LESIONS DU COLON, ETC
Ouve un développement de quelques follicules isolés, dont le Oiu est blanc ; et çà et là, on voit, à travers la muqueuse,
^Ucs taches violacées. Nulle autre altération de celte meme. Dans Viléon, les plaques de Peyer sont blanchâtres, mais hypertrophiées. Quelques follicules clos développés ; quel- ^^% taches noirâtres visibles à travers la muqueuse, qui n'est *^^ autrement altérée.
Colon. — Dans le colon ascendant, teinte rougeâlre de la mu- ^^^use; beaucoup de follicules saillants, mais aucune altération ^' la muqueuse. Le colon transverse et le descendant, bien iU'ayant une teinte pâle, offrent des altérations remarquables de ^ muqueuse. GelJe-ci a été enlevée par places comme par Tem- ÏH^rle-pièce, laissant à nu la tunique celluleuse ; et c'est bien la Muqueuse qui a disparu, car les parties qui en restent sont très ^"econnaissables à la loupe, parla présence des follicules liberku- Hiens qui les caractérisent analomiquemént. C'est surtout au tliveau du rectum que cette altération est prononcée. Les matières Contenues dans ce colon sont une espèce de glaire, contenant çà et là du muco-pus plus ou moins strié de sang.
La plupart des grandes articulations ont été ouvertes ; on n'y a absolument rien rencontré. Les narines et la bouche n'ont rien produit non plus à noter. Plusieurs veines prises au hasard (veines des membres inférieurs et supérieurs, veine cave) ont été ouvertes dans la plus grande partie de leur étendue ; elles ne présentaient pas d'altération.
Les dépôts plastiques que nous avons notés dans plusieurs viscères rappellent par leur aspect ceux qu'on rencontre dans certaines maladies générales, en particulier dans la morve, la syphilis. L'auréole violacée qui les environne dans le rein est analogue à celle qu'on rencontre dans les véritables abcès multiples de la résorption purulente. Mais est-ce bien à du pus infîltré dans la trame des tissus qu'on avait affaire dans le cas qui fait le sujet de cet article? C'est ce que Texamen microscopique seul pouvait décider. Or, au microscope, les dépôts plastiques du rein et de la rate ont paru composés d'une matière amorphe contenant une foule de granulations élémentaires et de globules ar-
QQU NOUVELLE OBSERVAHON
rofidii el composes de beaucoup de granulations, mais n'aj nu de conlnars bien nMii, analogues en tout à ceux qu'on ad méé, AoDB cet dcriuor« temps, sous le nom de globules pyoidt n'y avait (tu de véritables globules purulents.
Ce fait nous en rappelle un autre analogue, sous beauc de rapporU, que nous avons observé, il y a deux ans, dan service de U. Béhier, h l'hàpilal de Don-Secours.
Une vicill" "^bi fTonnièrc, Agée de 70 ans, dans un élat de i Kreur extri^me, pr^ientant une teinte jaun&tre de la peau trè^' u<>»t:^e, n'offrait do remarquable â l'examen clinique qu'une i meatntiiia de vuluroe énorme, il est vrai, de lu raie et du fait: U supposait affectée d'une altération cancéreuse de ces d ur^anea. Elle Était sourde; son intelligence paraissait altérée, n« pouvait, cil un root, donner aucun renseignement s;jr son nut'irieur. De temps h autre, elle avait des syncope*, et c'est ] dant une de cea syncopes qu'elle mourut.
\ l'aulaptie, le fait parait, à ta coupe, semé d'une vingUin p(iinl« noirMrcA non ^nucléables, gros comme des noisettes ti'-iti .!■: la ralf. dur. frijtlili-, d'iioc teinte rouge sombre, esl r bré de grandes taches verdâlres, dont quelques-unes parais contenir à leur centre du pus rassemblé en foyer. Quelques ; •/lions mt'sentériijues sont développés, et il en est qui rouli'.nt au centre des dépôts analogues à ceux qui avaient eu- runcuii dans la rate et dans le foie. La veine porte et les brancliei |' cipales, la veine cave, ne contenaient pas de pus. L'examen croscopique des dépôts du foie y a démontré l'existence Je; bules analognes a ceux du pus par quel^jues-unsde leur «i tères, mais en différant, sous beaucoup d'autres (pyoide?).
