TREMBLEMENT HYSTÉRIQUE
iat mental n*a présenté actuellement aucune grande anomalie. Les hallucinations hypnagogiques ont, depuis plus d*un an, à peu près, complètement disparu. G... n'est pas triste, il converse volontiers avec les autres malades et se rend utile dans la salle.
L*hémianesthésie est complète, absolue, à droite ; ni le contact, ni la piqûre ne sont perçus de ce c6té du corps. Les organes des sens sont également profondément affectés de ce même côté: Touïe, Todorat, le goût en particulier. Pour ce qui est de Torgane de la vision, Texamen méthodique y fait reconnaître des modifications très bien caractérisées. Du côté droit — vous n'avez pas oublié que l'œil gauche est absent, — le champ visuel est extrêmement rétréci. Le rouge seul est perçu par cet œil et le cercle de cette couleur est réduit presque à un point.
Le tremblement dont il a été question déjà plus haut et qui occupe la main droite est remarquable par la régularité parfaite de son rhythme constatée à Taide des appareils enregistreurs. Il consiste en oscillations dont le nombre est de cinq en moyenne par seconde. A cet égard, il tient par conséquent le milieu entre le tremblement à oscillations lentes, tel que celui de la paralysie agitante, par exemple, et les tremblements vibratoires, ou autrement dit à oscillations rapides de la paralysie générale et de la maladie de Basedow. Il ne s'exagère pas sous l'influence des mouvements volontaires*. Le malade peut se servir de sa main pour boire et manger, et peut même écrire très passablement, ù la condition seulement d'appuyer fortement avec sa main gauche sur son poignet droit, manœuvre qui fait cesser le Iremblement pour un instant. Le sens musculaire est parfaitement conservé dans toute l'étendue du membre supérieur droit.
La seule zone hystérogène constatée chez G... occupe le testicule el le trajet du cordon spermalique, presque jusqu'à l'aine, du côté droit. Lu peau du scrotum de ce côté est très sensible et lorsqu'on la pince un peu fortement on produit exactement les mêmes eiïcls que si l'on comprime soit le testicule lui-même, soit le cor-
l./Vo//. m<«</., 188:;, MO 12.
OBSERVATIONS â75
don, c'est-à-dire soit le développement, soit, au contraire, l'arrêt de l'attaque, suivant le cas.
Ces attaques, qu'elles soient spontanées ou provoquées par l'excitation artiflcielle de cette zone hystérogène sont toujours précédées par une sensation d'aura douloureuse parfaitement caractérisée, laquelle prenant son point de départ dans le testicule droit, remonte vers les régions épigastrique et cardiaque, puis à la gorge où elle détermine une forte constriction, et, enfin, atteint la tète où se produisent des sifQemenls, surtout dans Toreille droite et des battements principalement à la tempe du même côté. Le malade perd alors complètement connaissance ; la période épileptoïde est commencée : d'abord augmente et se précipite le tremblement de la main droite, les yeux se convulsent en haut, les membres s'étendent, les poings se ferment puis se tordent dans la pronation exagérée. Bientôt les bras se rapprochent l'un de l'autre au-devant de l'abdomen par suite d'une contraction convulsive des muscles pectoraux. Après cela survient la période des contorsions, caractérisée surtout par des mouvemenlâ de salutation extrêmement violents qui s'entremêlent avec des gestes désordonnés. Le malade brise ou déchire tout ce qui se trouve à la portée de ses mains : Il prend les poses, les attitudes les plus bizarres, de manière à légitimer pleinement la dénomination de clownisme que J'ai proposée pour désigner cette partie de la deuxième période de l'attaque. De temps en temps, les contorsions ci-dessus décrites s'arrêtent un instant pour faire place à l'attitude si caractéristique dite (c arc de cercle ». Tantôt c'est un véritable opisthotonos dans lequel les reins sont séparés du plan du lit par une distance de plus de 50 centimètres, le corps ne reposant que surlevertex d*un côté, sur les talons de l'autre. D'autres fois, le cercle se fait en avant, les bras croisés sur la poitrine, les jambes en l'air, le tronc et la tête soulevés, les fesses et les reins reposant seuls sur le lit. D'autre fois, enfin dans l'attitude de l'arc de cercle le malade repose, soit sur le côté droit, soit sur le côté gauche. Toute cette partie de l'attaque est, chez G..., parfaitement belle, si je puis m'exprimer ainsi, et chacun de ces détails méritait d'être fixé par les procédés de la phqtographie instantanée. Je fais pas-
276 OBSKHVATIOKS
eer souB vos yenx Ifn figures qui ont été sïdbî obtenue* ptr
F-g. I«. —Al
Tig. tv* ^ Arc aa carciB ca ■TTivn*
I, l.andf . Voua voycz'quau point dfl vue de l'art, elle" ne lais
.iM A vluwror ; nmi* Je plus elles sont pour nous très instructives. S'u» iMUiiiuoiitrvtit, enetTet.quepo'ur ce qui concerne la régaU-
rite des périodes et le caraclère typique des diverses atUlude*, les
Fig. il. — Arc <!• cardt ta iidul.
