STRUCTURE DES CANAUX BILIAIRES EXCRÉTEURS
chez le cochon d*Inde, on rencontre des glanglions au milieu des plexus nerveux. La vésicule du fiel, au dire de cet auteur, serait douée d'ailleurs de mouvements péristaltiques comme rintestin.
e) On peut avancer, d^une façon très générale, que, à part certaines modifications plus ou moins importantes, les canaux biliaires excréteurs, en ce qui concerne la structure de leurs parois, sont faits sur le môme modèle que la vésicule du fiel. On y observe doux couches de tissu fîbroïde, composées principalement de faisceaux de tissu conjonctifet défibres élastiques. Dans l'épaisseur de ces parois, surtout dans celles du canal cystique, existent des glandes en beaucoup plus grand nombre que dans les parois de la vésicule. Les nerfs de la vie organique s'y voient en abondance (Henle). Um voici le point qui nous touche particulièrement. Le plan musculaire si développé de la vésicule du fiel, est-il représenté dans la paroi des conduits biliaires? Des anatomistes consommés, parmi lesquels Henle, Eberth, Prey, nient absolument Texislence de fibres musculaires dan^ les parois des conduits biliaires. D'autres, au contraire, comme M. le professeur Sappcy, admettent qu'elles y existent en assez grand nombre. D'autres euQn, commeKoUiker, accordent l'existence d«^ qu«»l(iiios faisroaux de fibres-cellule?; musculaireis ; mais ces faisceaux seraient très clair-semés et partant on ne saurait trouver là, à proprement parler, une tunique musculeuse. Il y aurait d'ail leurs, à cet éiîani» de très grandes variétés suivant les sujets. Les faisceaux musculaires peuvent faire com|)lètenient délanl : ce qui explique, dit M. Kolliker, comment llenh» et Kherlh ne le< ont pas rencontrés. Dans ces tlerniers temps, MM. Lei:ros, (jrancher et Renaut ont étudié de uouvtNUi cette que>^ti(Ui et l'opinion à laquelle leurs recherclu*s lt\s ont conduits (»st en quelque sorte intermédiaire à celle de M. Sapp(\v ci de M. KoUikcr.
('.lie/, le hieiil*. le-^ conduits biliain^^ sont doués d'une forte musculatnri» : chez, le chien, la pn'sence des faisceaux muscu- Uiivs dan^ h»^ parois dt» c»s canaux est incontestable ; mais »^îMV quia trait àriionitn», ces faits ne nou> apprennent rien.
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Nous avons voulu, M. Pitres et moi, savoir à quoi nous en tenir à cet égard, et nous avons, à cet effet, examiné la structure des parois des canaux biliaires excréteurs chez une dizaine de sujets d'âges divers. Chez plusieurs vieillards, il nous a été impossible de mettre en évidence Texistence de faisceaux de fibres mu.<(culaires. En revanche, ces faisceaux étaient très apparents, et même assez multipliés et assez puissants parfois chez les sujets adultes : par exemple, chez une femme aliénée de 32 ans et chez un homme de 30 ans. lien était de môme chez unenfant de 10 ans. Ces faisceaux qui occupent la partie la plus profonde de la tunique interne ODt leur grand axe dirigé suivant la grandeur du canal, et se présentent par conséquent, sur les coupes longitudinales, sous la forme de longues bandelettes. Sur les coupes transversales, la surface de section de ces faisceaux apparaît sous la forme d*espaces arrondis.
n .n'existe pas, ainsi que M. Renaul Tavait déjà signalé, de faisceaux dirigés en travers. La disposition que nous venons d'indiquer est commune aux trois canaux hépatique, cholédoque et cystique.
En résumé, de tout ce qui précède, il semble résulter que les faisceaux de fibres musculaires existent normalement dans les parois des conduits biliaires, mais qu il y a lieu de noter sous ce rapport de très grandes variations suivant les sujets. On est porté à croire que, chez les vieillards surtout, ces faisceaux sont habituellement très peu prononcés ou même font parfois complètement défaut. Nous devons ajouter que, d'après MM. Bouisson, Barth, Deville et Broca, les faisceaux musculaires des conduits biliaires sont susceptibles d'acquérir, dans certaines conditions pathologiques, un très grand développement.
^) A ces différences individuelles dans la constitution analomiquedes parois biliaires paraissent correspondre des différences dans les propriétés physiologiques.
Chez les animaux, tandis que Magendie assure n'être janiais parvenu à faire entrer en contraction les parois de la vésicule, Leuret et Lassaigne, au contraire, et M. Colin, affîr-
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meoi que, chez le cheval et le bœuf au moins, la propriété contracUle des conduits biliaires est très manifeste sinoi très énergique.
La question en litige a été étudiée avec soin dans ces derders temps par H. Laborde (1). Ses expériences, faites sur des chiens» Tont conduit à reconnaître que, sons rinfluence dsi excitations électriques (courants induits), la vésicole biliaiiie subit une contraction lente, soutenue, prindpalemenl dav le sens de la longueur. Sous Faction des mêmes excitation^ et de l'introduction de corps étrangers dans sa cavité, le canat cholédoque se raccourcit et se rétrécit très manifestemiepi Le même phénomène se produit pour les canaux cysliqoè et hépatique. Il suit de là que la vésicule et les canaux biliaires sont doués, chez le chien tout au moins, de oontraotilité s*exerçant à la façon des muscles lisses de la vie orgtnique.
Quelques-unes des expériences de H. Laborde mériM d'être relevées, en raison de l'application qu'on pent fiUre dsi résultats obtenus à la théorie de la colique hépatique. Depiitits corps étrangers^ introduits par Forifice duodénal, danak canal cholédoque, se sont rapidement déplacés et ont pn-. gressé les uns vers la vésicule, les autres vers l'intestin. Cette progression s*est opérée vraisemblablement sous rinSnenoe surlout des coniractions des parois des conduits biliaires.
Un dernier fait mis en relief par ces mômes expériences est la sensibilité extrême que paraît posséder la membrane muqueuse des conduits biliaires. L'introduction de quelques gouttes d'acide acétique dans la cavité de la vésicule, decorps étrangers dans celle du canal cholédoque, fait pousser aux animaux des cris déchirants.
h) Tel est Tétat des choses chez les animaux. L'occasion d'étudier expérimentalement Tinfluence des excitations sur le* voies biliaires de l'homme a été plusieurs fois saisie dans des cas de mort violente. Les résultats obtenus tendent à éla-
(1) Bulletin de thérapeutique, 1874, 2» série, 8° livraison.