‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 4)Chapitre 74 sur 156 · ATTAQUE A FORME D'ÉPILEPSIE PARTIELLE · texte numérisé non relu

ATTAQUE A FORME D'ÉPILEPSIE PARTIELLE

vient un relâchement complet sans stertor. Mais, en ce moment, le sujet semble tourmenté par des rêves pénibles. II revoit sans doute mentalement la scène de sa lutle avec son camarade. « Canailie..., Prussien..., un coup de pierre..., il veut me tuer;» telles sont les paroles qu'il profère d*une façon parfaitement distincte. Puis tout à coup, il change d'attitude; on le voit, assis sur son lit, passer à diverses reprises sa main sur son membre inférieur, comme s'il cherchait à se débarrasser de quelque reptile qui, enlaçant sa jambe, ferait effort pour remonter le long de sa cuisse, et pendant ce temps, il parle du « ver solitaire ». La scène de Sceaux revient ensuite: « Je vais te tuer..., un coup de fusil..., lu vas voir. » Après celte période, marquée par le délire et les attitudes passionnelles correspondantes, la période épileptoïde se reproduit spontanément, inaugurant ainsi une nouvelle attaque qui ne se dislingue en rien de la première et qui peul élre suivie de plusieurs autres. La pression des points hystérogènes peut d'ailleurs interrompre l'accès dans les diverses phases de son évolution. Au réveil, L... parait étonné, comme stupide, et il assure ne se souvenir en rien de ce qui s'est passé.

Toutes les attaques, en assez grand nombre, tant spontanées que provoquées, dont nous avons été témoin, ont présenté exactement le même caractère. Toujours nous avons vu se reproduire dans le même ordre, systématiquement, et jusque dans les moindres détails, les divers incidents de la phase épileptoïde, débutant par la langue et la face, tels qu'ils viennent d'être décrits, en un mot, puis les scènes variées de la phase délirante.

Voilà, Messieurs, une attaque d'hystéro-épilepsie, qui, par un côté, s'éloigne notablement du type classique. Dans la première période, en effet, nous voyons les accidents convulsifs reproduire jusqu'à l'imitation presque parfaite les symptômes de l'épilepsie partielle, tandis que les contorsions, les grands mouvements, l'arc de cercle enfin, font absolument défaut. Mais nous connaissons, chez la femme, cette variété de l'attaque hysléro-épileptique ' ;

I. Voir l'observation de Geneviève B... et de Parin... {honogr, photogr, de la Salpé&iére, 18, l. i, 18T7, p. 49; t. ii, p. 202el t. m, 1S79, p. 638.

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