VINGT-DEUXIÈME LEÇON
Sur deux cas de monoplégie brachiale hystérique ches
rhomxne (Suite) *.
Sommaire. — Production d'une monoplégie de tout le membre supérieur chez une hystérique par suggestion; moyen analogue employé pour la faire disparaître. — Production successive chez la même malade de la paralysie des (lifTôrcnts segments du membre supérieur(épaule, coude, poignet, doigts). — La sensibilité et les réflexes tendineux disparaissent simultanément dans les parties atteintes par la paralysie. — La monoplégie peut être déterminée artiOciellcment chez une hypnotique par un choc sur Tépaule (suggestion traumatique). — Répétition des mêmes phénomènes, pendant la veille, chez une hystérique à l'état d'hypnotisme naturel et permanent.
Considérations sur le traitement chez deux hommes atteints de monoplégie brachiale : hydrothérapie, électricité statique, gymnastique spéciale ; mode d'action de ce derniei' a^ent; images psychiques motrices. Bons résultats du traitement.
Messieurs,
Nous voilà donc en possession déjà de renseignemenls însvntoslablement très précieux. Mais il nous est permis de :»oussor l'analyse plus loin. En effet, au lieu de paralyser le u»ï(tiSro entier tout d'un coup, nous pourrons le paralyser •AiS 0 lomonl, segment par segment et ces opérations succes- >i^i'N. \ous allez le voir, nous feront pénétrer, en quelque sorte, i^.i-.^t encore dans Tintimité des phénomènes.
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\x^< v^xHMllie par M. Marie, chef de clinique, et 6. Guinon, interne du
PABALYSIE suggérée: DE l'ÉFAULE 345
Pour en venir ]à, il nous faul, tout d*abord, passez-moi l'expression « déparalyser » notre malade. Il nous suffira pour cela de détruire les effets de la suggestion initiale en faisant intervenir une suggestion nouvelle de sens contraire. J'affirme donc à Greuz... que son bras a cessé d'être paralysé, qu'elle peut de nouveau le mouvoir, comme elle le faisait auparavant. Vous voyez qu'après quelques instants de discussion, le membre a repris en effet toutes les fonctions de l'état normal, tant au point de vue de la molilité qu'en ce qui concerne la sensibilité considérée dans tous ses modes.
Il nous est permis, dès à présent, ainsi que nous l'avons annoncé, de procéder successivement à la production de la paralysie isolée de chacun des segments du membre. En premier lieu, je suggère à la malade l'idée qu'il lui est devenu impossible de mouvoir l'articulation de l'épaule et voici qu'en réalité elle ne peut plus la mouvoir dans aucune direction, tandis qu'elle meut librement toutes les autres jointures à savoir le coude, le poignet, les doigts enfin. De plus, sur toute la partie oîi le mouvement volontaire est aboli, et là seulement, remarquez-le bien, la sensibilité cutanée et profonde est éteinte : Ainsi sur le moignon de l'épaule, les piqûres, les excitations faradiques, etc., ne sont pas perçues ; les mouvements de torsion, de distension, même violents, imprimés à l'articulation scapulo-humérale ne font éprouver aucune douleur, aucune sensation ; j'ajouterai que toutes les notions fournies par le sens musculaire relatives aux mouvements passifs, imprimés à cette articulation, font, elles aussi, complètement défaut.
Il ne sera pas sans intérêt, vous allez le voir, de considérer d'un peu près l'étendue et les limites de cette anesthésie dont nous venons de constater l'existence. {Fig. 64, 65, A.) Le département insensible représente en quelque sorte une plaque moulée sur l'épaule et qui rappelle la pièce des armures
346 DtSTHIBUTIOK DE L'^IIBSTHiSlB
du ÏVl' siècle, destinée à protéger cetie région. Par en haut,! ligne qui limite l'anesUiésie commence au niveau de la bat
Fiç. M at t!i. — ObicmlisD d* Cmi...
an coD ; elle s'étend, en avant, jusqu'auprès du bord droit d sLernmn, englobe le tiers supérieur du sein et se dirige obi OBSiunA Tfrs le creux axillaire qu'elle occupe tout entier, s nndsiSHafiBiine de 4 ou S travers de doigt, le long de la par
DISTRIBUTION DE L'aICESTIIÉSIE 347
tie axillaire de la région thoracîque. En arrière (A.'), elle prend une direclion presque verticale et s'étend depuis la base du
Fig. U II tT. — ObuTHllon d« Porci,-
COU jusqu'à trois ou quatre travers de doigt, au-dessus de l'angle de l'omoplate; dans le sens transversal, elle est éloignée des apophyses épineuses d'environ cinq travers de doigt. Le bras presque tout entier est contenu dans la zone d'anes-
348 l'ARALYSlE SDGGËRËE DU COUDE, DU P0I6XET
Ihteie qui, puur conlhiuer la comparaison de tout à Itieait semble lui former un véritable brassard. J'appelle pârlicuuf' remcrtl voire altonlion sur la façon singulière donl se limiL* par en bas, celle plaque anesthésique. Vous voyez que k lin.déterminée par des piqûres successives et 1res rapprochéte tr&s nellement circulaire; elle limite un plan horizontal kil perpendiculaire à l'axe du membre, situé à deux t^ave^à doigt environ au-dessus du pli du coude en avant et pii.'C! eo arriûre au-dessus de l'eilrémitô supérieure de l'olécrarie'. Tel est 11! territoire d'anesthésie qui répond à la paraljà isolée de l'épaule. Nous allons voir les choses se modifier, à. par le même procédé de suggestion que nous avoDS empli à l'instant, nous déterminons maintenant la paralysie oe mouvemeats de l'arliculalion du coudR. A.u5sîtâl que. poc celle jointure, l'impuissance motrice est devenue comiilt- TOUS voyez que lu zone d'anesthésie s'esl immédialeu;'' étendue par en bas ; elle occupe acluellemcnt non seulemtii l'épaule et le bras, mais encore le coude et l'avant-bras mite inférieure est consliluée par une ligne circulaire horiiuttale, située à environ deux travers de doigt au-dessus du p gnet et déterminant celle fois encore, remarquez-le bifi, un plan perpendiculaire au grand a\e du membre {fig. 63, £,«■}.
Passons à un autre segment, celui du poignet. Là eocore.i la suilo d'une nouvelle suggestion analogue aux précédentes, la paralysie ne se fait pas attendre, si bien qu'en ce momeoi le sujet ne peut plus mouvoir ni son ép^iule, ni son coude. o enfin son poignet : seuls les doigts de la main se meuvent !;bremeiit. Eu conséquence, la limite inférieure de la zonedV neslhésie se trouve déplai-ée une fois de plus {fiy. 64 el fiS. C, C). Vous pouvez constater avec moi qu'elle est mainteDai:''