3 centimètres, et chez un autre malade, il y avait entre les deux cuisses une diCTérence de 5 centimètres ; 2"" il n'y a pas de secousses fibrillaires ; 3*" l'excitabilité idio-musculaire paraît normale ; 4® la contractilité électrique est diminuée en proportion du degré de l'atrophie musculaire, mais il n'y a pas de réaction de dégénérescence ; 5** cette atrophie peut se développer avec une grande rapidité. Chez un malade, elle était déjà appréciable tout au plus 15 jours après le début de la paralysie, et un mois et demi après, elle était très accentuée : on notait 3 centimètres de différence enire les deux bras; chez les autres malades, le développement de l'amyotrophie a été aussi très rapide ; 6"* la rétrocession de l'atrophie semble pouvoir être rapide, comme son développement. Dans une observation de monoplégîe brachiale, 10 jours après la disparition de la paralysie.
1 toule lésioD matérielle de la subsUnce g r des nerfs périphériques. C'csl 1& uae prem porlanle, mais il Taut aller jilus loin el ( le mécanisme de celle lésion.
Il sembler.iil, au premier abord, assez i ài'imiiolencefonclioiinelle, mais, pour pei on voit qu'une pareille inlerprélaLion ser en efTct, que ramaigrissement des masse! sulle de la suppressioii simple de la fonc lenle & se produire, qu'elle u'esl jama qu'elle peut manquer cumplèleinent, môi lyaie dure depuis longtemps déj?l ; c'est malade, le nommé Porcen... alleinl de i Iraumalique [il s'agïl d'un des deux malai Charcot s'esl fondé pour Établir celte var» doal les observations ont été publiées daai de I880) 1, lus muscles du membre supâi fondions aieul été suspendues pendant n'avaient pas subi la moindre atrophie. C dont il est ici question, l'atrophie s'esl dé» raentet a pris en peu de temps des pro] tuées. Ces caractères indiquent d'une fa{o
AMYOTROPIIIES DYSTÉRIQUES iSl
est-il possible de comparer Tatrophie dont nous nous occupons ici avec Tamyotrophie qui résuUe d*une lésion organique des cornes antérieures de la moelle ou des nerfs moteurs et qui constitue le type de la lésion trophique ? — il est sans doute indispensable d'établir entre ces deux variétés d^atropbie une distinction fondamentale. Mais il faut aussi bien remarquer que Fexpression de <« trouble tropbique » n'implique pas fatalement Tidée d'une altération matérielle du système nerveux^ appréciable à nos moyens d'investigation ; elle signiGe simplement que Faction incontestable, exercée par ce système sur la nutrition des tissus, est modifiée ou supprimée; or, celle modification ou cette suppression peut être purement dynamique, et c'est évidemment à un phénomène de cet ordre que nous avons affaire ici.
M. Charcot a, du reste, fait ressortir que Ton connaît déjà des atrophies comparables à ces atrophies hystériques. Les amyotrophies qui sont consécutives aux aCTections articulaires sont aujourd'hui considérées par la généralité des médecins, conformément à l'opinion que MM. Charcot et Yulpian soutiennent depuis longtemps, comme reconnaissant une origine réflexe et résultant d'une modification dans Tétat des cellules des cornes antérieures de la moelle ; il est vrai que ce n'est encore là qu'une hypothèse, car on ne saurait guère fournir une démonstration absolument rigoureuse de celte manière de voir ; mais elle s'appuie sur de très grandes probabilités. Or, il s'agit là d'une altération purement dynamique du syst;^me nerveux; les centres gris de la moelle et les nerfs périphériques sont normaux ; l'atrophie musculaire est, comme dans Thystérie, une atrophie simple.
M. Charcot a encore rapproché l'atrophie hystérique d'une Viriété d'atrophie que j'ai récemment signalée et qui s'appuie sur un fait observé à la Salpétrière ^ Il s'agit d'une amyolro-
1. Babinski. — Société de biologie, séance du 20 février 1886. CoABCOT. Œuvres complètes, t. m, Système nerveux. 31
qui avait été brusque, la circonféreii mente de 1 centimèlre.
Quelle est la nature de cette i ^ avons déjà dit plus haut qu*à Tex pas de réaction de dégénéresce , atrophie simple^ c'est-à-dire d'un^ toute lésion matérielle de la subs des nerfs périphériques. Ces! là u ,. portante, mais il faut aller plus ^^.r le mécanisme de cette lésion. .^j^
Il semblerait, au premier abort^ji àTimpotencè fonctionnelle; mais^j^j^Jji on voit qu'une pareille inlerprétjij^aiîo en effet, que l'amaigrissement d\,;i]e, i
suite de la suppression simple cL; Ju lente à se produire, qu'elle li qu'elle peut manquer complèteçiesby} lysie dure depuis longtemps dtioD$i malade, le nommé Porcen... i. ,: Ta traumalique (il s'agit d'un des .-i à Charcot s'est fondé pour établir =30 \ dont les observations ont été pi de 1883) », les muscles du nu ' *[ fondions aient été suspendues Je n'avaient pas subi la moindre dont il est ici question, l'alrr»!»' ment et a pris en peu de lei»
tuées. Ces caractères indiquei cette diminution dans le voli catégorie des phénomènes di Une pareille assertion peu