‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 5)Chapitre 6 sur 121 · DEUXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

DEUXIÈME LEÇON

La structure lobulaire du poumon (SuUe).

Sommaire. — NisloloRic normale. — Kronchc inlra-lobiilaire. — Uroncliiote» terminiiles. — Lobules secondaires un ai^ini pulmonaires (système «les rondulls alvéolaires de M. SclialUo ; — iobuleltes de M. IL Watei^;,. — Tcxtiin; des acini : conduites alvéolaires : — alvéoles pariétaux : -«• înfiinilihiila. — Kspaces interinfundiLiilaires cl i niera Ivéolaires.

Messieurs,

Âpres Taperçu sommaire que je vous ai présenté dans la première leçon, relalivemenl àla texture lobulaire du poumon, tout n^eslpas dit ; aussi, faut-il aujourd'hui pousser plus avant rexamcn. Nous devons, en etTet, considérer plus minulieusement que nous Tavons fait jusqu'ici, TarraiigiMnenl des partie» dans le lobule lui-même. Celte étude nous conduira à la connaissance de détails topographiques très circonstanciés et nous permettra, par conséquent, de tenter, dans un avenir prochain, une localisation étroite et précise drs diverses altérations du parenchyme pulmonaire.

Faisant appel à Thistologie proprement dite, nous serons en outre obh'gés de remonter autant que possible jusqu*au\ éléments anatomiques ; car c'est on en\, à tout prendre, que nous pouvons avoir quelques chances de rencontrer anatomiquement la première empreinte des processus morbides.

UISTOLOdlE NORMALE 17

l'ai fait placer sous vos yeux une figure schématique fort instructive, que j*ai empruntée à l'édition la plus récente du Traité d histologie^ publié par M. Rindfleisch*. Cet anatomiste distingué s'est livré dans ces dernières années à une série d'études concernant la structure normale du poumon, en vue surtout des applications anatomo-pathologiques. Sous ce rapport, les recherches de M. Rindfleisch nous intéressent naturellement d'une façon toute spéciale. J'ajouterai que les faits qu'il s'est efforcé de mettre en lumière sont de tous points conformes aux résultats consignés par M. Eilhard Schultze dans un des travaux les plus justement estimés qui aient paru sur la matière *.

Cette planche {Fig, 2) représente la coupe pratiquée suivant l'axe principal d*un lobule pulmonaire de grande dimension, c'est-à-dire mesurant environ un centimètre en longueur et un demi-centimètre dans le sens transversal. Une petite bronche, appartenant à la catégorie de celles que M. le professeur Sappey désigne sous le nom de sublobulatres, pénètre la substance du lobule par une des extrémités de celui-ci. Nous faisons abstraction du rameau satellite de l'artère pulmonaire et de ses divisions intra-lobulaires afin de ne point surcharger le tableau.

Vous voyez comment ce petit tuyau bronchique, dont le diamètre, au moment, de son entrée, est de 1 [x environ (Sappey), se dirige suivant l'axe central du lobule, sans diminuer beaucoup de volume, jusqu'à un point où il se divise en deux branches secondaires qui s'écartent l'une de l'autre sous un

« 4* édition, fig. 141.

* Strieken Handàuch, 1. 1, p. 46.

Geascot. Œuvres complètes., t. v., Poumons» 2

18 BlKMaiK tM1U>L0Bl'LAIIIE

angle aigu. Mais, dans &on parcours, ce Ironcule, qui poHelt nom de bronche inlra-lobulaire, a donné Daissaiicu à d aulrn rameaux qui s'en sont délaché* selon l'ordre allonual elioui une incidence presque perpendiculaire.

!laDS le ca* que nous supposons, le nombre des rsmeauidt

BRONCUIOLES TERMINALES i9

tre(l/3 de (a environ, d'après Rindfleisch). Le nombre de ces bronchioles courtes se trouve être, dans Texemple choisi, de 14 ; mais il pourrait y en avoû* beaucoup moins, soit 4 dans un très petit lobule, ou beaucoup plus, jusqu'à 20 ou 30 dans les plus gros lobules. J'ajouterai que ces bronches courtes ne répondent pas toujours à des ramifications de deuxième ordre par rapport au tronc bronchique, mais bien quelquefois à des ramifications de troisième ou de quatrième ordre.