Ces deux cas nous paraissent appartenir il un nit groupe pathologique. La multiplicité des dépôts plasliqi dans plusieurs viscères, le foie, la rate, les reins, rappel ce qu'où voit dans la morve, l'infection purulenlo, elc, M
INFARCTUS MULTirLES 609
dins les cas qui nous occupent, ce n'est pâs du pus véritable fd constituait la matière des dépôts observés dans les viscèresy mais bien un produit tout particulier que nous désignerons, faute de mieux, sous le nom de substance plastique wncritej contenant des globules pyoîdes.
Noos avons pensé que nos observations, tout incomplètes qu'elles sont^ pourraient acquérir une certaine utilité, si d'autres cas analogues venaient à se présenter par la suite, et les ïeodraient, pour ainsi dire, moins inattendues.
Ceabcot. Œuvres complètes, t. v. Poumons et Cœur» 39
Oangrtno da pied et de la jambe gauches. — DépoU flbrineux multiples dans les reins, la rate, le foie. — Engorgements hdmoptoïques dans les deux pou- ' mons ' .
OvsKRVATioN. — La uuinni^e Pronientin (Marie). Agée de 86ani, ■atrefoif jarilînièn), fst enlrèe à l'hospice de la SalpHrière. le 17 d6^(^mbrc Ifllî. Ell« Bit admise n rinfirmerie, le SSnovfmbre IRAi. «Tvice-te M. CAZuutt.
3Qnoi>eaibre 1853. — Cfitc malade, vu l'alTaiRSeTnrDt desflfi intellij^cfl ne peut nnaa donner aucun renseignement sur le débul de M mnladie arlurll'*. Dès suit entrée A riiiGrinerie, elle se pUint lie iloiileurs vives avec f'^ormillements dan* le^ iJeiiv membre* inrérîeurs, surtout dans le gauche qui présente déjà une diminution de chaleur trèii notable, où elle éprouve une sen^lion Irèj pénible de Troid. Cependant, le Benlîuienl perî'iâle dans ces deux membres; la malade ne peut les mouvoir sans y éprouverune vive douleur, on n'y observe pas dœdOme, pas de chaiigeme"! de couleur des téguments. L'examen physique des divers or^'anes n'y fait recoimalire aucune lésion importante. Le cœur seul parail volumirieuiL ; on y entend un double bruit de souffle asseï doux, dont le maximum -iè]se vers la pointe et qui ne se prolonge p&» dan? les vaisseaux du cou. Les batlemenis y sont inlermiltenlS: très irréculiers. l-* choc peu énergique. Le pouls radial estlrè* irr^irulicr, el présente des intertnillences nombreuses. Les de"* artères fémorales, examinées dans l'espace inguinal, parnisse"'
• E\lrsit iSet ilfm. delà Sm. de Biol., lg53, p. 313.
volumineuses, mais ne semblent pas ossifiées. La température du corps est assez élevée; il n'y a pas eu, assure-t-on, de frissons, pas de douleurs à la pression ou à la percussion, le long de la colonne vertébrale.
Le 5 décembre, les douleurs dans les deux membres infiTieurs f t spécialement dans le gauche sont devenues progressivement extrêmement vives. Elles sont à peu près continues, maison observe qu'elles présentent vers six heures du soir, une exacerbation très manifeste.
La peau du tronc devient plus chaude, le pouls est plus irrégulier encore que par le pas^;é. Il se manifeste un peu de délire et l'étal adynamique se prononce. Le membre inférieur gauche a une température très basse; il prend une coloration bleuâtre, surtout sensible sur le dos du pied, mais qui gagne, dans Tespace de deux ou trois jours, toute l'étendue des deux tiers inférieurs de la jambe; on y observe en même lemps un peu d'empAlement, qui conserve à peine Timpression du doigt.
Les baltements de l'artère crurale gauche sont devenus moins sensibles que ceux de Tarière correspondanle du cAté droil, lesquels ont cependant aussi un peu diminué d'intensité. Une tache violacée apparaît, vers la même époque, au niveau de la malléole interne du pied droit. On ne peut toucher la jambe gauche sans que la malade pousse des cris violents; elle ne peut elle-même la remuer. Quand on pince la peau de ce membre, la douleur accu* séeparla malade parait très vive, plus vive même «pie par lo passé. Insomnie et délire continus.
