‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 5)Chapitre 53 sur 121 · CELLULE GÉANTE · texte numérisé non relu

CELLULE GÉANTE

nents qui le composent autour d*un centre ; 2Tabsence de raisseaux ; 3* la tendance à la vitrification ou caséificalion de a partie centrale; 4*" Texistence très fréquente, au centre, du lodule de la cellule géante.

La nature de cette cellule géante est un point encore à 'étude. De nombreux travaux faits dans ces derniers temps, 3n Allemagne^ ceux de Cornil et Ranvier, Thaon et Grancher, 3n France, ont depuis longtemps, prouvé que ces cellules sont en relation avec les vaisseaux sanguins. Quelques-uns ont pensé qu'il s'agissait là d'une simple coagulation du plasma sanguin dans le vaisseau, avec incorporation de cellules rondes provenant du sang, ou du revêtement endothélial du vaisseau. Mais la constitution même de cette cellule bien étudiée par Langhans suffit pour rejeter Tidée d*une simple coagulalion. Un travail récent de M. Brodowski {Virch. Arch.^ t. LXIII, p. 113, 1875) vient d*éclairer la question. Il porte non sur le tubercule, mais sur le syphilome, où la cellule géante se présente, du reste, avec tous les caractères qu'on lui connaît dans le tubercule. Pour M. Brodowsky, la cellule géante est une production analogue aux prolongements de protoplasma dits angioplastiques qui, d'après Arnold et Rouget, sont en rapport avec la formation des vaisseaux. Elle représenterait une anomalie angioplastique. La bordure circulaire du manteau, qui entoure quelquefois la grande cellule, est la gatnc lymphatique, qui, d'après les observations d'Arnold, entoure le cordon angioplastique, dans les conditions normales.

Il est probable que toutes les cellules géantes ne reconnaissent pas ce mode de formation ; mais cette origine parait être fréquente, surtout dans le tubercule, etTauteur propose de désigner les cellules géantes ainsi produites sous le nom de cellules géantes angioplastiques.

Des recherches récentes de M. Malassez, à propos d'un genre de sarcome qu'il appelle angioplastique viennent à l'appui de

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l'opinion de M. Brodowsky; une cellule éloiiée, à noyaux pariétaux, se voiL appendue à un cordon aiigioplastique qui eslea rapport, à son tour, avec un vaisseau. Seulenienlici, lacetlule ôtoilée (ou cellule géanle) renferme quelquefois des gtobulM rouges du sang, dans des conditions où le cordon iui-uidme n'en renferme pas. C'est donc là, peul-êlre, l'analogue de Is cellule vaso-formalrice découverte par M. Hanvier.

D'après ce qui précède, si, dans le tubercule comme dans le syphiloiue et le sarcome angioplaslique, les cellules géanles

offrent avec les vaisseaux sanguins la relation qui vient d'ëlre indiquée, ceux-ci, conlraireraent h l'opinion courante, se trouveront représentes dans le tubercule. Seulemeut, ils s'j montreront à l'étal rudimentaire, arrêtés dans leur développement et tels qu'ils ne sauraient donner passage aux globules rouges^du sang. C'est là, sans doute, une des circonstances qui favorisent le travail de modification que subit Ji peu près nécessairement, dans ses parties centrales, toute formation tuber- I culeuse. {t'îtj. 37.)

TUBERCULES DBS PARENCHYMES COMPLEXES 271

Le tubercule élémentaire une fois connu, il est plus facile de se rendre compte de la constitution du tubercule aggloméré. Dans la langue, par exemple, iO, 12, 15 follicules agglomérés se montrent entourés et réunis par une zone commune de petites cellules : ils forment ainsi une unité nouvelle : tubercule aggloméré. Les tubercules agglomérés, c'esl-à-dire composés d*un certain nombre de follicules élémentaires, peuvent acquérir des dimensions considérables : le volume d^une noisette, par exemple, d*une noix, dit Wagner, qui les a étudiés dans le cerveau, le testicule, etc. ; celui d*un petit œuf, suivant MM. Comil et Ranvier qui les ont vus dans le rein, les os, el dans le poumon même, où, disent-ils, de pareils Ilots, devenus caséeux peuvent être confondus par les auteurs les plus compétents avec un Ilot de pneumonie caséeuse.

Jusqu'ici le tubercule a été considéré dans des parties d'une structure simple : dans les parties d'une structure complexe, les parenchymes pédiculaires, par exemple, il présente les deux particularités suivantes :

l"* C'est généralement, ainsi que Ta fait remarquer M. Grancber, autour des éléments tubuleux de Torgane que se groupe l'agglomération tuberculeuse ; ainsi, dans le testicule, autour d'un tube séminifère; dans le rein, autour d'un canalicule excréteur; dans le foie, autour d'un canalicule biliaire; dans le poumon, autour d'une bronche. Cette dernière localisation est constante dans la forme broncho-pneumonique de la tuberculose, substratum anatomique de toutes les variétés de la phtisie tuberculeuse proprement dite. Par contre, on peut voir aussi, dans le poumon comme dans la pie-mère, le tubercule se former autour d'un vaisseau, par exemple, dans la tuber-

Tia TUBERCULES DES PABEKCaYKBS COMPLEXES

cuiisalioQ générale aiguë. Enfin, on le voit quelquefois dans les cloisons celluleuses interlobulaires, se grouper sur les jiarois des lymphatiques qui abondent dans celle région.

2° Le tubercule développé autour d'un conduit glandulaire qui joue, en quelque sorte, ici le rûle d'un centre de rormalion, s'étend de proche en proche en englobant, en s'assimilanl les éléments voisins. Ceux-ci, modifiés, deviennent partie intégrante de la Tormalion tuberculeuse, dont ils présenleul, en quelque sorte, le canevas. Cela est vrai surtout pour le pou* mon, point qu'il importe de faire spécialement ressortir.

Ainsi, dans la tuberculose miliaire, la granulation, visible h l'œil nu, englobe toujours deux ou trois rangées d'alvéoles. La structure du stroraa est flbroïde (Rindflcich, Klein). La granulation présente d'ailleurs tous les caraclÈres du tubercule aggloméré, à savoir plusieurs centres de Formation ou, autrement dit, plusieurs follicules élémentaires dont chacun offre â son centre la cellule géante caraclérislique. Ces follicules sont enveloppés, comme on l'a dit, par une zone commune composée de petites cellules embryonnaires. L'eKtensioo de l'agglomération tuberculeuse s'est faite, il est facile de le montrer, par une infiltration cellulaire des pnrois alvéolaires, rf'*bnrd, et des cavilés alvéolaires ensuite. Les parois alvéo- Uires persistent encore souvent au centre de l'aggloméra- ^\a tuberculeuse, et, à plus forte raison, dans les parties (*ril»l>érique5, alors même que les parties centrales ont été Imimiijws do dégénéralion caséeuse : une solution de soude (^IJMrilK'hvrJ nu'l, en elTet, en évidence, dans l'épaisseur du Vlhmtwlr. l'élément caractéristique des parois alvéolaires, à i«V)k l«i (lUres élastiques. D'ailleurs, quelques cellules épi- I nuliuonaires non encore détruites ou déjà Iransfcr- I. IIM*(»*"l '* P'f"^^ qu'occupait la cavité de l'alvéole, A^'istuminer la périphérie de l'amas tuberculeux;

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