Ces bronchioles méritent, comme vous allez le voir, de fixer votre ailention et doivent être désignées par un nom particulier : je les appellerai bronchioles terminales; elles représentent en effet la fin du système bronchique proprement dit. Les divisions ultimes qui leur font suite offrent dans leur structure et, du môme pas, dans le rôle physiologique qu'elles accomplissent, des modifications profondes; en d'autre termes, l'orifice des bronchioles terminales, qui regarde la surface du lobule s'ouvre dans un système de canalicules où s'opère le phénomène de l'hématose et dont la structure, en raison même de ses fonctions nouvelles, s'éloigne de celle des bronches.

L'ensemble des canalicules aériens qui communiquent avec une bronchiole terminale — dont ils sont en quelque sorte l'expansion — constitue un petit système, tout à fait indépendant des autres systèmes analogues qui sont en relation de continuité avec les autres bronchioles du môme ordre.

Ce sont donc, ainsi qu'il vous est aisé de vous en rendre compte, autant de lobules nouveaux en lesquels peut être décomposé le grand lobule. De fait, chacun des lobules secondaires ainsi formé est séparé de ceux qui l'avoisinent par une lamelle de tissu conjonctif, assez distincte chez le fœtus et les

30 ACtM-S PlLNCtAlHB

très jeunes enfants, fort délicalc, au contraire, chez l'adulU où cependant elle se reconnaît quelquefois très bleo sur la ban des lobules Eous-iileuraux quand celte ba«e e^l marquée pu une traînée pigmcnlaire.

Je vous proposerai, avec M. Itindfleîscli, de désigner ce nouvel élément de texture sous le nom i'acitnit pnimonairt. Li désignation de lobule seeondtw-e me semble d'un emploi peu commode; elle a été, d'ailleurs, plus d'une fois compromiae, par suite de l'usage arbitraire qu'en ont fait les auteurs: les uns n|ipL'lanl luhule secomlaire ce que d'autres appellent lobii/'- fiiimilif; il m est, oiiûn.qui appliquent les mots lo&itle scc')ntftiii-e h une piirlic sculouionl de l'iii-iiuis loutciitier.

L'admis pulmonaire, aini-i délerminé, correspond exicizmf-niO-U système des cunduils aki''ihiirei île M. Sdiultze, aui hbtileltes de M. Walers, aulnir d'un lra\;iil tr^< eslimable sut la atruclure du poumon, public à Londres eu 1860 '; cett* appellation << lobulctles » a tout un inuîns rincouvéuïcnt At n'apparlenir à aucune langue, malf:ré>^;iciiri'"nn!incc française. Voici assez de raisons, je pense, pour ju>tifi(T ri'ni|>loi de cetti dé nomination à'acimis pulm<m'we à laipii;lli; ]<■ m'arrâte [Fig. 3 et 6.)

Comme chacune des bronches tcmiiiiil'S >u[j|iorle à sor extrémité un acinus, qui y est appendu à j<'-u {nès ù la manièrt

' lldiittijton W4t«rs. — The anatomy uf Ihr Aii-ii'i /un/, t.imdoo, 1|M,

TEXTURE DES ACINI PULMO^TAIRES 21

d'un fruit, le grand lobule pulmonaire, dans le cas invoqué par M. Rindfleisch, serait donc formé par 14 acini, autant qu'il y a de bronchioles. Mais il convient de remarquer que le nombre des acini est variable dans la même proportion que celui des bronchioles terminales. Informe et les dimensions des acini se rapportent au contraire à un type presque constant: ce sont de petites pyramides dont l'axe longitudinal ou mieux celui qui va de l'extrémité de la bronchiole terminale à la surface, a une étendue à peu près égale (Rindfleisch, Schultze.)

Tous les acini sont faits sur le môme modèle quant à la texture et ce qu'on dit de l'un, à ce propos, s'applique exactement aux autres. Les détails de celle texture doivent être actuellement, denotre part, Tobjet de quelques développements, car, s'il est vrai que c*est dans les acini que se passent les phénomènes physiologiques les plus importants, dont l'organe pulmonaire est le siège, c'est là aussi que se produisent les altérations qui devront plus particulièrement fixer notre attention.