Le iSt décembre^ le dos du pied gauche a une coloration unift^rme violet foncé, parsemé çà et là de macules d'un rouge vif. Coite teinte violette se limite du côté des orteils et du côté de la cuisse par un bord sinueux, mais nettement tranché. Le membre, qu'on n*a cessé, depuis Tapparilion de la gangrène, de recouvrir de compresses trempées dans le vin aromatique, et qu'on a conti nuellement mis en contact avec des vases remplis d*eau tiède, m* présente pas une température inférieure à celle du corps. La malade ne cesse de s'agiter et de pousser des cris, surtout vers le soir, tant est vive ladouleur. Ledélire continue (potion, depuis le 5 d« -
Olî ifcSlO!!» Dl' C(EUR ET DE LAOUrt'
rembre; d? 1 à 3 pilules d'extrait (t'opiiim, de 0.03 cliuquft ionr). .
n y aloojotirs de la chaleur île 1» )ieaii, une iiitefmiLlence Ir4| proaoïK^e art lullemenU rln ciEur et du pouls; pas de frissoM pM de déTiûemciit. l.a laogu? est sèche et recouverte d'un endnâ^ ftatijimm». L'artén! crurale giuche ne prësenle pins que de? bal* lemmU très raiUes.
Le ISrf^coKirv, leâ douleurs dans les membres iiphaci^lm oM BuiliMleinMit tliminut!. Les pupilles sont très conlracliles. ta conjuaciivrs très injeclôes. — Mort, le 17 décembre, à une hem de raprn-iuidi.
AinorsiE. — (trgoHts crrculutoires. — Le rœiir est très voluntt- OMx. Le ventricule droit est distendu par une grande quantité itl muf noir, oimttie puiïseux. A demi-cnagulé. Se» purnisonl uM épawMur Donnale. Les valralcs sont en bon état. Le coeur gaudtl e*i manifeslerneot hypertrophié : les parois sont très épaissei, U cavité ronlieat un jicu de sang noir à peine coagulé. Les valvulei initrakBsoot légérament opaques; elles ne sont pas insufllsaiilK Im Tairai» sigmoides de t'aorle contiennent quelques conctH tiom calcaires. '
La rrojjf lie laortt présente ausiH (pielques incriislalii((is. L'uw" Htscendatut ihoratûjut, à part quelques plaques alhéromalcuses, Cst, dans toute i^on étendue, saine. L'aorte abdominale, un peu avant sa bifurcation, dans l'étendue d'un décimètre, est Iraiiîformée en un tube résistant, osseux, mon il i forme; sa cavité ne contient pa-'^ de caillots. Les artères iliaques primitives ne contiennenl pas de caillots, elles ne sont pas ossifiées ; leurs parois sont simplement blanches. o|iaques, épaissies. L'arlère crurale gaitcht eKimême est libre dans l'étendue de 4 centimètres au-dessus de l'arcade crurale. Plus l>as, celle artère, dont les parois sont simplement épa ssies et opaques, est remplie par un caillot noir, moyennement résistant, et adhérant à peine à la membrane interne- 1"' pn'-ente une couleur violacée, mais qui est peu friable.
L artère libiale gauche, dans ses deux tiers supérieurs, présenlf le volume dune plume à écrire d'assez fort calibre ; plus bas, eli^ dimiuue brusquement de volume, et devient tout à coup moili'^
DÉPÔTS FIBRINEUX MULTIPLES 613
^ grosse. Dans sa partie supérieure, celle arlère est remplie
illots d*une coloralion rosée, consistants et adhérant assez
-"ement aux parois de lartère, qui paratt fortement distendue.
ertains points, Tadhérence du caillot est telle qu'il est difficile
'^ détacher. La membrane interne de Tarière présente une
- e rouge foncée, et dans les points où les caillots sont adhé-
9, on aperçoit^ par transparence, des plaques blanchâtres qui
basent sous-jacentes, mais pas de véritables plaques calcaires.
dleurs, la membrane interne est friable, mais elle n*est ni ul-
ée, ni même érodée> Les autres membranes artérielles sont im-
éesde sang et friables, mais pas autrement altérées. Plus bas,
.08 la portion de l'artère qui a conservé son calibre, on rencon-
i un caillot noir, peu consistant, et n'adhérant nullement aux
^*rois artérielles. — Les artères tibiale posténeure et péronière
ésentent des altérations analogues.
Les grosses veines du membre sphacélé, la veine fémorale ellelémeet les veines d'un calibre moyen, sont fortement distendues ar du sang noir à demi-coagulé.
