LIVRE IL
Trop bien croyait , ces sœon étant pea sages , QollenpoaiTaitGroqaer' une en passant, Et pois une antre, et pais toute la troupe.
Nutolui dit (c'est le nom du vieillard ): Crois^noi , Mazet, mets-toi quelque autre part, raimerais mieux être sans pain ni soupe. Que d'employer en ce lieu mon travail : Les nonnes sont un étrange bétail :
Qû n'a tâté de celte marchandise Né sait enoor ce queeestque tourment.
Je te le dis , laisse là ce couvent ; Car d'espérer les servir à leur guise , (Test un abus : Tune voudra du mou , Uautredu dur ; par quoi je te tiens fou , D^autant plus fou que ces filles sont sottes : Tq n'auras^ œuvre faite , entre nous ; L*ane voudra que tu plantes des choux, L'aotie voudra que ce soit des carottes.
Mazet reprit : Ce n'est pas là le point. Vob-ta , Nuto , je ne suis qu'une bète ; Hais dmns ce lieu tu ne me verras point Un mois entier sans qu'on m'y fosse fête. La raison est que je n'ai que vingt ans; Et, comnM toi, je n'ai pas Sût mon temps. Je leur sois propre , et ne demande en somme Qoe d'être admis. Dit alors le bonhomme: Ao bctoton tu n'as qu'à t'adresser ; ADons-noos-en de ce pas lui parler.
Allons , dit l'autre.... Il me vient une chose Dedans l'esprit ; je ferai le muet ' Et Fidiot. Je pense qu'en effet , Reprit Nuto, cela peut être cause Qoe le pater avec le fitctoton rraoront de toi ni crainte nî sonpçcm.
La chose alla comme U l'avait prévue.
Voilà Mazet, à qui pour bienvenue L'on bit bèdier la moitié du jardin.
Il contreÊdt le sot et le badin ^ £^ oqKndant laboure comme un sire.
Autour de lui les nonnes allaient rire.
Par un midi le compagnon dormant , Ou bien feignant de doimir , il n'importe (Boccaoe dit qu'il en fiûsait semblant) , Deux des nonnams le voyant de la sorte Seal au jardin , car sur le haut du jour Noile des sœurs ne faisait long séjour Hors le logis ; le tout crainte du hâle ; f)e ces deux donc l'une approchant Mazet
M^emploi da moteroTner, dans le wns m^aphoriqnc de ^^^«in, elc était oonumin dam le siècle de Louis XIT.
Dit à sa sœur : Dedans ce cabinet Menons ce sot Mazet était beau mâle , Et la galande à le considérer Avait pris goût ; pourquoi sans différer Amour lui fit proposer cette affaire.
L'autre reprit : Là dedans? et quoi ûdre? Quoi? dit la sœur ; je ne sais , l'on verra ; Ce qoe Ton fait alors qu'on en est là ; . Ne dit-on pas qu'il se fait quelque chose ?
Jésus I reprit l'autre sœur se signant ,
Que dis-tu là ? notre règle défend
De tels pensers. S'il nous foit un enfent !
Si Ton nous voit ! Tu t'en vas être cause
De quelque mal. On ne nous verra point ,
Dit la première ; et , quant à Tantre point,
C'est s'alarmer avant que le coup vienne :
Usons du temps , sans nous tant mettre en peine,
Et sans prévoiries choses de si loin.
Nul n'est ici; nous avons tout à point ,
L'heure , et le lieu , si touffu que la vue
N'y peut passer; et pins sur l'avenue
Je suis d*avis qu'une fesse le guet ,
Tandis que l'autre étant avec Mazet
A son bel aise aura lieu de s'instruire :
Il est muet , et n'en.pourra rien dire.
Soit &it , dit rantre ; il fout à ton désir
Acquiescer , et te foire plaisir.
Je passerai , si tu veux , la première ,
Pour t'obliger : ao moins à ton loisir
Tu t'ébattras puis afNrès de manière
Qu'il ne sera besoin d*y retourner.
Ce que j*en dis n'est que pour t'obliger.
Je le vois bien, dit Tautre plus sincère : Tu ne voudrais sans cela commencer Assurément , et tu serais honttmse.
Disant ces mots , elle éveilla Mazet , Qui se laissa mener an cabinet.
Tant y resta cette sœur scrupuleuse, Qu^à la fin l'autre , allant la dégager , De foction la fût faire changer.
Notre muet fait nouvelle partie :
Il s'en tira non si gaillardement ; Cette scrar fot brâucoup plus mal lotie ; Le pauvre gars acheva simplement Trois ibis le jeu , puis après il fit chasse '.
Les deux nonnains n'oublièrent la trace Du cabinet non plus que du jardin ;
4 Métaphore tirée do Jea de panme : f qui l^it trois diaiMt rend tout son coup l^nx. ■ Voyez l'Eocf clopédie de Diderot au mot paume, H fU chaste signifie ici, il s'arrêta.
CONTES ET NOUVELLES
Il ne fellait lear montrer le diemin : Mazet pourtant sç ménagea de sorte Qu'à sœur Agnès, quelques jours ensuivant, Il fit apprendre une semblable note En un pressoir tout au bout du couvent. . Sœur Angélique et sœur Claude suivirent , L'une an dortoir , l'autre dans un cellier ; Tant qu'à la fin la cave et le grenier Du fait des sœurs maintes choses apprirent. Point n'en resta que le sire Mazet Ne régalât au moins mal qu'il pouvait.
L'abbesse aussi voulut entrer en danse : Elle eut son droit , double et triple pitance ; De quoi les sœurs jeûnèrent très-longtemps. Mazet n'avait ftinte de restaurants ; Mais restaurants ne sont pas grande affaire A tant d'emploi. Tant pressèrent le hère, Qu'avec Tabbesse un jour venant au choc , J'ai toujours on! , ce dit-il , qu'un bon coq N'en a que sept; au moins qu'on ne me laisse Toutes les neuf. Miracle 1 dit l'abbesse ; Venez , mes sceurs , nos jeûnes ont tant fait Que Mazet parle. Â l'entour du muet, Non plus muet , toutes huit accoururent , Tinrent chapitre , et sur l'heure conclurent Qu'à l'avenir Mazet serait choyé Pour le plus sûr; car qu'il fût renvoyé, Gela rendrait hi chose manifeste. •
Le compagnon , bien nourri , bien payé , Fit ce qu'O put; d'autres firent le reste, n les engea' de petits Mazillons', Desquels on fit de petits moiniUons :
Ces moinillons devinrent bientôt pères , Comme les sœurs devinrent bientdl mères , A leur regret , {deines d'humilité :
Mais jamais nom ne fut mieux mérité.