Il importe de distinguer, d'ailleurs, ce qu'on pourrait appeler l'archi tectonique des canalicules respiratoires et l'analyse des éléments qui entrent dans leur composition. Nous nous attacherons d'abord au premier point.

Nous abordons I&, Messieurs, une question d'anatomie délicate fort débattue depuis l'époque, éloignée déjà, où Malpighi l'a, pour la première fois, sérieusement abordée et qui, malgré les nombreux travaux dont elle a été l'objet^ n*est pas encore résolue sur tous les points d'une façon absolument satisfaisante. Les quelques recherches personnelles que j'ai dû faire à ce sujet, pour les besoins de cet enseignement, m'ont con-

22 RAMiFiCATioivs BB05rciiioces

duit à considérer ladescription tracée par M. Schullze et adopMe par Henle et quelques autres anatomistes comme étant celle qui se rapproche le plus de la réalité. Du reste, la description de M. Schullze ne s^éloigne pas, au moins dans les traits essentiels, de celle qu*a donnée M. Rossignol, en 1847, dans un mémoire qui fait époque ^ Je m'appuierai aussi dans mon exposé sur les enseignements fournis parPétude des lésions. L*anatomie pathologique, vous ne Tignorez pas, peut prêter son concoursa Tanatomie normale: la maladie, en effet, foit souvent ressortir, en les exagérant, des dispositions de structure qui, à peine accentuées dans Tétat physiologique, pourraient passer inaperçues ou être mal interprétées.

Avant de nous engager dans cello élmlt», il sera opportun, je crois, de considérer, en premier lieu, la disposition beaucoup plus simple que présentent les dernières expansions des ramiûcaiions bronchiques, à Tétat fœtal. Pour rendre cet exposé plus clair, je place sous vos yeux un dessin fait sur nature et figurant la ilisposilion de Tappariiil des canalicules bronchiques chez un fœtus de trois mois que nous venons d*examiner. Vous voyez une bronche de calibre se raniifior plusieurs fois et donner naissance h un troncule d*uù parlent trois petits canaux qui, eux, se divisent encore, et on constate que chacune des divisions, ainsi produites, se ti^rmine par un renflement ayant la forme d'une ampoule.

Il est facile, sur le modèle de cette disposition, d'établir un schéma tout à fait propre à faciliter rintelligonce de l'arrangement beaucoup plus complexe des lenninaisons de Tarbre aérien chez Tadulle.

Supposons une bronchiole se terminant par une ampoule pyriforme. Les parois do cette ampuulr se d<''i»riineront, à un moment donné, sur deux points, de telle snrlo qu'il en résultera trois petits culs-de-sac. Chacun de ces ouL^-de-sac se dî-

* Concours des savants êlranpcrs, Acad*:mif mi/alc d,- H^hjnfue.

CONDUITS ALVÉOLAIRES 23

visera, à son tour, suivant le même procédé, en deux culs-desac : d'où il suit que nous aurons trois culs-de-sac de premier ordre, terminés par deux ampoules secondaires.

Voilà, Messieurs, une disposition très simple reproduisant» à peu de chose près, les dispositions de Tétat fœtal et qui ne s'éloigne pas foncièrement, vous allez le reconnaître, de la disposition réelle, plus compliquée, qu'on observe chez l'adulte.