allaques, c!ic£ 0. ..,ne le cèdent en rï^n à celles que uOub observons.
chaque jour, chez nos hystéro-épileptiques du sexe fémîain Isi t>IuB classiques ; et celle ressemblance parfaite mérite d'autant
378 OBSEHVAI I0K8
mieux d'être signalée qnejamaiBG... n'a pénétré dans le dortoir où sont placées les Temmes a en allaques », de telle sorte qa'on ne saurait invoquer chez loi l'influence de l'imilation contagieaee.
Seule la période des hallucinations et des atliludes passionnelles fait chez G... habituellement défaut. Quelquefoia seulement, nous avons ru vers la fin de la crise sa physionomie exprimer
urièrt).
AllL-ritalivcmenlla Trayeuroulajoie, alors que ses mains restaient Jaii« I<* villa comme à la recherche d'un être imaginaire.
1. 1 tîii lie l'attaque estcheznotre malade souvent marquéepar tiiio «oi If d'aphasie motrice qui, en général, ne dure pas plus de hui ou <li\ minutes, mais qui, une fois, a persiste pendant près de M\ '.-l'i-H. Morit, quand le malade veut parler, quelques sons rau- .(.loi, iijkrlioul^s, sortent seuls de sa bouche; il s'impatiente, N .tÂ'!«^ <»At* |mrvît>nl cependant à se faire comprendre par des s.v'.N» :k^« expri^ife- 11 lui est même arrivé plusieurs fois, en t>.tu'it vsti. vto piviulrc la plume el d'écrire très lisiblement quel- (,.*•• ;.;l;,»^v^* tn^* ocrroctes.
V '«.M oaL j.u<t Mir cp cas à tous égards parfaitemeDt classi-
que. Hais nous n'en avons pas encore fini avec Thystérie de Thomme. Nous la retrouverons dans la prochaine leçon, tout aussi caractérisée que dans les cas précédents, chez trois autres malades du service de la clinique.
DIX-NEUVIÈME LECOX
A propO0 00 six C39 ^ItjntéM
^muMnt» ^ ftfrmtM 4iM>fm«ltf» de Fattaque bjnén^sc t^iÊkXitm d'oA ea* 4jum leqoel k» atUi|iics ctaâcst pris Taspcet ém Tcptl^^to p^rUtUti, ^ DttgBOfUe de ee cas : iaporteace des iéff^oe»,
l/«tU/|fie «4MiTolaiTe peut faire déCuit daas rbjvtérie d« D«t<f l^ir/m d^Btt eaa de BoiMplèfie brachiale, chei oa kosoM de 19 li/f(4riqtie. '— bitûatltén do d'ugotniic dass ce
Messieurs,
Je viens terminer aujourd'hui l'étude que nous aTons coinnienrée dans la dernière leçon. Je procéderai, d'ailleurs, comme je Tai fait Tautre jour, surtout par voie de démonstration clinique. Notre matériel d'hystériques m&les est loin d'être épuisé. Trots nouveaux sujets vont successivement passer sous vos yeux ; nu fur et & mesure les principaux détails des observations qui les concernent vous seront communiqués. Je laisserai leK fail9 parler d'eux-mêmes et je relèverai seulement par quelques courts commentaires, les enseignements les plus Importants que fournissent ces observations.
