‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 5)Chapitre 67 sur 121 · MÉLANÉMIR KT MALADIE D ADDISON · texte numérisé non relu

MÉLANÉMIR KT MALADIE D ADDISON

huerait à fixer le diagnostic dans les cas douteux : la fièvre intermittente est signalée dans Tétiologie de la plupart des cas de mélanémie; elle est mentionnée d'une manière tout à fait exceptionnelle dans les cas de maladie d'Addison. Pour le dire en passant, les observations rapportées, il y a quelques mois, par M. le docteur Tigrî, dans la Gazette médicale de Toscane \ et considérées par Tauteur comme des exemples de peau bronzée, semblent pouvoir se rattacher par tous les points à la mélanémie. II y est fait mention dans tous les cas de la coloration noire de la rate [milza nerà)j du foie et des autres viscères qui se lie toujours à Taltération pigmentaire du sang, et qu'on ne trouve pas signalée dans les observations relatives à la maladie d'Addison*.

f Gctzette hebdomadaire y \oc, cit.

Extrait de la Gazette hebdomadaire^ 1857, p. 659.

Notç BUT des crJatauz particuliers trouvés dans lesai^ et daBS certains viscères d'un si^et lencâmique, et sur d'autres f&its nâcrosoopiqpies observés sur le mfime siyet '.

L'étude de la leucocythémie a élé poursaivie avec ardenrdepuis l'année 1845, date des premières publicalioos de H. Beonelt el de Virchow sur ce sujet. Les observations se sont multipliées ; on a pénétré de plus en plus dans la connaissance de la symptomalologte et de l'analomie pathologique de cette maladie, l'une des plus intéressantes du cadre nosologique, et déjJL l'une de celles qui ont été le plus sérieusement travaillées- Toutefois, quels que soient les résultats obtenus jus-

nous publions l'obscrvalion suivante. Il s'agil d'un cas de leucocythémic, cas dans lequel nous n'avons pu avoir aucun renseignement sur l'histoire de la maladie. La nécropsie et l'examen microscopique nous ont présenté quelques faits inléressanls, entre lesquels nous devons surtout mentionner la présence d'une très grande quantité do crislatix pariktiliers dans le sang, cnï^taux dont nous donnons les principaux caractères chimiques, et dont nous reproduisons ici les focmcs, (Figure ii.)

Obs. — IVécfOscopie d'un suj'nl leucémique. — Cristaux particuliers dam le sang et dans certains viscères. — Nombre considérable de globules rouges, plus petits guc dans l'état noiirml, etc.

I,a nommée Laure Weiss, âgée do cinquaiile-huil ans, coloriste, est amenée, le 20 septembre 1860) à l'tiùpltal de la Pitié, dans un état Irés gravf, el succombe iguelquei' heures après son entrée, salle Suinle-Marlhe, n" 33. — .Xécroicopie : le foie présente un volume énorme (36 centimètres sur 40); son llssu est friable, d'une couleur toute particulière qui rappelle celle du chocolat ; la rate aussi est très volumineuse (diamètre lanaitudinal 23 cenlimÈtres, diamètre transversal 10; épaisseur lOcenlimèlres environ) : son tissu est résistant, de couleur acajou. — Le tronc de la veine porte, les mésaraïques, les spléniques, tous les vaisseaux du système porte, en un mot, sont énormément distendus par liu sang à demi coagulé, présentant une couleur chocolat très remarquable. Çà et là on rencontre dans les veines spléniques des caillots tout 11 fait blancs et décolorés. — Les reim, assez volumineux, Reparaissent pas allérés, — Les ganglions lymphatiques, k%b.minés en plusieurs pointi^, et principalement dans le mésentère, unt pour la plupart leur volume normal; quelques-uns, cependant, ont acquis le volume d'une petite noisette. — Poumons tout à fait sains. — Cctur volumineux; ses porois musculaires, épaissies, sont llasqueB et décolorées; il n'y a pas d'altérations valvulaires les ventricules droit et gauche, sont forlemenl distendus par une certaine quantité de sang h. demi coagulé et présentant la colora'

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tion dont il a été parlé plus haut. — Denx épaDcbemeiits de «ld;, présentant les mêmes caractères, existent, l'un, dans répais£«ur de la mamelle, l'autre sous la peau de l'épaule gauche, au roisinage de l'insertion inférieure du deltoïde. — Bien que l'autopsie ait été commencée plus de vingt-quatre heures après la mori, U cadavre est encore chaud : la température parait élevée, eurtont au moment uù la main est introduite dans l'abdomen pour pratiquer l'extirpation des viscères.

Examen microicopique. — On a examiné le sang et les viscères le jour même de l'autopsie, vers deux heures de l'après-midi (l'autopsie avait élé faite & dix heures). L'examen a été renouvelé les jours suivants, et l'on est arrivé de la sorte aux résultats que nous allons exposer. Nous nous occuperons d'abord du sang, puis, nous dirons quelques mots du foie, de la rate et des reins.

