‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 117 sur 723 · I. ON NE S'AVISE JAMAIS DE TOUT · texte numérisé non relu

I. ON NE S'AVISE JAMAIS DE TOUT

OONTB TIRÉ DBS CENT NOUVELLES NOUVELLES.

Certain Jakmx , ne dormant que d'un ceO , Interdisait tout commerce A sa femme.

Dans le dessein de prévenir la dam^, Havait fidt on fort ample recudl

De tous les tours que le sexe sait Pauvre ignorant 1 comme si cette N'était une hydre , i parler franchement I Il captivait * sa femme cependant , De ses cheveux voulait savoir le nombre La faisait suivre , à toute heure , en tous lieux , Par une vieille au corps tout rempli d'yeux, Qui la quittait aussi peu que son ombre. Ce fou tenait son recueil fort entier : n le portait en guise de psautier, Croyant par là oocuage hors de gamme.

Un jour de fête , arrive que la dame , En revenant de Téglise , passa Près d'un logis , d'où quelqu'un lui jeta Fort à propos plein un panier d'ordure. On s'excusa. La pauvre créature , Toute vilaine , entra dans le logis.

Il lui fallut dépouiller ses habits, s Elle envoya quérir une autre jupe , Dès en entrant , par cette douagna *, Qui hors d'haleine à monsieur raconta Tout l'accident. Foin ! dit-il , celui-lA N'est dans mon livre , et je suis pris pour dupe : Que le recueil au diable soit donné I n disait bien ; car on n'avait jeté Cette immondice , et la dame gâté , Qu'afin qu'elle eût qudque valable excuse Pour éloigner sou dragon quelque temps.

Un sien galant , ami de lA dedans , Tout aussitôt profita de la ruse.

Nous avons beau sur ce sexe avoir l'œil : Ce n'est coup sûr encontre tous esclandres. Maris jaloux , brûlez votre recueil , Snrma parole , et fidtes-«n des cendres.

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