Uas. IV. — Le sujet qui va vous être présenté ne rentre pas loui à tait dans le cadre où nous sommes restés jusqu'ici, en ce •MU qa*U s'agit d'un adolescent et non pas d'un homme fait
U U^on HQUtIUle par M. Georges Gmnon, interne du service.
Mais, chez lui, la maladie paraît douée, vous allez le voir, de ce caractère de permanence et de ténacité que nous avons rencontré déjà.
Le nommé Mar..., &gé de 16 ans, est entré dans le service de la clinique, le 29 avril 1884, c*est-à-dire II y a un an. Il est né et il a vécu jusqu'à Tàge de 14 ans à la campagne. Sa mère aurait eu, en 1872, quelques attaques d*hystérie. Son grand-père paternel était alcoolique et d*un caractère très violent. C'est tout ce que Ton peut relever dans les antécédents héréditaires. Quanta lui, c'est un gros garçon, bien développé, quoiqu'il ait eu dans son enfance quelques manifestations strumeuses, à savoir : écoulements d'oreilles, ganglions dans la région mastoïdienne. 11 est intelligent, d'un caractère plutôt gai et n'a jamais été peureux ; mais il était sujet à des accès de colère très violents, allant, dans ces accès, jusqu'à briser tout ce quMl rencontrait sous sa main. Il y a deux ans, il fut placé à Paris, chez un boulanger, à titre d'apprenti. Peu de temps après, il eut une fluxion de poitrine et l'affaiblissement que produisit cette maladie ne fut certainement pas sans influence sur le développement des accidents qui suivirent bientôt. Quelque temps après, encore convalescent, il éprouva une violente frayeur. Il fut, dit-il, attaqué par deux jeunes gens, un soir dans la rue ; il tomba presque immédiatement sans connaissance, et fut transporté, dans cet état, chez son patron. Il ne portait aucune trace de blessure. A partir de ce moment, il resta pendant quelques jours plongé dans une çorte d*hébétude. Il commença à devenir sujet, la nuit, à des cauchemars très pénibles qui le tourmentent encore aujourd'hui. Il rêvait qu'il se battait, et souvent, il se réveillait en poussant des cris. Enfin, au bout de quinze jours les attaques d'hystérie commencèrent. Elles eurent lieu d'abord tous les jours, se présentant en séries de 8 ou 10, quelquefois on comptait deux séries dans la même journée ; puis elles diminuèrent peu à peu dénombre et d^inlensité.
Au moment où le malade entre à la Salpètrière, on constate l'état suivant : Les stigmates hystériques sont très nets ; ils consistent en une anesthisie en plaques, disséminées irrégulièrement sur tout le corps, et sur lesquelles l'insensibilité est complète, au
â8i OBSERVATIONS
toucher, au froid et à la douleur. L'ouïe, le goût, l'odorat, sont obnubilés du côté gauche, et pour ce qui est de la vision, on constate l'existence d'un double rétrécissement du champ visuel^ plus accentué du côté droit. De ce côté, le malade ne distingne pas le violet, tandis qu'à gauche il reconnaît toutes les coulenrs; mais, des deux c6tés, phénomène remarquable sur lequel j'ai maintes fois appelé votre attention et que nous avons déjà rencontré d'ailleurs chez le premier de nos sujets, le champ visuel du rooge est plus étendu que celui du bleu, contrairement à ce qui a lieu, vous le savez, dans les conditions normales. Il n'existe qu'un pohu hystérogène : il occupe la région iliaque gauche. Aujourd'hui encore, bien que la maladie ait débuté il y a deux ans, les attaques surviennent spontanément, à intervalles assez courts, tous les 10 ou 12 jours environ. Elles peuvent être provoquées très facilement, lorsqu'on exerce une pression même modérée sur le point hystérogène. Une pression plus énergique exercée sur ce mèoie point arrête Tattaque.
