‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 5)Chapitre 12 sur 121 · lluliJ. — Tuberkulo*f utid Sfliwindiiicht. Mum^hrn, M · texte numérisé non relu

lluliJ. — Tuberkulo*f utid Sfliwindiiicht. Mum^hrn, M

CuAHCOT. CEuvres cumptËIeg, t. v, Poumuni. Eî

w6 rMuMâKOKOmom

Il existe, en cKTol. c)i>-z Thninine, tout un groupe i'tStt' lions pulinoiiairM 4lu>i);né««. ilL-puiit les travaux do M. Ztàker, sous le nom de pHfumoHukonioses {-^ xmic, poiusière), \» quelle» sont provO([u&ei pur l'iullucncc de c«Ue môme cwme. C'esl là un groupo qui, Urit s'en rmit. n'est pas «ItVuuc d'intérêt pratique et sur l(-i]u<'i nnus dovron*. quelque jour. t\n votre attention. Pour le inoment, jfl veut me contenter d« di^ tacher de Thisloire de^ pneuriioii 'ti>tiîoses un épisode qui^ ir prendrai dans le domJÎtie ttxpéri entnl. Il s'a^^t de quelnoet expériences entreprises dan» mon Inboratoire uir le oocbu d'Inde. La tôle de» ;iniinuH\ l'*i plongéo dans un sac wapfi (lu poudre d'oxyde rouge di> fer; le cidict du sac e$t fixé biei entendu, à l'aide d'un lien autour de leur cou ; — un Je« lùl agiter à chaque instant le sac en question, et la pous!>ièrp qnf celui-ci contient se mêle. nèce«giiirem<!nt, à l'air qu'ils ai^ rent. L'animal est délivré spulemenl Ji Ihouro des repa$ H pendant la nuit. Notre but. dans ces cxpL-rietice», ■ éià de » produire chez l'animal la tirme de pneunxmokonioseg qu'.» désigne chez l'iionnuie sous le nom de stitcrose, et qui se pti>duit. comme Ta Tiil voir M. Zcnki'r. dans la pratique de ttttaini'< professions.

Le» résultaU que nous avons obtenus ont été salisluistnu. Voici l'indication de qu<.-1i}UL>s-uns d'entre eus. Je ferai obitraction, pour le mora-'nl, des phénomènes cliniques qui. cependant, ne sont pas sans intérêt '.

Nousavons reconnu que les particule» métallique» trèsBne de la poudre d'oxyde de Ter pénétraient, dani cei condition. jusqu'au fond des voies respiratoires, c'est-à-dire dans tes eonduiis respirateurs eux-mêmes où il est fiicite d'en démontrer la présence dès le 15" jour de l'expérience.

Un second résultat est que les particules métalliques ajèseol

■ Ces exfHrrion.:e«i onl élé failo^ nvc- la collfll^ralion J« M. «obU]o,j. «*.

pneumonie: épituéliale 67

primilivement dans la substance des cellules de Tendolbélium pulmonaire. Colles de ces cellules qui renferment ces particules sont volumineuses, gonflées, tantôt détachées de la paroi alvéolaire, tantôt encore adhérentes.

Jamais les particules ne s'arrêtent en chemin, dans un point quelconque des voies bronchiques qu'elles ont dû parcourir, cependant, dans toute leur étendue.

Il résulte de nos expériences que la matière étrangère se localise toujours, çà et là, dans certains groupes d'acini voisins les uns des autres, c'est-ù-dire sous la forme iobulaire, et non pas d'une façon diffuse. Sur ces points, par suite de Taccumulalion dans les cavités alvéolaires de cellules épilhéliales gonflées et aussi en conséquence de Tépaississement des parois de l'alvéole, il se forme des petits noyaux d'induration lobulaire qui, à l'état frais, se distinguent, sur une surface de section éclairée par la lumière réfléchie, par une coloration d'un rouge ocreux, circonstance qui, soit dit en passant, rappelle les caractères microscopiques des foyers de sidérose pulmonaire chez l'homme.

Enfin, nos expériences nous ont mis à même d'étudier les diverses phases de la pneumonie épithéitale, considérée dans toute sa pureté, c'est-à-dire dégagée de l'immixtion de produits d'exsudation. C'est qu'en effet l'irritation produite sur le revêlement cellulaire des canalicules respiratoires par la présence dans ces cavités, des particules métalliques, ne reste pas limitée à celles des cellules où les particules se sont fixées. Elle se propage et s'étend aux cellules voisines, et l'on peut reconnaître là toute la série des modifications successives sur lesquelles j'ai déjà insisté, à savoir: gonflement de la cellule dont les limites deviennent accentuées, précises, au point de dessiner, sans autre préparation, le cloisonnement de ce revêtement endotbélial; scission du noyau, scission de la cellule ;

68 r^vvKOsiK firrnitu«ui

furmalion de plaqiii'f h noyant ou cellules gèBnle*. Je r^ teraj que, dans cet! I- riirm>> de pneumnnie épïlb^lîale chnwique primitive, les divi^r^ev plu'^es du processus de scisMtis tf de prolifération tt irouvrnl dt>ifS;iép< de toute înterveaân,^ même accessoire, tifs ph^nomfrnfi* d'eifiidalion.