Dans chaque acinus, les canaux aériens composent un système assez compliqué dont les parois, qui limitent Tacinus du côté de sa surface extérieure, se continuent avec les parois de la bronche terminale. Au point où celle-ci s'abouche avec les canalicules, elle subit une sorte d'évasement répondant à un espace vestibulaire vers lequel viennent converger et s'ouvrir, pour chaque acinus, trois ou six conduits cylindriques. Ces conduits, que Ton désigne sous Je nom de conduits alvéoiair€s\ à partir du point de réunion (Waters) ou vestibule, s'écartent les uns des autres en rayonnant et formant entre eux des angles très aigus. Cihemin faisant, ils se ramifient plusieurs fois, suivant le mode dichotomique, et se terminent enfin par des extrémités aveugles, renflées en forme d'entonnoir. Le diamètre transverse des conduits alvéolaires varie entre 0,4' et 0,2 chez Tadulte (Schultze). Un contraste frappant existe entre les parois de ces conduits et celles de la bronche terminale. En effet, tandis que les parois de la bronche terminale restent parfaitement lisses, celles des conduits alvéolaires sont parsemées d'une série de petits renflements qui font en quelque sorte hernie à leur surface externe et constituent autant de logettes ou alvéoles. Ces logettes, qui, pour la plupart, ont des dimensions égales, sont séparées les unes des autres par de minces cloisons s'avançant vers Taxe du conduit, perpen-

' Alveolarfjflnge, — Air Sacs (Walersj, — bronches alvéolaires, — Petioli infundibulorum (Schullze, 1862).

24 ALVÉOLES pariétaux; HFUXDIBL'LES

diculairemcnt à sa direclion. Les extrémités libres de ces cloisons laissent entre elles, au centre du conduit, un espace, iioe voie libre, un passage, pour nous servir des expressions de Todd et Bowmann. Cette voie s*élend du vestibule aux infun* dibules qu*elle fait communiquer entre eux et, le long de son trajet, elle donne accès, par un large oriflce, dans chacun des alvéoles latéraux. Ces alvéoles, qui sont pour ainsi dire greffés sur les parois des conduits alvéolaires, portent le nooi d*a/véoles pariétaux.

D'après la disposition que nous venons d'indiquer, ces alvéoles ne communiquent pas directement les uns avec les autres, mais seulement par Tintcrmédiaire du chemin ou du passage central. Kt, si vous voulez bien me permettre une comparaison, je vous dirai que la Gijure, obtenue par une section loiigiludinale passant par Taxe médian du conduit, rappelle Taspect de ces longs corridors des prisons modernes dans lesquels s'ouvrent les cellules latérales.

Les renflements placés & rexlrémité des conduits sont faits sur un plan semblable à celui des ronduils eux-mêmes. Eo d'autres termes, on a sous les yeux des parois creusées d'alvéoles s'ouvrant dans un espace commun autour duquel ils rayonnent. C'est là ime disposition qui rappelle celle d'une maison romaine avec son impluviinn central et ses cubicula. En général, les alvéoles des infundiluila sont plus profonds que ceux des conduits alvéolaires, mais, en revanche, ils sont séparés par des parois plus minces.

Les infundibula — ce terme appartient à la nomenclature de Rossignol — ont été quelquefois dê:-ii:nés sous le nom de complexus alvéolaires. Plusieurs auteurs les ont appelés /obules primitifs {Sappey y etc.); d'aulres, Inhiiln^ secondaires (Le Fort). Chaque infundibulum est coinpo-6 d'ordinaire d'une douzaine d'alvéoles; pourtant, il peut >e faire que leur nombre soit un peu plus ou un peu moins considérable, et la surbce

IJIPUNDIBULES ET CONDUITS ALVÉOUIRES 35

de seclion transversale d'un conduit alvéolaire peul offrir quatre ou cinq alvéoles.

Il n'y a pas & considérer seuleoient des inrundibules terminaux, il y a aussi des infundibules pariétaux : ceux-ci sont greffes de distance en dislance sur les canaux alvéolaires de premier ou de second ordre et communiquent avec eux par un orifice d'une largeur variable.

Les alvéoles, examinés soit dans les infundibules, soit dans les conduits alvéolaires, ont, chez l'enfant, une forme généralenient globuleuse ; cependant, quelquefois, lis ont une forme polyédrique. Leurs dimensions sont différentes suivant les

:« ^umon de r/iommu.

a, ronduita ilitolairai

ftges et suivant les circonstances pathologiques. Nous aurons à revenir plus tard sur ce point. Cependant, nous pouvons dire, dès il présent, qu'on s'accorde ii leur reconnaître, chez l'adulte, un diamètre moyen égal à 0,1^ -t (Schultze).