Sang. — Le sang, le jour même de l'autopsie, contenait déjà quelques vibrions. Depuis ce jour, il a été conservé dans des tubes non hermétiquement bouchés, et le nombre des vibrions ne s'est pas accru ; et m^me on n'en trouve plus au bout de six semaines. Le sang était en caillots dans le fond de ces tubes. Ces caillots n'ont exsudé aucune trace de sérum; il ne s'est liquéfié quu •iiiiiiïejours au moins après la nécropsie ; enfin, il n'a exhalé

LEUCOCYTlléMIE *. EXAMEX DU SANG 35!

l"" Globules rouges. — Le fait saillant, relativement à ces globules, c*eât l'inégalité de leurs dimensions. Un grand nombre de globules rouges (un tiers environ, et celte proportion n'a rien d'exagéré) n*ont pas le diamètre normal. On trouve des globules qui ont 6 millièmes de millimètre de diamètre, d'autres (K"'^,0t)4, 0°*",003 ; enfin, certains globules n'ont pas plus de 0""»,002, et ils ne sont pas très rares, car il y en a un ou plusieurs dans chaque champ du microscope (450 diamètres). Les plus petits de ces globules oflVent une forme sphéroîdale ; ceux qui sont inler» médiaires entre les petits et les normaux ; présentent çà et là la forme discoïde.

Tous les globules rouges se sont assez bien conservés avec leurs caractères pendant trois ou quatre Jours.

S^* Globules blancs ou incolores (leucocytes). — Ces éléments sont de deux sortes : les uns offrent immédiatement un noyau, les autres n'en présentent pas avant l'emploi des réactifs, ou même après avoir été soumis à leur influence. Les premiers, cellules véritables complètement développées, sont beaucoup plus nombreux que les seconds.

a) Globules blancs à noyau. — Ces globules ont des dimensions peu variées et généralement assez grandes: la plupart ont de 0"°*,0i2 à 014 de diamètre; quelques-uns ont un diamètre un peu moins considérable; d'autres un diamètre un peu plus grand. Le noyau, qui est unique, a en moyenne un diamètre de 0""*,006. Il n'est pas toujours arrondi ; il est souvent légèrement excentrique; il est parfois un peu irrégulier, ou peut encore offrir l'apparence réniforme. U est parsemé, à l'intérieur, de granulations fines, dont quelques-unes sont un peu plus grosses que les autres; mais, en général, il n'y a pas de nucléole bien reconnaissable. La cellule, qui n'est pas non plus toujours régulièrement arrondie, contient aussi des granulations fines et assez nombreuses.

L'acide acétique et l'acide lactique font ptXlir les cellules, en rendant leurs novaux encore plus apparents, et en les contractant

LEUCOCVTDÉlilE ; CUISTAUX IMBTICULIBRS

un peu. Les granulations des noyaux paraissent devenir ausû plus accentuées.

b) Globules blanci lam noyau immédiatement visible, — Les globuline sont e.vtrémement rares ; les autres globules sans noyaa ont des dimensions qui se rapprochent de celles des vraies cellule* précédemment décrUes. Ils contiennejil aussi de nombreuse! gr&nuIaLlone.

Quelques-uns de ces globules sont remplis de granulalions aâsez grosses, très nombreuses, à bord réfringent, lesquell&i ne se dissolvent pas dans lucide acétique- Ce sont des cléments passés à l'état gras, en voie de destruction.

Tous ces globules ne sont pas modiliés de la inëme façon par l'acide acétique (l'acide lactique produit le même effet que l'acide acétique). Dans les uns apparaissent un, plus souvent deux ou trois petits noyuux généralement rassemblés en groupe, et offrant toutes les dispositions notées dans les globules blancs normaux soumis k cette réaction. D'auLres globules ne font que pâlir, sans qu'aucun noyau se montre. Il en est quelques-uns, rares, dans lesquels on aperçoit alors un noyau asseï grand, mais presque aussi effacé que le globule lui-mâme.

Quelques globules blancs, montrant les principales variélét qu'on remarque avant toute réaction, sont prêsentt^s dans la fiff. 41, a. Les globules blancs étaient encore visibles dans le sang ronservé, au bout d'un moi^i. Quinze jours plus lard, on en voyait encore un certain nombre.

3« Autres ËLËKeNTs visibles dans le sang. — Outres les globules, soit rouges, soit blancs, on aperçoit dans le sang une très grande quantité de petites granulations amorphes, formant quelqueTois, par leur réunion autour des groupes des globules blancs, des amus comme cendrés et plus ou moins larges.

Cristaux. — Lors du premier examen qui a été fait le jour de l'sutopsic, on n'avait pas remarqué ces cristaux, suit qu'ils n'exiitassent pas à ce moment, soit qu'ils fussent très peu nombreux. Le lendemain, on en voyait quelques-uns dans chaque préparation; mais leur nombre a Été en augmentant les jour»

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