‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 129 sur 723 · I. LES OIES DU FRÈRE PHILIPPE · texte numérisé non relu

I. LES OIES DU FRÈRE PHILIPPE

ROUYBLLB TI&SB DE BOGCACE.

Je dob trop au beau sexe, il me fait trop d'honneur De Ure ces récits , si tant est qu'il les lise. Ponitinoi non? c'est asses qu'il eondaume en ton oœnr

Celles qui font quelque sottise.

Ne peut-il pas , sans qu'il le dise ,

* Bnçêr signifie emplir, prodnire. créer, former.

* De petit! Maicu.

Rire sous cape de ces tom^ ,

Quelque aventure qu'il y trouve?

S'ils sont faux , ce sont vains discours ;

S'ils sont vrais , il les désapprouve.

Irait-il après tout s'alarmer sans nûson

Pour un peu de plaisanterie ?

Je craindrais bien {dutôt que la cajolerie

Ne mit le feu dans la maison.

Chassez les soupirants , belles , souffrez mon livre ;

Je réponds de vous corps pour corps.

Mais pourquoi les chasser? Ne saurait-on bien vivre

Qn*on ne s'enferme avec les morts?

Le monde ne vous connaît guères , S'il croit que les faveurs sont chez vous fiunilières :

Non pas que les heureux amants

Soient ni phénix ni corbeaux blancs ;

Aussi ne sont-ce fourmilières.

Ce que mon livre en dit doit passer pour diansons. J'ai servi des beautés de toutes lès façons :

Qu'ai-je gagné ? très-peu de chose ; Rien. Je m'aviserais sur le tard ■ d'être cause . Que la mmndre de vous commit le moindre mal ! Contons , mais contons bien , c'est le point principal, C'est tout ; à cela près , censeurs , je vous conseille De dormir comme moi sur l'tme et l'autre oreille.

Censurez , tant qu'il vous plaira ,

Méchants vers et phrases méchantes :

Mais pour bons tours , laissez-les là ,

Ce sont choses indifférentes ;

Je n'y vois rien de périlleux.

Les mères , les maris , me prendront aux cheveux

Pour dix ou douze contes bleus I

Voyez un peu la belle affaire 1 Ce que je n'ai pas fait , mon livre irait le fhire I Beau sexe , vous pouvez le lire en sûreté.

Mais je voudrais m'étre acquitté

De cette grâce par avance * .

Que puis-je fkire en récompense ?

Un conte on l'on va voir vos appas tri(»npher : Nulle précaution ne les put étouffer.

Vous auriez surpassé le printemps et l'aurore Dans l'esprit d'un garçon, si, dèssesjeonesans, Outre l'édat des deux et les beautés des champs,

D eût vu les vôtres encore.

Aussi , dès qu'il les vit, il en ^ntit les coups, Vous surpassâtes tout : il n'eut d'yeux que pour vous ; Il laissa les palais : enfin votre pers(mne

* La Fontaine avait près de cinquante ant lonqn'il publia et troiiiéme lirre de tei contea.

* C'ett-iHUre.Je Toadrais par avance m'étie acquitté de ia grâce qoe me fera le Iwaa aeie de «Miflirir non livre cl da le lire.

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