Tels sont, en définitive. Messieurs, les grands traits de la structure des canaux dont la réunion constitue un acinus. 11 faut ajouter que les diverses parties de ce petit appareil, infundibules et conduits alvéolaires, se tassent en quelque sorte

26 B8PACE8 I^TmiNFUllIMBIlUIftEt

les uns contra les antres, de faQon à occnper le moins de plaee possible et sont à peine séparées par de minces tractas conjoncliCs. Le tissu conjonctif intercanalicnlaire et interinfiuidibulaire, tout mince qu'il soit, se desnne néanmoins, dans certains cas, sur le plan des sections et aussi sur la base des lobules superficiels oti il est parfois marqué par des lignes pigmentaires. Il y a donc lieu de distinguer sur la base des loba* les sous-pleuraux, en outre des espaces interacineai, des espaces, circonscrits dans les précédents et qu'on peat appeler itUerinfudibulaires. Enfin, dans l'aire des espaces infundibulaires, on découvre sur les surfaces de section, examinées k l'aide des plus forts grossissements, les espaces interalvéo-' laires (Fig. 4) •.

Celte disposition explique les apparences représentées dans un grand nombre d ouvrages et destinées à montrer sur la coupe d'un poumon desséché, pratiquée parallèlement à la surrace pleurale et très près de cette surrace, le fond des caTités infundibulaires.

< Voir aussi : Henlc, loc, cii.^ p. 290, cl Kôllikcr, hc, c<7., p. 614»

tuniques libreuse rcam Intrrnc. niu<|tiRU«o 11 dl» vilirslilcs, — [ (ulront les illiticndtDns de» mnaiit a^J-lens.

'<oiis sommes séparés, il y a une douzaine

is de vous faire connatlrc la disposition

ainsi parler, rarchilectiii'e de ces ca-

■M, dont l'ensemble coo^lïtue le der-

emeitl lobulaire du poumon, en d'au-

lent l'ociiasioii de vous rnoolrer les }fû pfiuvont fttro Faites des notions T w point pour iinturprôtalioiv des Ihologiqne. Mais, avanld'en arrinrec soin tous hn déiails di> la iltmcnlnJes de l'organe pulmo- •re quu la conliiiuralion g6nérUcs. Aujourd'hui, nous délier les matf'mux qui en-

38 CANALtCULSS BESPlRATOIItE!!

Lreiil dans leur eonslilulioa soit indU-tdue Ile ment, eojtdii leur mode d'arrangemeot mutuel.

D'une façon très sommaire, il est possible d'avaocerqi les parois des canalicules respiratoires proprement dites [m diiits alvéulaives, infiindibula, alvéoles pulmonairei) sa construites sur le ni6nie plan et avec les mêmes malérïaui qi

i'riixnllaa Brltl<>'.<*' lajwl.An i U c\n. ËnfiDl noutHD-n*. — if. Iironrhlulf. - V. hnnclH <lr l'irlir. pulmgoolM. - K. K, «.wlui(> >.l>«ul<>i.

les parois <ies canaux Ijroricliiiiiics, donl elles sont d'aillci

BRONCHES INTRA-PULUONAIKES 29

continuant les uns avec les autres par une transition insensible, et revéluSy dans toute leur étendue, d'un épithélium se rapportant au type cylindrique. Composé, dans les bronches de calibre, de cellules dont le diamètre vertical l'emporte de beaucoup sur le diamètre transverse, cet épithélium tend à s'aplatir progressivement à mesure que le diamètre des conduits aériens devient plus étroit, mais la forme cylindrique est encore très accentuée dans les cellules qui tapissent les extrémités en cul-de-sac.

Chez l'enfant et surtout chez l'adulte, les choses ne sont pas aussi simples. Ici encore, l'analogie de composition, qui existe entre les conduits bronchiques et les canaux respiratoires est facile à mettre en relief; toutefois, il y a lieu, en outre, de faire ressortir des différences capitales. Ceci nous conduit naturellement à établir, au point de vue de la structure intime, un parallèle entre ces deux parties distinctes de l'appareil pulmonaire : la lumière naîtra du contraste.

