‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 5)Chapitre 65 sur 121 · U ntxKytMK : état du cebve*» et beï rcws · texte numérisé non relu

U ntxKytMK : état du cebve*» et beï rcws

Les corpuscules colorés que renferme le sang des mélanimif^ues sonl doués, comme ou l'a tu, de tous les caractères anatomiques ou chimiques qui disUnguent les diverses variSlé» de la raaliëre [>igraeQUiire ; ils appartiennent donc à ce groupe de substances qui tirent leur origine de la dissolution, ou. comme on dit encore, de la métamorphose régressive que subissent les globules rouges du sang dans certaiaes circonstance pathologiques. De plus, habituellement, ces métamo^ phoses, qui aboiilissent à la formation des granules de pigment, s'opèrent aux dépens du sang e;(travaâé dans l'épaisseur d'un tissu, d'un parenchyme; mais, dans les cas qui nous occupent, c'eitt au sein même du système vasculaire qu'elles doivent avoir lieu, puisque l'élude anatomique ne permet pas de reconnaître l'existence d'in6!lrations. de foyers hémorragiques, où se formeraient d'abord les corpuscules de pigment, pour passer de Ifi dans le torrent circulatoire. Il pa* rail peu probable, toutefois, que la desiruclion des globules rouges s'opère indistinctement et au même degré dans tous les points du système vasculaire. Il est des organes qui, comme la rate el le foie, par exemple, réunissent les conditions les plus Favorables à cette destruction. La rate, en particulier, est creusée de vastes sinus vasculaîres qui permettent la stagnation et favorisent sans doute les métamorphoses des globules du sang ; elle renferme souvent, même dans l'éUt physiologique, des corpuscules de pigmeni analogues à ceux qui s'y ucciimulent en si grand nombre, en cas de métanémie. L'oliservalion a fait voir, enfin, que les altérations prgmentaires y sont généralement plus prononcées et plus constantes que partout aîllcur.'. Ainsi, la rate, peut être profondément altérée alors que le foie, les reins et ie cerveau ne le sont pas ou le sont& peine, et ceux-ci ne sont jamais lésés sans que celle-là ne le suit en même temps et à un plus haut degré '. Ces argu-

' Freritlis n rnpporlè un cas oiceplionnel tluns lequel la rate ne présen-

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ments, el d'autres encore dont rexposition nous entraînerait trop loin, ont paru suffisants pour faire admettre que les corpuscules de pigment se développent primitivement et exclusivement dans la rate, et peut-être aussi dans le foie et les ganglions lymphatiques. Une fois parvenus dans le torrent circulatoire, ceux de ces corpuscules qui ne sont pas retenus dans les petits vaisseaux du foie s'accumuleraient dans les divers organes, mais plus particulièrement dans le cerveau et dans les reins, en raison des conditions anatomiques toutes spéciales qu'y présente le système capillaire. Telle est, en résumé, la théorie émise par Meckel el Frerichs et adoptée, à quelques variantes près, par la plupart des auteurs: nous n'entreprendrons pas de la discuter. Nous pensons, en effet, que la solution des questions qu'elle soulève pourra être obtenue seulement à l'époque où la physiologie aura pénétré, plus avant encore qu'elle ne l'a fait jusqu'à ce jour, dans l'étude des phénomènes delà formation et, si l'on peut ainsi dire, de la déformation des divers éléments constitutifs du sang.

La mélanémie se développe à peu près exclusivement dans le cours où à la suite des fièvres intermittentes; c'est là un point sur lequel s'accordent tous les auteurs qui se sont occupés du sujet. On l'a bien quelquefois rencontrée dans des circonstances où la fièvre d'accès n'avait pas éié notée parmi les antécédents des malades ; mais les observations de ce genre sont généralement défectueuses, et elles commandent la plus grande réserve. — Jusqu'àprésent,rienne prouve que la mélanémie puisse exister à litre d'affection primitive et indépendante de toute autre maladie ; de nouvelles recherches sont également nécessaires pour décider s'il faut lui rapporter

tait pas Taltération pigmenlaire, tandis que'le foie la présentait à un haut degré. Le fait démontre, suivant l'auteur, que la rate n'est pas le seul organe où s'opère la destruction des globules rouges du sang. {Loc, cit., p. 329.)

336 HËLANÉHIE ET FIÈVRES In TER MUTENT ES

les cas de pyémie, de typbus, de gangrène, au.^quelâ Roldtansky fait allusion dans son Traité danalomie pathotogiqut, et dans lesquels le sang contenait un cerlain nombre de corpuscules de pigmenl, — Si l'on en juge d'après le Iravai! de Frerîcbs, l'altéralion pigmenlaire consliluerail une coinpljca- Lion fréquente de la fièvre intermittente, au moins dans certaines épidémies ; le docteur Magnus Iluss assure l'avoir rencontrée à peu près conslaramenL dans les cas nombreux de cachexie paludéenne qu'il a observés à Stockholm, pendant ces trois dernières années'. On ignore d'ailleurs, quelles sont les cireonslances qui favorisent son déveluppeiuent. Peut-elle se surajouter à peu près indifféremment- à toutes les formes de l'intoxication palustre? Meckel est porté à penser qu'elle se manifeste principalement dans les cas où les accès présentent une certaine intensité el dans ceux ofi la rate acquiert un grand développement. Mais Planer l'a vue tantôt coïncider avec des accès d'intensité moyenne, et tantôt aussi faire œmplèlement défaut, darjs des cas ofl, cependant, la rate aurait acquis un volume considérable b. la suite de Qèvres întermil' tentes prolongées. Dans l'épidémie qui a été pour Frerichs l'occasion de ses recherches, la fièvre était le plus souvent de type quotidien ou tierce, rarement quarte ; l'apyresie était souvent imparfaite, et la maladie avait une tendance manifeste à prendre le type rémittent ou mGme continu. Les accidents cérébraux étaient des plus fréquents, — On ignore à quelle époque de la maladie la mélanéraie prend naissance, mais il est certain qu'elle peut survivre aux accès même pendant un temps fort long. Dans plusieurs des observations rap> portées par Planer, les malades présentaient les accidents de la cachexie paludéenne à un degré plus ou moins marqué, el chez eux les accès avaient cessé d'esister quciquefoîs depuis plusieurs semaines ou même depuis plusieurs mois

Archiees g'néi aies <le mMecine, seplenibre 1857, p. 303.

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