‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 4)Chapitre 87 sur 156 · PARALYSIES PAR SUGGESTION · texte numérisé non relu

PARALYSIES PAR SUGGESTION

les sujets firéquemmeni hypnotisés. D'ailleurs, je puis affirmer que les phénomènes que vous allez reconnaître aujourd'hui se sont montrés exactement les mômes, lors de la première expérience.

Greuz... est plongée dans l'état somnambulique, à Taide d'une légère pression exercée sur les globes occulaires et dont faction est maintenue pendant quelques secondes. La rigidité particulière des membres que vous voyez se produire, à la suite de légers attouchements promenés & leur surface, ou même de mouvements effectués à distance (contracture somnambulique), est un caractère somatique qui, vous le savez, nous permet de reconnaître que le sommeil est actuellement bien établi. Pour déterminer maintenant la production des phénomènes que nous avons en vue d'étudier, je procède par affirmation à haute voix : « Votre bras droit est paralysé », disje en m'adressant à la malade d'un ton convaincu. « Vous ne pouvez plus le mouvoir dans aucune partie ; il pend inerte le long du corps, etc., etc. » Nous assistons tout d'abord à une sorte de révolte*. « Mais non», répond-elle, « vous vous trompez, mon bras n'est pas paralysé le moins du monde ; voyez je le meus très bien », et, en effet, elle le meut, très faiblement toutefois. Alors j'insiste, et toujours avec un accent d'autorité, je répèle un certain nombre de fois mon affirmation première. Vous voyez qu'après quelques minutes de discussion, la paralysie s'établit en effet définitivement. En réalité, nous venons de produire une monoplégie brachiale dont il nous faut à présent déterminer minutieusement les caractères cliniques ; car peut-être cette monoplégie est-elle assimilable à celle que nous avons observée, dans nos dernières leçons, chez nos deux hommes hystériques, Porcz...

i. D'autres sujets se soumettent à la suggestion sans protester : il y a, à eet égard, da nombreuses TarUntes individuelles.

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et Pin... C'est ce que nous dous proposons d^eiaminer aelaellement.

L'impuissance motrice que nous venons de proToqoer eba Greuz..., par suggestion hypnotique, est, comme tous ponrez le constater, complète, absolue. Le membre supérieur droit tout entier est pendant le long du corps, ne présentant aucune trace de rigidité, au niveau des jointures, n retombe lourdement lorsqu'on Taliandonne à lui-même après Tavoir nn instant soulevé. La malade ne peut en aucune manière mouvoir son bras, elle ne peut ni fléchir ni étendre Tavant-bras et et il en est de même pour le poignet et pour les doigts ; ainsi, dans ce membre, tout mouvement actif est aboli, comme aussi toute résistance aux mouvements passifs. Aucun muscle, je le répèle, ne manifeste la moindre contraction». quels que soient les efforts qu'y emploie le sujet, à notre soUi*-^ citation.

D'un autre côté, la sensibilité, normale tout à llienre, a maintenant complètement disparu dans toute l'étendue du membre ; vous pouvez môme reconnaître que l'anesthésie a envahi le moignon de l'épaule et gagné une partie de la poitrine du côté droit. Elle n'intéresse pas d'ailleurs seulement la peau, elle occupe encore, au plus haut degré, les parties profondes, à savoir les muscles, les troncs nerveux, les ligaments, etc. Ainsi l'on peut, vous le voyez, imprimer aux diverses jointures les mouvements de torsion ou d'élongation lesplus violents, faradiser les troncs nerveux et les muscles au point de produire dans ceux-ci les contractions les plus énergiques sans déterminer la moindre trace d'expression douloureuse ou même d*uiie sensation quelconque. Les réflexes tendineux du poignet et du coude se montrent, en outre, très notablement affaiblis.

Enfin, pour ce qui est du sens musculaire, dont j'ai eu soin de vous faire reconnaître l'existence, avant de commencer Pex-*^

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