A. Laissant de côté, pour le moment, les régions supérieures des canaux aériens (larynx, trachée, premières divisions bronchiques), nous considérerons seulement les bronches intrapulmonaires. Or, parmi celles-ci, il convient, pour le but que nous poursuivons, de distinguer celles dont le diamètre dépasse un millimètre, de celles dont le calibre reste au-dessous de ce chiffre {Fig, 6).

B. Les premières, c'est-à-dire les bronches relativement volumineuses, ont des parois dont la structure rappelle celle des parois de la trachée, par la présence, dans leur épaisseur, de plaques cartilagineuses et de glandules muqueuses. Voici les principaux détails de la structure de la paroi. Pour plus de simplicité dans notre description, nous ferons abstraction des vaisseaux sanguins ou lymphatiques dont il sera question plus tard et d'une manière spéciale.

BRONCOES INTRA-PULMONAIRES 31

. thologique, offre un intérêt incontestable. La transformation ^embryonnaire de la couche, décrite tout d'abord, et la destruction concomitante des noyaux cartilagineux qu'elle possède, jouent, d'après les observations récentes, un rôle sérieux . dans la pathogénie de certaines dilatations bronchiques. Si J'en en croit les recherches de M. TrojanowskP, confirmées ^par quelques observations qui me sont propres, la même appréciation s'appliquerait à l'atrophie de la tunique musculaire. Du reste, vous n'ignorez pas. Messieurs, l'importance accordée au jeu des fibres de Reissessen dans quelques théories de Ila bronchite spasmodiqiie. Ces théories ont été un peu démodées quand M. Winlrich eut vérifié la valeur des expériences de M. Williams, expériences d'après lesquelles les irritations I du pneumogastrique auraient pour effet de produire un resser-

tf «ment des conduits bronchiques, suffisant pour expulser une

\ certaine quantité d'air. Mais, dans ces derniers temps, M. Sert I a repris les expériences de M. Williams et, grâce à la rîgou- I reuse exactitude des procédés graphiques qu'il a employés, il a pu en confirmer les résultats expérimentaux.

3° Plus en dedans encore, on rencontre la couche fibreuse interne, ainsi que l'appelle M. Schuitze, et qu'il est possible de regarder comme correspondant au derme de la membrane muqueuse bronchique [Fig- 6, c). Du côté de la cavité bronchique, elle se limite par une ligne onduleuse. Les saillies des ondes correspondent aux plis longitudinaux, visibles à l'œil nu sur la face interne des conduits bronchiques moyennement distendus. Le stroma de cette tunique est composé de tissu cellulaire lâche qui, au contact derépilhélium, s'épaissit sous forme d'une membrane anhysle {membrane fondamentale). Des fibres élastiques, groupées en faisceaux allongés, s'observent partout dans l'épaisseur des plis longitudinaux.

« Biermer, p. 753.

32 Ènrutuvu pulmonaub

4* La dernière couche, que nous devons éludier, Ml remtf^ quable en ce qu'elle est presque enlièrement eonslitnée par des cellules épithéliales cylindriques à cils vibratiles {Fig. 6, d). Le revêtement, ici, est formé d'une eoodie unique de grandes cellules dont les extrémités efBlées touchent la membrane fondamentale ; mais les intervalles, que ces extrémités laissent entre elles, sont remplis de cellules rondes ou polygonales, privées de cils. Selon toute probabilité, ce sont là de jeunes cellules destinées à remplacer les cellules adultes qui viendraient à manquer.

En outre des cellules à cils vibratiles, il convient de signaler rexjstence, çà et là, de cellules cylindriques privées de cils, qui ont été bien décrites par E. SchuUze ^ Ce sont des cellules caliciformes ou muqueuses, ainsi qu*on les appelle encore. Elles sont creusées, vous le savez, par une cavité en capsule, s'ouvrant par un orifice arrondi el qui laisse échapper de temps & autre la matière muqueuse qu'elles sécrètent. En effet, on les considère aujourd'hui comme de véritables glandes muqueuses unicellulaires. Remarquez, Messieurs, que répilhélium cylindrique se continue sur le conduit excréteur des glandes muqueuses; mais, à ce niveau, il s*aplalil, devient cubique et perd ses cils vibratiles.

