LIVRE II
Grofez-moi, vous n'y perdrei Troorez senlemeiil le moyen De me sohrre en ma destinée ()n de fiUage', OQ d'hyménée; Et tenez pour diose asBorée Que, si je ne tous fols da hien, Je solide près éclairée.
Qoeœ ftt OQ non son dessein , Pwraesenrir d*Hîspal il fellait tout promettre. Dès qu'il troinre à propos de se mettre en chemin , Lm&nle pour Zalr le charge d*mie lettre. Il s'embarque, il fint voile; il vogue, il a hon vent. Daime àla oonr, où chacun lui demande
S'Q est mort , s'il est vivant ,
Tant la surprise fut grande; Eocpels lieux est Tinfente , enfin ce qu'elle foit.
Dès qu*il eut à tout satisfidt , I
Od fit partir une escorte puissante.
Hapsl fiit retenu; non qu'on eût en effêt
Le moindre soupçon de rinfante. LedKfde cette escorte était jeune et bien fidt Abofdé près dn parc , avant tout il partage Si troupe en deux , laisse Tune au rivage;
Va àoitavec Fautre au château.
Labeauté de Tinfonte était beaucoup accrue : D en devint épris à la première vue ; Hais Idlement épris , qu'attendant qu'il fît beau , Poorne point perdre temps, il lui dit sa pensée.
Elle s'en tint fort offensée ,
Et l'avertît de son devoir.
TéoMigiier en tel cas on peu de désespoir
Est qoelquefois ime bonne recette.
Cest ce que fiât notre homme :il forme le dessein
De se laisser mourir de feim; Car de se poignarder la chose est trop tôt faite :
On n*a pas le temps d'en venir ^ An repentir.
D^abord Aladel riait de sa sottise.
Ub jour se passe entier , lui sans cesse jeûnant ,
Elle toujours le détournant
D'one si terrible entreprise, le second jour commence à la toucher.
EUe rêve à cette aventure :
l^ÛKr mourir un homme , et pouvoir l'empèchef I
C'est avoir l'âme un peu trop dure.
Par pitié mit elle condescendit
Aux volontés dn capitaine,
Et cet offioe loi rendit ^^"■ow&t, de bonne grâce, et sans montrer de peine : ^o^Rownt le remède eût été sans effet.
Tandis que le galant se tnmve satisAdt , Et remet les autres aflbdres , Disant tantôt que les vents sont contraires , Tantôt qu'il feut radouber ses galères - Pour être en état de partir; Tantôt qu'on vient de Tavertlr Qu'il est attendu des ciyrsaires :
Un corsaire en effet arrive ; et surprenant
Ses gens demeurés à la rade , Les tue , et va donner au château l'escalade : Du lier Grifonio c'était le lieutenant.
n prend le château d'emblée.
Voilà la fête troublée.
Le jeûneur maudit son sort.
Le corsaire apprend d'abord
L'aventure de la belle ;
Et , la tirant à l'écart ,
n en veut avoir sa part. .
Elle fit fort la rd)ëlle.
D ne s'en étonna pas ,
N'étant novice en tel cas.
Le mieux que vous puissiez fbire ,
Loi dit tout fhmc ce corsûre ,
C'est de m'avoir pour ami ;
Je suis corsaire et demi.
Vous avez fidt jeûner un pauvre misérable
Qui se mourait pour vous d'amour ;
Vous jeûnerez à votre tour ,
On vous me serez favorable.
La justice le veut : nous autres gens de mer Savons rendre à chacun selon ce qu'il mérite ;
Attendez-vous de n'avoir à manger Que quand de ce côté vous aurez été quitte. Ne marchandez point tant, madame , et croyez-moL Qu'eût hïi Aladel ? force n'a point de loi. S'accommoder à tout est chose nécessaire. Ce qu'on né voudrait pas , souvent il le feut foire, Quand il plaît au destin que l'on en vienne là ; Augmenter sa souffiranoe est une erreur extrême : Si par pitié d'autrui la belle se fbrça , Que ne point essayer par pitié de soi-même? Elle se force donc, et prend en gré le tout, n n'est affliction dont on ne vienne àbout.
Si le corsaire eût été sage , n eût mené Tinfante en un autre rivage.
Sage en amour f hélas I il n'en est pofait . Tandis que oelni-d croit avoir tout à point ,
Vent pour partir , lien propre pour attendre , Fortune, qui ne dort que lorsque nous veillonSi Et veille quand nous sommeillons, Lui trame en secret cet esclandre.