Toutes les parties du membre inférieur qui correspondent aux
joints où il existe une coloration violacée ecchymotique, sont in-
iltrées par une sorte de sanie brunâtre, qui s*écoule quand on les
divise. Les muscles, en particulier, ont une teinte pâle et leur tissu
est ramolli.
Vartère amrale du côté droit est remplie par un caillot analogue à celui qu'on rencontre dans l'artère correspondante du ^té gauche.
Les poumons sont congestionnés; ils renferment çà et là, surtout au voisinage de leurs bords antérieurs, des noyaux durs, du volume d'un œuf de pigeon, d'une coloration noire foncée, d'une structure granuleuse dont les bords sont bien arrêtés (apoplexie pulmonaire,)
Ldi rate est très épaisse; elle présente 10 centimètres dans son petit diamètre. Son tissu s'écrase facilement par la compression, et laisse alors s'écouler une boue d'un brun noirâtre. Cet organe présente, vers son bord supérieur un noyau d'une coloration rougeAtre, de 2 centimètres de diamètre environ dans tous les sens,
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iitiil {>«• (le globules iMnicMe».T<iaia
un même individu avec des foyers hêmonagiques àous-séreux« sous-muqueux, etc. Dans ce dernier cas, quelques-uns de ces noyaux s'étaient ramollis à leur centre, transformé dès lors en une masse demi-liquide, d'une consistance comme crémeuse et d'une couleur jaune- verdàtre. On eut pu croire qull s'agissait de foyers purulents multiplies, si Ton se fut contenté d'un examen superficiel. L'examen microscopique est venu démontrer que la matière liquide n'était pas formée de pus, mais bien de fibrine désagrégée et de globules que nous désignions alors sous le nom de globules pyoîdes, mais qui, suivant toute probabilité, n'étaient autres que des globules blancs du sang. 11 parait que ces globules résblent beaucoup plus longtemps à la destruction qui s'empare tôt ou tard des éléments du sang sortis des vaisseaux, que ne le font les globules rouges.
Dans l'observation que nous rapportions en 1851, et que nous rappelons ici, le malade, atteint de rhumatisme arliculaire aigtiy avait succombé à la suite d'une affection cérébrale à marche aiguS, et caractérisée surtout par du subdélirium suivi de coma, et une paralysie bien marquée de tout le côté gauche du corps. On trouva, lors de la nécroscopie, outre les dépôts fibrineux viscéraux multiples et de nombreux caillots hémorragiques, un ramollissement de la substance cérébrale au voisinage des couches optiques et du corps strié du côlé droit, et dans le cœur des végétations fibrineuses, siégeant sur les valvules mitrales, qui étaient, d'ailleurs, comme ulcérées à leur bord libre. A cette époque, les accidents qui ont déterminé la mort de ce malade étaient pour nous inexplicables. Nous penchions à croire qu'on pouvait comparer les affections locales qui ont été trouvées à l'autopsie à celles qui se rencontrent chez les sujets qui succombent à lu morve aiguû, & riufeclion purulente, et à d'autres maladies dites générales. Les observations qui ont quelques rapports analogues à la note publiée,
(ÎI6 EMBOLIES ARTtniELLES ET CAPILLAIRES
ii y a longtemps, par M. Legroux, .Vllibert el Duplay', auraieo pu alors Dous servir de terme de comparaison ; mais il n'j éUi pas fait mcDlion des dépdts fibrineu\ multiples qui liiaiea surtout notre attention. D'intéressants travaux qu'on doilÀ de médecins étrangers et dont les plus importants sont, sansooo tredit, ceux du proF. Virchott' et du docteur Senhou^e Kir kes^ sont venus, dans ces derniers temps, jeter déûnitivemei quelque lumière sur ce genre d'afl'ection, qu'il n'est fans doul pas très rare de rencontrer dans la pratique.
Ces travaux tendent à faire admettre que des parcelles d matière athéromateuse, des fragments de plaques osseusf artérielles ou de végétations valvulaires désagrégées, peuvei se détacher, sous l'inOuence de causes oiécaniques ou autres être entraînés au loin par le courant sanguin, s'airèler, par suite dans les vaisseaux trop Étroits pour leur donner passagt les obturer plus ou moins complètement et déterminer aio* suivant le lieu où ils se lUent, la production de dépôts fibr neux viscéraux multiples, de gangrènes des organes profom ou des membres, de certaines espèces de ramollissemeotcén bral, elc. Cette théorie est fort ingénieuse, elle peut rendi