Celle-ci, qu'elle soit spontanée ou provoquée, est toujours précédée d*une aura : douleur iliaque au niveau du point hystérogène, sensation (le boule qui, de Tépigastre, remonte jusqu'à la gorge, bourdonnements d'oreilles, battements dans les tempes. Puis l'attaque commence : les yeux se renversent en haut dans leur orbite, les bras se raidissent dans l'extension, et le malade, s'il est debout, tombe en perdant connaissance. La phase épileptoïde est en général peu accentuée et très courte, mais la période des grands mouvements et dos contorsions qui lui fait suite est excessivement violente et de longue durée; Le malade pousse des cris, mord tout ce qu'il trouve à sa portée, il déchire ses draps, fait les grands mouvements classiques de salutation qu'il interrompt de temps à autre, en prenant l'attitude si caractéristique de l'arc de cercle. La scène se termine par la phase des attitudes passionnelles qui est fort accentuée chez lui cl diffère un peu suivant les cas. Ainsi, quand l'attaque a été spontanée, il peut arriver que les hallucinations en jeu aient par moment un caractère gai, tandis que si la crise a été provoquée par Texcitation de la plaque hystérogène, le délire est toujours sombre, fuiieux, ac-
DlKFÉBJBlfCES ENTRB l'hOMMB PAIT ET L*ADOLESGENT 283
compagne de paroles grossières, d'injures : « Canailles, chameaux, carabins! elc. »
En général, plusieurs attaques se succèdent, de façon à constituer une série plus ou moins nombreuse.
Chez ce sujet, je me bornerai à relever la permanence et, en quelque sorte, rimmobilité des éléments constitutifs de Thystérie, rappelant ce qui s'observe souvent chez Thomme. Ainsi que vous l'ayez pu remarquer, chez notre jeune malade, bien que deux ans se soient écoulés, depuis le moment du début, les crises convulsives sont encore fréquentes aujourd'hui, quoique nous ayons pu faire, et les stigmates hystériques, anesthésie sensorielle et sensitive, n'ont pas varié sensiblement, depuis le jour où nous les avons étudiés pour la première fois. Rien ne laisse prévoir qu'il doive se modifier bientôt.
Il n*en est pas ainsi. Messieurs, habituellement, chez les jeunes garçons, particulièrement lorsque la maladie s'est développée chez eux, avant l'âge de la puberté. A cet âge, c'est là du moins ce qui me paraît résulter des observations nombreuses que j'ai eu l'occasion de recueillir, les symptômes hystériques sont, en général, beaucoup plus fugaces, beaucoup plus mobiles, quelque accentués qu'ils puissent être et ils cèdent le plus souvent assez facilement devant la mise en œuvre d'une médication appropriée •.
1. Deux jours après que la présente leçon a été délivrée, M. le professeur Gharcot a admis dans son service un jeune homme de 21 ans, de nationalité belge, le nommé Fal, grand, maigre, haut en couleur, aux cheveux d'un blond p&le, qui, comme les précédents, oITïre à l'étude, sous sa forme la plus classique, toute la symptomatologie de Thystéro-épilepsie à crises mixtes. Dans les antécédents héréditaires, on ne trouve à relever, ici, que l'alcoolisme chez le père, et parmi les antécédents personnels dans l'enfance, des terreurs nocturnes, des cauchemars fréquents, et mémo, en plein jour, parfois, des visions d'animaux, de figures affreuses.
En novembre 1884, F..., fut gravement atteint du choléra. l\ guérit, mais la convalescence fut longue, et pendant plusieurs semaines, il resta très affaibli, sujet à ressentir des crampes dans les membres inférieurs, et des douleurs abdominales. Trois mois après sa guérison, étant encore à l'hôpital, en convalescence, la vue d'un cadavre qu'on emportait le jeta dans une grande frayeur et presque aussitôt survint la première attaque. Une autre frayeur, survenue peu après, en conséquence d'une mauvaise plaisanterie imaginée par un malade couché dans la même salle, paraît avoir décidé la situation, car, à partir de cette époque, F... ne cessa d'être sous
A pari one anomalie dans la forme des altaques, sur laqodk ]« reviendrai dans un instant, le cas dont je rais tous enlreteoir maintenant et qui concerne un jeune homme de 22 ans, doit être rattaché encore, comme les précédents, au type hystéro-épilepsie.
