‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 121 sur 723 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

avec maint autre dieo Doo moiiis estniFagant ; Put ' demeure SOT pied m la même posture.

On aurait ri de Tayenture Si h belle avec loi n'eût tombé dedans Teau. Hnpa' se jette après : Tun et Tantre vaisseau, Ihbiiené du combat , et privé de pilote , Âo gré d'Écrié et de Neptune flotte.

La mort fit lâdier prise au géant pourfendu. Llnfanle, par sa robe en tombant soutenue ,

Fut bientôt d^Hispal secourue.

Niger vers les vaisseaux eût été temps perdu ;

Ds étaient presque à demi-miUe :

Ce qu'il jugea de plus fiuûle

Fut de gagner certaius rochers Qd (f ordinaire étaient la perte des nochers , Et fiirmt le salai d'Hispal et de rinbnte. Aoams ont assuré , comme chose constante , Que même du péril la cassette échappa ;

Qu'à des cordons étant pendue ,

La belle après soi la tira :

Autiemeat elle était perdue.

Roue nageur airait rinfimte sur son dos.

Le premier roc gagné , non pas sans quelque peine ,

Laersintedela Cûm suivit celle des flots;

Nol Tsisseau ne parut sur la liquide plaine.

Lejonrs'adiève; fl se passe une nuit :

Point de vaisseau près d'eux par le hasard conduit , Point de quoi manger sur ces rodies.

Voilà notre couple réduit A sentir de la fidm les premières qiproches : Tous deux privés d'espoir , d'autant plus malheureux

Qu'aimés aussi 1^ qu'amoureux , As perdaient doublement en leur mésaventure. Après s'être longtemps regardés sans parier : Hispsl, dit la princesse, il se feut consoler ; Les pleurs œ peuvent rien près de la Parque dure; Noos n'en mourrons pasmoins : mais il dépend de nous

D'adoucir Taigreur de ses coups ; C'est tout ce qui nous reste en ce malheur extrême . Seconsolerl ditril; le peut-on quand on aime? Ah! sL.. Ma» non y madame, il n'est pas à propos

Que vous aimiez ; vous seriez trop à plaindre. Je brave à mon égard et la fidm et les flots : Mais jetant l'œil sur vous, je trouve tout à craindre.

La princesse , à ces mots , ne se put (dus contraincke : Pleurs de couler , soupirs d'être poussés,

Regards d'être au del adressés , Et puis sanglots ^ et puis soupirs encore.

En ce même langage Hispal lui repartit ,

*itepvtie.

Tant qu'enfin un baiser suivit : ' S'il Ait pris ou donné , c'est ce que l'on ignore.

Après Ibroe vœux impuissants , Le héros dit : Puisqu'en cette aventure Mourir nous est chose si sûre , Qu'importe que nos corps des oiseaux ravissants Ou des monstres marins deviennent la pâture? Sépulture pour sépultui^ , La mer est égale, à mon sens.

Qu'attendons-nous ici qu'une fin languissante? Serait-il point plus à propos De nous abandonner aux flots?

J'ai de la force encor; la côte est peu distante; Le vent y pousse ; essayons d'approcher;

Passons de rocher en rocher ; J'en vois beaucoup où je pois prendre haleine. Alaciel s'y résolut sans peine.

Les revoilà sur Tonde ainsi qu'auparavant ,

La cassette en laisse suivant ,

Et le nageur , poussé du vent ,

De roc en roc portant la belle :

Façon de naviger ' nouvelle.

AvecFaide du del et de ces reposoirs, Et du dieu qui préside aux liquides manoirs , Hispal n'en pouvant plus de fidm, de lassitude ,

De travail, et d'inquiétude

(Non pour lui , mais pour ses amours ) ,

Après avoir jeûné deux jours ,

Prit terre à la dixième traite,

Lui , la prmcesse , et la cassette.

Pourquoi , me dira-t-on , nous ramener toujours Cette cassette? est-ce une circonstance

Qui soit de si grande importance ?

Oui, selon mon avis; on va voir si j'ai tort.

Je ne prends point ici l'essor,

Ni n'affecte de railleries.

Si j'avais mis nos gens à bord

Sans argent et sans pierreries,

Seraient-ils pas demeurés court?

On ne vit ni d'air ni d'amour.

Les amants ont beau dire et faire , n en fliut revenir toujours au nécessaire. La cassette y pourvut avec maint diamant. Hispal vendit les uns , mit les autres en gages ; Fit achat d'un château le long de ces rivages: Ce château , dit l'histoire , avait un parc fort grand ; Ceparo,unbois; ce bois, de beaux ombrages;

Sous ces ombi'ages nos amants

Passaient d'agréables moments.

* ymwiger, pour navigmr , dans Im édltk»i da tonpt.