Lorsque l'animal » iiS •acriQù rnvtnm deui mois xprtili,' début de l'expérieDi c-, on roronnall que le« aliréoleA dootk cavité est déjA rétiVrn' \':\r Vt^^nï is^^nicul de leurs pareil, «i trouvent lïtléralerottil rnml>l<s f^nr cprtnin* point*, narl'MXimutation de celluli'n ^ountcâ i^t (Ic»'(iiiim^c5, i>t telle eMli raison de rexistenit lii- ces pi-til* n.ij.iui d'induration diiBli a été question tout U l'iieure.

Nous abandonnons 1.^ ie rompif rendu de oos expérieocn. car nuire but a été ïurluiit, quant ft présent, de vous priatJtter un exemple de jini>(imnnie épitholiak ou de«quaraaljve ei dehors dt; toute complication. J'ajouterai seulement que. nta dans les expérience.'! pntlongées jusqu'au deuxitme mnU. jf mais, sur aucun pi^iiil, nous n'avon<; vu les éléments ceUulaim proliférùs siihir une métamorphose casécuse; et, cepeadw remarqueï-le bi.'n, il ji'iif^il du cochon d'Inde, cet animal émnemnient propre à subir les lé.sion» de rinflammalion »s4mh. sous riijfluc[ice do l'iictioii des agents les plus divers, éi causes les plus ban^ileg.

J'en ai dit assez, je croi», pour justifier l'une des propoîisitions que jéniettuis au début de celle leçon, à savoir quelw altérations de l'épiihiilinni pulmonaire prennent une Inrire vu"dans la production de certaines lésions innrimmatoirc't du mrenchyrnc pulmonaire el que, dans ces circonstance;, le» criliîles épiihélialesseciMii[iiirk'nt h la manière descndoth61itimsf> me reste à Taire voir ni;iinieniinl que, sous l'influence de cuno pathologiques autre> que celles que nuus avons invoquée* ni-

CANCB» MLXOÏDE ; PSEL'MONIIl nDROIDE G9

qu'ici, ce revéLement cellulaire peul prendi'e les caractères morphologiques et aussi les propriétés de l'épilhélium proprement dit. La cellule plate qui, chez l'adulte à l'élat normal, tBpisse la paroi interne du canallcule respiratoire, se trouve alors remplacée par un épiihéliiim cylindrique ou encore par un épithélium formé de cellules moHes cuboïdes, dispositions qui reproduisent, on le voit, les caractères de l'état fœtal.

A l'appui de ce que j'avance, je citerai d'abord pour exemple certains cas de cancer du poumon chez l'iiomme, bien étudiées par M. Malassez', sous le nom de c«7icer mucoxile.

Le slroma de ce cancer est conslitué, ainsi que cela se voit du reste, pour d'autres formes du cancer du poumon, — par la paroi alvéolaire elle-même, non manifeslement altérée et présentant encore en tout cas, parfaitemeut caractérisée, sa charpente de fibres élastiques. Ces parois paraissent tapissées par un revêtement continu de cellules qui remplace le revêtement normal et qui, sur certains points, affectent la forme cuboïJe tandis que, sur d'autres points, elles sont littéralement cylindriques. — Tantôt il n'y a qu'un seul rang de cclluleit, lantAtil y en a plusieurs. Ces dispositions variées peuvent se rencontrer sur divers points de la surface d'un même alvéole.

En dehors du cancer nous citerons, encore à litre d'exemple, le cas beaucoup plus vulgaire des diverses broncho-pneumonies subaiguës et chroniques.

C'est ainsi que M. Thaon, dans la pneumonie fibroide des tubercuiçtix, g, îa.il voir que les parois alvéolaires épaissies — par suite de leur transformation en tissu embryonnaire ou même fibreux — sont tapissées par uq revêtement en colle-

Iretle de cellules cuboïdes, qui remplacent l'épithéliura plat. ' AnAivetde Pliijsioloyir, 1876, p. 3â:i.

70 r.AUMMTIi'K W hOCMOS

Au cenlre de In ravité nlvéolDÎre ee (rouvent habiluelletool des amas de ctOlulcs ApiihëlUte* ovbldet d««]u«méH, d«^ niers vestiges dp l'ancifo reïélciDcnl'.

