PHTISIE CHRONIQUE VULGAIRE
en particulier, la zone des alvéoles encore libres ou dont les parois infiltrées de petites cellules ne sont pas encore très épaissies. Là, on reconnaît les bourgeons bien décrits par Cornil et Ranvier (Manuel^ p. 723) et par Rindfleisch {Manuelf p. 365). Partis d*un point de la paroi alvéolaire, celui qui attient aux parties centrales du tubercule, ils refoulent et aplatissent les cellules épilhéliales pulmonaires, puis finissent, en se développant, par combler Talvéole. Ces bourgeons sont formés, comme le tubercule, surtout de petites cellules et de filaments fibrillaires. MM. Cornil et Ranvier figurent toujours un bourgeon sessile. M. Charcot en a vu très nettement de pédiculisés. Quelques observations le portent à supposer que les cellules géantes font partie de ces espèces de polypes. En tout cas, souvent elles adhèrent à la paroi de Talvéole par une ou plusieurs languettes fibroïdes, ainsi que Klein Ta bien représenté dans une planche de son ouvrage sur les vaisseaux lymphatiques du poumon ^
Ce mode d^envahissement des cavités alvéolaires s'observe également dans les agglomérations tuberculeuses de la phtisie chronique vulgaire : Le tubercule, comme on va le dire, se développe ici de préférence autour des tuyaux bronchiques, particulièrement des bronchioles terminales, ainsi que Ta fait voir M. Rindfleisch. En général, en pareil cas, la masse tuberculeuse n'entoure pas complètement le tuyau bronchique ; elle s'accumule sur un de ses côtés, laissant libre la partie opposée. Ainsi, chez un enfant mort de^ phtisie tuberculeuse chronique, cité comme exemple, on voit la paroi d'une bronchiole à peine épaissie d'un côté, englobée de l'autre côté dans un tubercule aggloméré de forme semi-lunaire. Le plus petit côté de cette espèce de croissant atteint à la paroi bronchique et c'est sur ce point que s'est concentrée la dégénération caséeuse. On comprend, d'après cette disposition, comment les
* Planche VI, flgures 26 et 27.
Charcot. Œuvres complètes, t. v, Poumons, 18
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produits de celte dégéoêralion pourront âtre aisément évacués dans la cavité bronchique et comment il se produira, en conséquence, au sein d'un amas tuberculeux, une petite caverne qu'on peut appeler latérale. Les alvéoles qui conCnent à ce noyau tuberculeux ainsi ramolli sur un point, dans le cas cité pour exemple, comme dans beaucoup d'autres, présentent à peine quelques indices d'irritation épilhéliale, ou de travail oxsudatif inflammatoire. « La pneumonie catarrhale, dit •> M. Charcot, est ici, en quelque sorte, exclue du processus, el » il ne saurait être question de pneumonie caséeuse. C'est là, » on va le voir, une circonstance bien plus fréquente dans » l'hisloire de la tuberculose chronique avec excavations, qu'on H ne le croit généralement. »
L'exposé qui précède rendra plus Tacile la critique des opinions courantes relatives à la pneumonie caséeuse; elle sera faite à la lumière d'observations cliniques et anatomo-pa- Ihologiques nouvelles.
Il convient de rappeler, tout d'abord, que, pour LaSnnec, la matière tuberculeuse, production accidentelle, toujours la môme, quel que soit l'organe dans lequel elle se développe, se présente, en particulier dans le poumon, sous deux aspects : i" matière grise demi-transparente, de consistance un peu moindre que celle du carlihige, représentant le premier degré de l'altération ; 2" à un degré plus avancé du développement, matière jaune, opaque, friable [tubercule cru) qui, plus tard, se désagrège, à commencer par les régions centrales des parties envahies et donne ainsi naissance aux cavernes.
Quant au mode de répartition de la matière tuberculeuse, dans l'organe, elle se présente là, ou bien à i'élat de corps isolés, arrondis (tubercules miliaires), simples ou agglomérés,