‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 5)Chapitre 98 sur 121 · VII. Embolies m: l'aorte · texte numérisé non relu

VII. Embolies m: l'aorte

Il est assez rare, en raison du calibre exceptionnel du tronc aortique, de rencontrer à Tintérieur de ce vaisseau des caillots migratoires; cependant on comprend qu'à la rigueur, des fragments détachés d'une tumeur pulmonaire, des masses solides développées au sein des cavités gauches du cœur, pourraient quelquefois s'arrêter dans l'aorte elle-même. C'est ainsi que Cruwel, cité par M. le professeur Andral, a vu l'orifice

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aortique occupé par une concrétion ossiTorme ; c'est ainsi qne MM. Vidal et Lancereaux, dans des cas de cancer pulmonaire, ont trouvé des débris cancéreux dans le cœur gauche et daos l'aorlc elle-niâme. C'est au niveau de la bifurcation du vaisseau, que les obstructions de ce genre auraient naturel lement le plu$ de tendance à se produire. Nous avons vu, dans le service de M. Moissenet, à l'bftpitat Lariboisiëre, une oblitéralion embolique de l'arlére iliaque primitive, immédiatement audessous de son origine, par des végétations détachées de h valvule milrale : il en était résulté une gangrène du membn' correspondant, qui se termina ullérieurenient par la mort.

VlII. Entozoaib£S i>e l'aortb.

Indépendamment des animalcules qui peuvent existera \'itnt libre dans le sang, on rencontre, chez les animaux, de? helminthes, d'une nature spéciale, logés à l'intérieur des ^'aisseaux artériels.

Ituysch est le premier observateur qui ait signalé ce fait: c'est chi^z le cheval qu'il avait constaté cette lésion singulière-

ENTOZOAIRRS 5G5

ils ont été décrits par plusieurs observateurs, sous le nom de Crinons; Rudolphi les a classés dans le genre strongle, et en fait une espèce à part sous le nom de strongylus armatus minor. M. Rayer, dans un mémoire approfondi sur cette matière, oîi les travaux de ses devanciers sont résumés et souvent rectifiés, a donné de cet entozoaire une description détaillée. Le défaut d'espace nous interdit de la reproduire ici: contentonsnous de faire observer que, sauf le volume, ces petits vers ressemblent, k presque tous les égards, au strongylus armatus major ^ qui habite Tintestin des solipèdes.

On regardait autrefois ces helminthes comme la cause première de la lésion artérielle ; leur présence, d'après plusieurs observateurs, pouvait amener des ulcérations de la membrane interne des vaisseaux, et même provoquer une inflammation suppurative. M. Rayer, dans ses recherches, n'a jamais rien rencontré de pareil ; il fait observer d'ailleurs que ces tumeurs vermineuses appartiennent à la catégorie des anévrismes vrais, et sont constitués par la dilatation de toutes les tuniques. Sans doute, il existe un épaississement des parois artérielles et une hypertrophie de la tunique moyenne ; mais ces altérations, fort bien décrites par MM. Trousseau et Leblanc, n'autorisent point à croire que la formation de la poche soit postérieure à l'éclosion des vers qui Thabitent. Ilering attribue le développement de ces anévrismes, presque toujours situés sur le trajet des artères intestinales, aux tiraillements que ces vaisseaux éprouvent pendant le travail des animaux ; mais M. Rayer fait observer, avec raison, que l'anévrsme par tiraillement offre des caractères anatomiques qu'on ne retrouve point dans les anévrismes vermineux. Dans ces derniers temps, M. Davaine, revenant, en partie, aux opinions anciennes, attribue aux entozoaires la part principale dans le développement de ces tumeurs. Malgré les arguments plausibles qu'il présente à l'appui de ses idées, nous croyons pou-

MiG MALADIES DB l'aORTE

voir dire que, jusqu'à présent, t'éUologie de cette aiïeclion resle ind^lerminée.

Des anévri^mes vermineux ont été récemment signalé; chez l'homme, par Kussmaiil e( Maier ; au reste, comme ces lésions ne siégeaient pas sur le trajet de l'aorte elle-rnSme, mais seulement sur certaines de ses branches principales, nous ne croyons pas devoir nous en occuper ici.

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