CONTES ET NOUVELLES
Le seigneur d'un diâteaa voisin de celoi-ci , Homme fort ami de li joie , Sans nulle attache , et sans soud Que de chercher toujours quelque nouyelle proie , Ayant eu le vent des beautés , Perfections , commodités , Qu^en sa voisine on disait être , Ne songeait nuit et jour qu'à s'en rendre le maître : 0 avait des amis, de Targent, du crédit ,
Pouvait assembler deux mille hommes, n les assemble donc un beau jour , et leur dit :
Souffrirons-nous , braves gens que nous sommes , Qu'un pirate à nos yeux se gorge de butin , Qu'il traite comme esclave une beauté divine ? Allons tirer notre voisine D'entre les griffes du mâtin.
Que ce soir chacun soit en armes , Mais doucement et sans donner d'alarmes : Sous les auspices de la nuit, '
Nous pourrons nous rendre sans bniit Au pied de ce chAteau , dès la petite pointe
Du jour.
La surprise à Tombre étant jointe Nous rendra sans hasard maîtres de œ s^oor. Pour ma part du butin je ne veux que la dame : Non pas pour en user ainsi que ce voleur ;
Je me sens un désir en TAme De lui restituer ses biens et son honneor. Tout le reste est à vous, hommes, dievaux, bagage. Vivres , munitions , enfin tout Téquipage Dont ces brigands ont empli la maison.
Je vous demande encore un don ; Cest qu'on pende aux créneaux , haut et court , le
(corsaire.
Cette harangue militaire Leur sut tant d'ardeur inspirer , Qu'il en fUlut une autre afin de modérer Le trop grand désir de bien f^ire Chacun repidt , le soir étant venu :
L'on mange peu , l'on boit en récompense :
Quelques tonneaux sont mis sur eu.
' Pour avoir fiiit cette dépense , n s'est gagné plusieurs combats Tant en Allemagne qu'en France.
Ce seigneur donc n'y manqua pas ; Et ce fut un trait de prudence.
Mainte échelle est portée, et point d autre embarras, Point de tambours , force boas coutelas ; On part sans bruit , on arrive en silence. L'orient venait de s'ouvrir :
C'est un temps où le somme est dans sa violence. Et qui par sa fhddieur nous contraint de donnir.
Presque tout le peuple oonaire , Du sommeil à la mort n'ayant qu'on pas à faire,
Fut assommé tans le sentir.
Le chef pendu, l'on amène l'inftoite.
Son peu d'amour pour le voleur, Sa surprise et son épouvante , Et les civilités de son libérateur , Ne lui permffent pas de répandre des larmes. Sa prière sauva la vie à quelques gens. Elle plaignit les morts , consola les mooranto ; Puis quitta sans regret ces lieux remplis d' ' On dit même qu'en peu de temps Elle perdit la mémoire De ses deux derniers galants :
Je n'ai pas peine à le croire.
Son voisin la reçut en un appartement
Tout brillant d'or et meublé richement.
On peut s'imaginer l'oi-dre qu'il y fit mettre. Nouvel hôte et nouvel amant , Ce n'était pas pour rien omette :
Grande chète surtout , et des vins fort exquis : Les dieux ne sont pas mieux servis.
Aladel , qui , de sa vie.
Selon sa loi , n'avait bu vin , Goûta ce soir, par compagnie , J)e ce breuvage si divin.
Elle ignorait l'effet d'une liqueur si douce ;
Insensiblement fit carronsse ' :
Et comme amour jadis lui troubla la raison , Ce fut lors un autre poison.
Tous deux sont à craindre des dames.
Aladd mise au lit par ses femmes , Ce bon seigneur s'en Ait la trou ver tout d'un pas. Quoi trouver? dira-t^on; d'immobiles appas? Si J'en trouvais autant , je saurais bien qu'en foire, Disait Tautre jour un certam :
Qu'il me vienne une même afbdre , On verra si j^aurai recours à mon voisin. Baccfausdonc', et Morphée , et l'hôte de la belle,
Cette nuit dbposèrent d'elle.
Les diarmes des premiers disâpés à la fin , La princesse, au sortir du somme.
Se trouva dans les bras d'un homme.
La frayeur lui glaça la voix :
Elle ne put crier « et de crainte saisie Permit tout à son hôte , et pour uhe autre fois
Lui laissa lier la partie.
Une nuit , lui dit-il , est de m^aie<pïFS^t ; Ce n'est que la première à quoi l'on trouve à dire. Alaciel le crut. L'hôte , enfin se lassant , Pour d'autres conquêtes soupire.
* C'ert-à-dlre,bat Jnaqa'à oe qu'oa eAt Hdé les boutefllei, oa JiiMia*à perdre la nifoo. CarroiiMeert dérivé da mot allonarf garant OBarairai)» qui tlsiiifle fin , issuê, ruême , oa perte lotah.