Dansi les peliu ii'w.-iti\ dn pneumonie lobulalre subaiçrf ou chronique, qui k- rt^n contre rit fri^quemtnenl cbei le nouveau-Dés sy|>hllitir|iie^, on obsenf , bîdm qae l'ooL fait >oir MM. Cornil et Rarivi.>r {Fi'j 88) ', absolument 1b même diîi»)*;tion.

Sous le nom de rfiruimthn, Legcudre {Matadiet d* Cenfance, 1846, p. 22;t) a parfalk-ment dêrril une altération du poumon qui, ainni qim j'nuraï l'orcat^ion de vous le ddmonlrer, rcprésf^nte It l'élal suhaigu ou chronique la broncbD-pneumooîe aigiiii simple. Celle altératiun me «semble 6(re beaucoup plus fréquente que les auteurs ne paraissenl l'admettre; j"ai eu,

■ Tliaon. — Rtfherckti ntiatomo-palhol'i'iiifw lur In lubrrtulat* Ptftt.

1873, ' Cornil el Itanvipr. — ilanuH a lustoio^/ie /■.iiiiuio'jiiut.

CAliNJSATION DU POUMON 71

en effet, roccasion de Tétudier celte année sur une assez grande échelle, grâce à Tenvoi qui m'a élé fait obligeamment par mon collègue, M. le professeur Parrot, des pièces provenant de rhospice des Enfants-Trouvés. On Tobserve communément, surlout chez les très jeunes enfants, où elle se développe en conséquence de la rougeole, de la coqueluche, ou même d'une broncho-pneumonie vulgaire. Il s'agit là d'une forme pseudolobaire de la broncho-pneumonie ; c'est dire que la lésion occupe la majeure partie d'un lobe, l'inférieur surtout, dans sa parlie postérieure. Le tissu du poumon sur les points altérés offre, dans les cas avancés, suivant la remarque de Legendre, à peu près la coloration et la consistance du tissu du cœur ou de Tulérus gravide.

La surface de section est généralement uniforme, lisse, non granuleuse, à peu près sèche ou laissant écouler à peine une petite quantité d'un liquide clair. Elle paraît habituellement, quand on l'examine avec attention, marbrée sur certains points, par suite de la présence d'acini ou de groupes d'acini qui offrent encore des altérations de la forme aiguë ; il s'y dessine souvent des cloisons résultant de l'épaississemenl des Iractus conjonctifs interlobulaireç. La partie indurée est privée de crépitation ; elle s'insuffle quelquefois, mais toujours d'une façon très incomplète. La péri-bronchite et la dilatation des hronches sont des accompagnements fréquents de ce genre d'altération. C'est là une des formes delà cirrhose du poumon, l)ien distincte, ainsi qne je le montrerai en temps et lieu, de la pneumonie fibroïde consécutive à la pneumonie lobaire prolongée.

Or, Messieurs, le grand caractère histologique dans la forme d'altération dont je viens de vous rappeler les principaux traits microscopiques, c'est la combinaison de Tépaississement des parois alvéolaires, lesquelles ont subi la métamorphose embryonnaire, avec l'existence d'un revêlement épithélial formé

~i cabmkatioh bv rovaox

lion plus de cellules plalRH maU bien de c«llale» cubolde Tout cela peut enîslor H o\i«le babituellemenl, c'esl là ui qu'il importe de relever, sans ({ii'il ? ail dans aucun polo poumons la moindre irace de d^géuértlioo cosAdusc. de dules tuberculeux.

N'est-il pas iiit6r<-»^iiil de vuir dans cette forme subugu chronique de la hroucho-pariimoiiie les parois de l'oli pulmonaire — quiilun» le déveluppemenl embryonnaire i sent du mésoblaste — reprendre li- caractère embryonnaire même temps que le re\Ciomeiit éptlbéliai — htu de l'Ai blasfe — repreud lui au!i:>i la forme qu'il présentait daus l in Ira- utérine.

Cette circonstance, remarquable dans l'iiisloire de la b cho-pneumonie clironique, vous paraîtra sans doulit en plus digne d'intérêt lursquu je vouâ aurai Tait ronur qu'elle se reproduit ab«olum<-nt avec les méine« caracU dans qui;lques variétés d'îuflammation iiitcr^tJUelIc, ou cirrhose s'attaquent h d'aulrt's viscères quci le poumon.

Il s'agirait doni; !i"i, vuus le voyi'ï, non pa» d'un Titil pa propre au poumon, mais d'un fuit général commun à tou groupe de cirrhoses viscvrata.

Je vous demande la penui^ssion, la chose en vaut la pf d'entrer dans quelques dcviiloppements pour établir la pr sition que je viens de formuler. C'est ce que j'essaiera faire dan^ la prochaine kçon.

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