Je n'insisterai pas sur le rôle attribué aux cils vibratiles. Je me contenterai de vous rappeler que ce rôle consisterait surtout à diriger les produits de sécrétion bronchique vers Torifice laryngé et à empêcher la pénétration dans les voies respira* loires profondes des corps étrangers pulvérulents, suspendus dans Tatmosphère. Nous verrons bientôt que la barrière qu'ils opposent à riniroduclion de ces corps étrangers est loin d*ëtre infranchissable.

Je croîs utile, Messieurs, de vous faire remarquer en passant que cette tunique, d'une constitution si délicate en appa-

« E, Schultze's Archivy Bd. II, p. lî*2.

BRONCHIOLES INTRA-PULMONAIRES 33

rence, résiste pourtant assez énergiquement aux causes d€ destruction qui peuvent l'atteindre. Ainsi, dans les irritations expérimentales de la muqueuse bronchique, pratiquées à Taide de l'ammoniaque (5 à 6 gouttes d'une solution à 9 pour 100), M. CErtel ^ a vu, et nous avons vu nous-même, les cellules cylindriques à cils vibraliles — à la vérité plus ou moins profondément altérées — former encore une couche distincte entre la membrane fondamentale et la fausse membrane fibrineuse qui se dépose, en pareille circonstance, à la surface de la membrane muqueuse. Cette persistance de la couche d'épithélium cylindrique se voit aussi, d*aprës les observations que j'ai faites récemment, dans un grand nombre de cas de diphtérie bronchique.

C. Après les détails dans lesquels nous venons d'entrer, il nous sera facile d'indiquer en quelques mots les modifications de texture que présentent les parois des canaux bronchiques dont les dimensions restent au-dessous de 1 [a.

l"" Ces modifications se font principalement sentir dans la tunique fibreuse externe. En premier lieu, cette membrane devient relativement très mince : ainsi, sur une bronche de 0,4 {A de diamètre, elle a seulement 0,02 a {Fig. 7, a). De plus, et c'est là un trait important, les plaques cartilagineuses et les glandes muqueuses y font défaut. Vous ne devez donc pas vous attendre à trouver ces éléments anatomiques dans les parois des bronches inlra-lobulaires dont le diamètre, vous le savez, est au-dessous de 1 [a.

2** La couche musculaire {Fig, 7, b) est, ici encore, très accentuée ; mais elle n'est plus continue et forme une série de petits sphincters sur les dernières bronchioles. Suivant

' Deutsches Archiv, 1874, p. 203.

Charcot. Œuvres complètes, t. v, Poumons. '

34 HOSCniOLES TRMURAUa

M. Rindfleiscb, ud d« ces peliti iphinclari qal, s'byperlropbie Doublement dîna raltèntion du connue bous le nom A'indiiratioH 6nate, mirqu* le où. Ift bronehiolg terminale s'ouvre dans le* oondlnU alTèolii-

rea*.

3" L» couche ùtlerite ou muqueuse {Fig. 7, e), eonwrfe ■

n (Dipi

d'aboi'iJ son aspect plissé e( ondulé ; puis, elle lend à devenir lisse; en même temps qu'elle revël ce:; carm-tëres, elle s'amincit dans les bronchioles terminales.

K* Quant anx cellules qui constituent le revêtement épithélial, elles gardent leur caractère jusqu'aux bronchioles {Fig, 7, d). A cet endroit, elles prennent la Torme cubique et môme, ft ta fin, au niveau de l'abouchenicnl de ces bronchioles dans les conduits alvéolaires, elles deviennent pavimenteuses

t niniineisch, lor. dl., *• i''lili<)n, p. l«^.

CAIfALlCULES RESPIRATOIRES 35

{Fig. 8) en même temps qu'elles perdent leurs cils {Fig. 9.)

D. Les développements qui précèdent nous mettent en mesure, Messieurs, d'étudier avec fruit la constitution des parois des canalicules respiratoires. Klle nous offrira les mêmes matériaux que ceux des parois bronchiques, modlGés toutefois dans leur forme, leur nombre relatif et aussi dans leur mode d'agencement.