Ots. y. — Le nommé Ly..., maçon, &gé de 22 ans, est entrée la Salpélrière, service de la clinique, le 24 mars 1883. Il est né à la campagne, aux environs de Paris ; c'est un garçon de Uûlk moyenne, peu développé et plutôt d'apparence débile. Son père, qui a exercé la profession de charretier, est alcoolique. Sa mère, morte tuberculeuse, a eu des attaques d'hystérie. Enfin, l'on trouve dans sa famille une grand'mère maternelle encore hystérique, bien qu elle ait atteint Tâge de 82 ans, et deux tantes maternelles toutes deux atteintes d'hystérie. Voilà des antécédents d'une importance capitale, quatre hystériques et un alcoolique dans la tt^me famille ! les antécédents personnels ne sont pas moins intémisants à relever. Notre malade a toujours été peu intelligent, faible d'esprit, il n*a jamais rien pu apprendre à Técole ; mais il tti» présente pas au reste, à part cette débilité psychique, de trout>I^ mentaux bien caractéristiques. Il avoue avoir bu pendant jLH^£ longtemps cinq ou six petits verres d'eau-de-vie par jour et Ju \Hi en a$5e£ grande quantité: mais il assure avoir perdu cette
« ^vu)> U'h<Uluoinations terrifiantes en même temps que les accès codtiU-
>4t» M' :iis>iiU^Ai«ut À |>eu près régulièrement toutes les nuits. Lors de Ten-
.tw ùu ui«f<iut<^ 4 la clinique de la Salpétrière, on constate ce qui suit:
um«^tWMt> cttUtt4^« disposée en plaques disséminées ; diminution du goût
A, à« î iKlv»rat À ^uche ; rétrécissement du champ visuel limité à TœU
.IV.; . ,sMia> h>«t!^rogènes très étendus, sous formes de larges plaques hy-
*«iv*«tWâd^uc* vKvuivtnt en avant presque toute la surface de Tabdomen et
^ u«*04v IvA r^^ions des omoplates, les fesses, le creux poplité, la plante
^.K •.^-ov, OU'. L';ittjque peut être facilement provoquée lorsque ces plaques
lè^^t-Nivd^ttK'au*; Hout soumises à une friction même peu vigoureuse. Après
»w.«» .*aa^x.«(ui» Nurvient une période épileptoîde très nettement caracîèri-
.« s,4t^sic Jv^ grands mouvements, comprenant l'attitude en arc de
^.v . .. .(^^viiwiit Irè^ classique. Enfin, survient la phase des attitudes
s .... . ^.ivA LK-tidifctit UqueUe le malade paraît en proie à un délire sombre
.. .^.. V. uum» J<> mèmt que dans les cas dont il a été question prècé-
.^^^.^. «. a^ ^4<ft4iUv h>;aene est survenue chez cet homme, à la suite de
wjw '%.vv<a*..«A« .auM) iMT une maladie grave, en conséquence d'une grande
^ . . « . .u. u.. vvulm* cbei les autres, elle se montre douée à un haut
3^ . . . .^ ^x«t ».s*«x c«r«cliMistiques, telle, en un mot, qu'on l'observe fré-
i)>auvaise habitude depuis qu*ii est tombé malade. Il y a trois ans, il a eu un érysipèle à la face suivi bientôt d'une attaque de rhumatisme articulaire aigu, d^ailleurs assez légère, puisqu'elle ne le retint que quinze jours au lit. La même année, il se soigna pour se débarrasser d*un ver solitaire dont il souffrait, et prit de Técorce de racine de grenadier. Le remède produisit Teflet attendu ; le malade rendit d*abord desfragmenis, puis le ver tout entier. Mais la vue du ténia qu'il trouva dans ses selles, le frappa d'une manière toute particulière et Témotion qu'il ressentit fut assez vive, pour que, pendant quelques jours, il souffrit de légers accidents nerveux tels que coliques, douleurs et secousses dans les membres, etc. Il y a un an, pendant qu'il travaillait à Sceaux de son métier, le fils d'un de ses camarades fut rudement frappé par son père; témoin de la scène, L... voulut s'interposer; mal lui en prit, car le camarade furieux tourna ses coups contre lui, et alors qu'il fuyait, lui lança une grosse pierre qui heureusement ne l'atteignit