CONTES ET NOUVELLES

Voyei combien voilà de choies endudiiées, El ptr la cassetle amenées 1

Or au fond de ce bois on certain antre était, Soord et moet , et d'arnooreose affaire ; ScMnbre surtout : la nature semblait L^avoir mis là mm pour autre mystère . . Nos deux amants se promenant un jour , Il arriva que ce firipon d'Amour Guida leurs pas vers ce lieu solitaire.

Chemin faisant , Hispal expliquait ses désirs,

Moitié par ses discours, moitié par ses soupirs, . Plein d'une ardeur impatiente :

La princesse écoulait incertaine et tremblante.

Nous Toid , disait-il , en un bord étranger, Ignorés du reste des hommes; Profitons^n ; nous n'avons à songer Qu'aux douceursderamour, enrétatoùnoussommes. Qui vous retient? <m ne sait seulement Si nous vivons ; peut-être en ce moment Tool le monde nous croit au corps d*uiie baleine. On favorisez votre amant , " On qu'à votre époux il vous mène.

Biais pourquoi vous menée? vous pouvez rendre heo- Celui dont vous avez éprouvé la constance. |reux Qu'altendez-vous pour soulager ses feux?

N'est-il point assez amoureux?

Et n'avez-vous point fait assez de résistance?

Hispal haranguait de tkçon

Qu'il aurait échauffé des marbres ^ Tandis qu'Aladd , à l'aide d'un poinçon , Faisait semblant d'écrire sur les arbres.

Mais Tamour la faisait rêver

A d'autres dioses qu'à grajer

Des caractères sur l'écorce.

Son amant et le lieu l'assuraient du secret :

C'était une puissante amorce.

Elle résistaità regret : Le printemps par malheur était lors en sa forœ.

Jeunes cœurs sont bien empêchés

A tenir leurs désirs cadiés ,

Étant pris par tant ^e manières.

Combien en voyons-nous se laisser pas à pas

Ravir Jusqu'aux faveurs dernières ,

Qui dans l'abord ne croyaient pas

Pouvoir accorder les premières I Amour , sans qu'on y pense , amène ces instants :

Mlinte fille a perdu ses gants ,

Et femme au partir s'est trouvée ,

Qui ne sait la plupart du temps

Comme la chose est arrivée.

PrèsdeTantre venus, nolie amant proposa

D'entrer dedans. La belle s'exoosa, Mais malgré soi d^ presque vaiocoe.

Les services d'Hispal en ce même moment

Lui reviennent devant la voe ; Ses jours sanvés des flots , son bonnenr d'nn géant :

Que lui demandait son amant?

Un bien dont elle était à sa valeur tenue : Il vaut mieux, disait-il , vous en faire un ami , Que d'attendre qu'un bomme à la mine hagarde Vous le vienne ôilever : madame, songe^y ;

L'on ne sait pour qui l'on le garde.

L'infante à oes raisons se rendant à demi ,

Une pluie adieva l'affaire.

U fallut se mettre à Tabri :

Je laisse à penser on. Le reste du mystère

Au fond de l'antre est demeuré.

Que l'on la blâme ou non , je sais plus d'une belle

A qui ce fait est arrivé^ Sans en avoir moitié d'autant d*excnaes qu'elle.

L'antre ne les vit seul de ces doneeors jouir : Rien ne coûte cil amour que la première peine. Si les arbres parlaient, il ferait bel onir Ceux de ce bois; car la forêt n'est pleine

Que des monuments amoureux Qu'Hispal nous a laissés , glorieux de sa proie. On y verraitécrit : « Id pâma de joie

Des mortels le plus heureux :

Là mourut un amant sur le sdn de sa.dame : En cet endroit , mille baisers de flamme

Furent donnés , et mille isiutres rendus. » Le parc dirait beaucoup, le château beaooonpplos,

Si diâleaux avaient une langue.

La chose en vint au point que, las de tant d'amour, Nos amants à la fin regrettèrent la cour. La belle s'en ouvrit, et vdd sa harangue :

Vous m'êtes dier , Hispal ; j'aurais du déplaisir Si vous ne pensiez pu que toujours je vous aime. Mais qu'est-ce qu'unamour sans crainte et sans désir?

Je vous le demande à vous-même.

Ce sont des feuxbientdl passés Que ceoxquine sont point dans leur cours traversés:

Il y faut un peu de contrainte.

Je crains fort qu'à la fin ce séjour si charmant Ne nous soit un désert, et puis un monument

Hispal , dtez-moi cette crainte.

Allez-voi^en voir promptement Ce qu'on croira de moi dedans Alexandrie , Quand on saura ^^ nous sommes en vie.

Déguisez bien notre séjour :

Dites que vous venez préparer mon retour , Et faire qu'on m'envde une escorte si sûre ,

Qu'U n'arrive plus d'aventure.

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