‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 4)Chapitre 78 sur 156 · TROUBLES MOTEURS ET SERSITIFS · texte numérisé non relu

TROUBLES MOTEURS ET SERSITIFS

' Étudions avec soin cette monoplégie singulière qui persiste telle quelle, tous le voyez, depuis quatre mois, malgré les di- Ters traitements qui ont été mis en œuvre.

À. Impuissance motrice. Porcz... ne peut imprimer aucun mouvement volontaire soit aux muscles élévateurs de l'épaule, soit à Tépaule elle-même, qui est tombante, soit aux muscles du bras ou de Tavant-bras. Seuls les doigts de la main peuvent être mis en mouvement volontairement et encore ces mouvements sont-ils faibles, très faibles, au point de ne pouvoir pas s'accuser au dynamomètre.

Remarquez l'état de résolution, de flaccidité absolue du membre. Il pend le long du tronc comme un corps inerte et retombe lourdement quand, après l'avoir soulevé, on l'abandonne à lui-môme; le malade est obligé de le porter en écharpe pour éviter les chocs et les coups auxquels il serait, autrement, à chaque instant exposé. Il n'existe, vous le constatez, pas la moindre trace de rigidité ni de contracture. Cela rappelle la flaccidité de la monoplégie dans h paralysie infantile spinale. Mais ici les réflexes tendineux, au coude et au poignet, sont conservés, peut-être même un peu exagérés, tandis que, vous le savez, il en est tout autrement dans cette forme de paralysie spinale. D'ailleurs, et c'est là un caractère distinctif absolu, bien que la paralysie soit établie depuis quatre mois, il n'y a pas cependant le moindre vestige d'atrophie ou de diminution de consistance des muscles paralysés. La mensuration donne au bras droit 23,5 cent. ; au bras gauche, 24 cent.; à l'avant-bras droit, 22,5. ; à l'avant-bras gauche, 22 cent.

B. n existe aussi sur ce membre, en outre de la paralysie du mouvement, des troubles profonds de la sensibilité. La sensibilité au contact, à la douleur, au froid est abolie complète-

TBOl'BLKS DU SENS MUSCULAIRE

t, aosu ment; et cette aneslhésie cutanée, qui «tw leurs exclusivement les parties du membre où il yalaance raoLrice, se limite du côté des parties voisines rest» ihles des lignes qui offrent une disposition singuliertout (U cAté de la main, bien peu en rapport, w Bst e de le voir en examinant les figures ci-joiali fli o3), avec le mode de distribution analoœiqueilfs cutanés du membre supérieur, .ijiis voyez, en effet, que, ""■• '" ■ios de la maio, la limite i neslhésie e&l marquée, du a les doigts, par une li^i peudiculuire au grand ax lembre, située à quelque-

'ilimètres au-dessus de la s >s articulations mélâcvFi>

ngtennes, tandis que, sur i: ;e palmaire, celte limiieesl ésentée par une ligne pars au pli du poiguel et sIidM iessous de ce pli, t un cenli tre environ.

lensibililv., d'ailleurs, n'est pas limitée à la peau; fUt

il attx parties profondes; c'est ainsi que la faradîsalioa.

ui«me énergique, soil des muscles, soit des troncs nerveui,

alors qu'elle provoque cependant de fortes coolractions mil!-

culaires, n'est pas sentie.

Les mouvements de torsion, d'arrachement imprimés i l'épaule, au coude, au poignet, n'occasionnent également aucune sensation, quelque violents qu'ils soient. Au contraire,! la paume de ta main, sur une partie de la face dorsale de ceuici, et sur toute l'étendue des doigts, les divers modes de U sensibilité cutanée et profonde sont conservés, du moins en grande partie.

Il y a de plus, dans le membre, les doigts toujours exceptés, une perte absolue des jwtions qui se rattachent à ce qu'on est eonceiiu d'appeler du nom de sens musculaire. Pour se rendre compte de ce fait, il sufBt de fermer les yeux de P... ei de lui enjoindre de chercher son avant-bras tenu écarté du tronc, de le saisir, à l'aide de sa main gauche. Il tâtonne d'à-

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