Un seul exemple sufGra pour vous faire saisir l'importance

des modlGcalions survenues dans la configuration des éléments : le revêtement épithélial des parois bronchiques, au moment où il se continue sur les parois alvéolaires, devient tellement méconnaissable, en raison

^ïlt Zx^^'^Traité ^^ l'aplatissement que subissent les celd'hisioioqie de lulcs, quc SOU exlsteuce même a pu pendant éd. française, longtcmps êtrc uiéconnue et vivement con-

fig. 35 i.

testée.

Considérons d'abord la charpente ou, si vous l'aimez mieux, le gros œuvre des conduits alvéolaires. Cette charpente est composée : V des traclus conjonctifs qui représentent, au dire de M. Kôlliker, à la fois la tunique fibreuse externe et Tinterne ; 2" des faisceaux de fibres élastiques qui acquièrent ici une grande valeur ; 3° des fibres musculaires lisses dont le rôle, au contraire, est assez effacé.

La paroi conjonctive proprement dite consiste en une membrane très ténue, hyaline, transparente, aisément reconnaissable sur le fond des alvéoles et qui présente çà et là des noyaux ovalaires (Schultze), nullement entourés de granulations. Cette membrane, si délicate à l'état normal, n'en acquiert pas moins, dans l'état pathologique, une épaisseur considé-

r^^ :■>. ^iloriqu't-lle derient l« point de d«p«rt cTane ronDilÎM

• Diltriiitinairr : c'r^l ce qu'on obam duts U 6rvHtAiy-Minl'WHtf uikni^ué ou chntatftÊt simple — uae de* fonnrs de il

• înliDie du iH.-uni'^n — ou dans li èrondk^fnteHmonîe cinhii/ue Je halure luUrryltÉttt {Fif. 9).

Leï&bre< (loliques coD«.UloeDl par lear présence an dff i-snctères 3o:ili>inîque£ les p'as saillints des eanaliniles re»l'iratotre: li.rçqu'i'O le« examiof au micntsoope. Elles sNi

CANALICULES KKSPIRATOlIlES 37

bules. Celle disposition esl très reconnaissable sur h figure 9, empruntée au mémoire de M. Schultze. Cette figure monlre Torifice d*un infundibulum latéral, c*esl-à-dire placé sur le trajet d'un conduit alvéolaire. L'œil pénètre à travers cet orifice dans la cavité des alvéoles qui composent l'iiifundibulum. La travée annulaire à laquelle Torifice infundibulaire est redevable de sa solidité et de sa résistance esl très épaisse; l'épaisseur des travées secondaires qui forment un anneau autour de Torifice de chacun des alvéoles esl beaucoup moindre.

De ces travées principales parlent des fibres élastiques délicates se ramifiant dans Tépaisseur de la tunique conjonctive qui constitue la paroi alvéolaire où ces fibres se dessinent sous Taspect d'un réseau dont les mailles laissent voir les noyaux ovalaires du tissu conjonctif.

Les alléralions que peuvent subir ces fibres élastiques ont été, jusqu'ici, peu étudiées. Cependant M. Cornil * a montré qu'elles offrent quelquefois, dans leur parcours, des cassures nettes qui les divisent en un grand nombre de fragments de longueur variable et ressemblant à des bâtonnets.

Ainsi que je l'ai annoncé, Messieurs, les fibres musculaires lisses n'existent qu'en faible proportion dans les parois des canalicules respiratoires. Leur existence, longtemps contestée, a été mise hors de doule parles travaux deColbeï^g, de Schultze et de Reindflinsch. Elles se rencontrent toujours isolées, ne formant jamais de faisceaux un peu épais, au moins dans les conditions physiologiques. D'une façon générale, on les observe sur tous les points oîi se trouvent de grosses travées de fibres élastiques, et là, elle s'entremêlent avec ces fibres. D'après M. Reindfleisch, elles s'bypertrophient et se multiplient dans

* Cornil et Uanvier. — Manuel d'histologie pnth., p. 638.

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rindiiraliori brun» du poumon. Elles devienneDl aloni U Mienl ™oNu.i,sablM nu niveau des«peron. nui „>«,„, s.'paral,on de» conduit! alvéolaires, dee infundibules el de chaque alvéole.

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