‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 5)Chapitre 21 sur 121 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le petit nombre de travaux qui ont été écrits sur la pneumonie chronique semble témoigner déjà des difficultés du sujet. Il s'agit, en effet, de décrire une maladie rare, et dont Laennec avait pu même contester Texistence. Aujourd'hui, après les travaux deMM. Andral, Chôme), Grisolle, Requin, Raymond et quelques autres, personne ne saurait nier qu'il existe une espèce particulière d'inflammation parenchymateuse du poumon, caractérisée anatomiquementpar diverses variétés d'induration pulmonaire, et représentant à l'état chronique la forme aigu6 de la pneumonie lobaire dégagée de toute complication. Mais il est certainement peu de médecins qui aient eu Toccasion de vérifier, soit au lit du malade, soit à l'amphithéâtre, les descriptions produites par les auteurs que nous venons de citer. Ces descriptions, d'ailleurs, ont presque toujours été présentées avec réserve. Ainsi, Chomel avouait n'avoir pu réunir et comparer que huit cas, lorsqu'il composa son article Pneumonie chronique pour la 2' édition du Dictionnaire de Médecine en 23 volumes. M. le professeur Grisolle n'avait pu suivre qu'une seule fois l'évolution de la maladie au moment

118 Dt: LA rKetlHOSIE CllltONIOVK

oîi il publia son Traité île la Pneumonie, Depuis ce leoips. 1» raaiériiiiix ne w sont guère mu)ti|»li£8; et l'on réntiirail dilBcilemptit aujourd'hui, jfl crois, en compulsant le? divers wcueils oii les trailô* ex profes.m, plus de dix ou doiiie nbe^T^ tiontf de pnuumouie i-hronîqiie lubuirc siin|ile, douées de louia [es garanlies qu'on est en droit d'émiser. Le nombre des Eùu publiés comme (;x(Miiples de piioumoiiie rbronïque e»l b^ni' coup plus considt^rnble sans duiile; maïs en y regardaiildt prô», on ne lardepasd reconiiattre que, pour la plupart, ilsi» snnt point relatifs k i;elle maladie. La plus sou%'(miI, en tSti. il s'agit Al', cas oîi iine induration, sans caractôrD inflamtuiilnt» ap|ir<)ciab1e, per^ii^Lutl & la suile d'une pnciinianie aigu6 drpiûi liinglenipa gnèrie. IVaulres fuis, ce sont dus exemples de «s pni!U[ii()iiics aigiifis h Icnle évolution dont on a pu dire iia'db îonl aiguPs par les symplftmcs, et cbrouiques par la dur^- Or, cps faits doivent, ce nous semble, fiire distraits de la piioumonie chronique proprement dite, et étudiés ô part, si I'phW veuL pas voir s'introduire lu plus grande cunrusioD dans l'bisloire ilfjfi si difficile de celle maladie.

Ayant h traiter un sujet encore h l'élude, nous noua somrnN tpniivfts bi^iii-eux fin noiivoir AInvrr nm dp^prîtitînn- a. •-»:.

introduction; bibliograpuik 119

gangreneux, des corps étrangers introduits dans les voies respiratoires peuvent, par exemple, dans certains cas être le point de départ d'un travail de phlegmasie chronique. Mais ici encore les faits manquent, ou en tout cas ne fournissent pas matière à de grands développements; nous avons cependant dit quelques mots de ces diverses Variétés de la pneumonie chronique dans un article accessoire où. nous étudions aussi, fort brièvement, quelques affections du poumon qui ont été plusieurs fois considérées comme étant d origine et de nature inflammatoire.

Un historique en règle des diverses vicissitudes qu'ont subies les questions relatives à la pneumonie chronique, offrirait peu d'intérêt, et nous n'aurions pu d'ailleurs que répéter ici mot pour mot ce qu'a dit à ce sujet M. Raymond, dans sa dissertation inaugurale; pour ce qui concerne la bibliographie, nous nous bornerons à indiquer, chemin faisant, les sources *

« Voici d'ailleurs un aperçu historique et bibliographique: Morgagni, Lettres 19, 5, 7. — Avenbrugger et Corvisart, Nouvelle mé~ tho'ie, etc. (Sfjuirrlif» du poumon ^ Vomique icfwreuse)^ 1818, p. 2-^. — Racine, th(«se de Paris, in-S», an XI. — Broussais, Phleymas, chron.^ t. J, p. 2' 9. — Rayle, De la fihUiiste, Paris, 1810. (Obs. 4»^?). Voir aussi page 25î (27«obs., Poumons indwéH^ rxcavafions, i>as de traces de luhercules), — Letenneur, thèse de Paris, 1811. — Bazière, thèse de Paris, 1815. — Chaix, thèse de Paris, 1819. Pinelet Bricheteau, Ihct. des sciences mé'iicale>', i820. — Laënnec, Ansrult., 2*» édit., 18>6. — Chomel, Dict, en 2! vol. — Bouillaud. Dict. de niéd, et de chtr, — Andral, Auat, Patholofj.^ t. IJI, p. f>16. Clin, méd , t. III, p. 462 (obs. 64, p. 446). — Lebert, Journ. des conn, médico-chirur., mai 1840.

— Grisolle, Traité de la pneumonie^ 184», p. 1^ (Sur l'anat. patliol , p. 348; Sur la sytufjtôm.^ obs. de Requin). — Ilaymond, thèse de Paris, 1842, obs. 3 cl 4 ; les obs. 1 et 2 douteuses. — Chomel, tnct., en 23 vol., 18i2 {Nos( gra/ hie de In pnfumoni'* chronique fondée sur huit faits, 184 S). Corbin (d'Orléans), Gaz, tnéd'c, p. 806, 4 obs. ? — Rat, thèse de Paris, 1845, n-» ri4.

— Rayer, Gaz. mé^l., 1846 (obs. 1, p. 993). — Requin, Traité de j.ath, tnéd.^ 1846, t. JI, p. 165 (1 obs.) — Lacour, thèse de l'aris. 1847 (pas d'obs.) — Macquet, Société auatomiq.^ 1847, p. 2. 8. — Hardy et Béhier. Traité de patk. int., 1850, t. JJ, p. 041 (3lention de plusieurs obs. : Ahcès, Of>serv, t/e Monnei-et, Analyse microscopique^ par Robin), 1851. — Pophara, Gaz, wéd.^ IHfil (l obs. ? p. 6To.) — Bricheteau, Traité des walad. chronique^, 18^1, ttc, p. :<37. — Durand-Fardel, Mal, f/es vieillards, 185», p. 5 3 (9 obs ,6 un nioiiii* douteuses). — Dupré, Gaz. médic, janv. fév. 185? {Diognosttc). R/iiiiibt;i'l, Gaz. hebdom, 1856, page 655, 2 observations? — Cotton, Gaz, heljdot/md.,

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