pas; mais la frayeur ressentie par L... fut très vive; immédiatement, il fut pris de tremblement des membres et la nuit qui suivit, il lui fut impossible de trouver le sommeil. L'insomnie persista les jours suivants; déplus, nuit et jour, il était tourmenté d'idées noires. Il croyait à chaque instant voir de nouveau son ver solitaire ou encore assister à la lutte dont il avait failli être victime . de plus, il souffrait de picotements dans la langue, ne mangeait plus, se sentait faible et travaillait mal. Cet état durait depuis quinze jours, lorsqu'un soir, vers six heures, survint la première attaque convulsive. Déjà, depuis le matin, il souffrait d'une douleur à l'épigastre avec sensation de boule, d'élouffement et de bourdonnement dans les oreilles. Au moment où l'attaque commença, nous dit- il, il sentit que sa langue était attirée dans sa bouche vers la gauche, par une sorte de traction involontaire, irrésistible. Puis il perdit connaissance et quand il revint à lui, on lui dit qu*il avait eu la figure tordue à gauche, les membres agités d'un tremblement, et qu'une fois les convulsions arrêtées, il s'était mis à parler à haute voix sans se réveiller. Pendant les •mois qui suivirent, des crises, en toutjsemblables, se répétèrent -tous les huit ou quinze jours environ, et il se yit obligé, durant
286 ATTAQUB A PÛBME D*ÉPILBPSIE PARTIELLE
cette longue période, de cesswtoiit travail, à cause de Tétat de faiblesse où il se trouvait. Ces crises furent considérées comme des attaques épileptiformes d'origine alcoolique et pendant près d'un an, il fut soumis à l'emploi du bromure de potassium à doee élevée, sans que les accidents en aient été modifiés en rien. Dans la journée qui suivit son entrée à la Salpétrière, II se produinl spontanément une série de cinq attaques successives auxquelles il ne nous fut pas donné d'assister^
Le lendemain, Texamen méthodique du malade nous fait constater ce qui suit : aneslhésie généralisée, disposée par plaques disséminées; rétrécissement considérable du champ visuel des deux côtés; le champ du rouge est plus étendu que celui du bleu; diplopie monoculaire. Il existe deux points spasmogènes^ Tun au niveau de la clavicule droite, l'autre au-dessous des dernières fausses côtes du même côté. Une pression un peu forte, exercée sur ce dernier point, détermina immédiatement lors du premier examen, une attaque que nous pûmes étudier dans tous ses détails. Elle est précédée de Taura classique ; constriction épigastrique, sentiment d*une boule au cou, etc. Dans ce moment même, et avant que le malade ait perdu connaissance, la langue, raidie, est attirée dans la bouche vers le côté gauche; on sent à Taide du doigt, que sa pointe est portée derrière les molaires de ce côté. La bouche, entr'ouverte, se dévie à son tour, la commissure labiale gauche est relevée et tirée vers la gauche; tout le côté gauche de la face, à son tour, prend part à cette déformation; la tète elle-même, enfin, est fortement tournée vers la gauche. Le malade en ce moment est, depuis quelque temps, devenu inconscient. Alors les membres supérieurs se raidissent dans l'extension, le droit d^abord, puis le gauche. Les membres inférieurs, cependant, restent flasques ou du moins se raidissent très peu. Le mouvement de torsion vers la gauche, d*abord accusé à la face, ne tarde pas à se généraliser, et roulant sur luimême, le malade se trouve bientôt couché sur le côté gauche. C'est alors que les convulsions cloniques remplacent les toniques. Les membres sont agités de vibrations fréquentes et de peu d'étendue. La face est le siège de secousses brusques, puis sur-