LIVRE IIL
Sms deminder on plus long interyalle ; Et touchei li : dans dix mois, et devant , Noos porterons an baptême Tenfant.
Dites-TOus vrai? repartit messer Nice :
Vous me rendez un merveilleux office. — Vfu ; je Tai va : fiiat-îl répéter tant ? Vous moqoei-voas d'en douter seulement ? Par votre foi, le Magol est41 homme Qœ Ton osât de la sorte affronter?
Ce curîeax en toucha telle somme Qu'il n*eut sujet de s'en mécontenter.
Kiee reprit :-Yoilà chose admirable , , Et qui doit être à Lucrèce agréable.
Quand lui verrai-je un poupon. sur le sein? Notre féal, vous serez le parrain ; Cest la raison ; dès hui ^ je vous en prie.
Tout doux , reprit alors notre galant ; Ne soyez pas si prompt , je vous supplie ; Vous allez vite ; il ûtut auparavant; Vous dire tout. Un mal est dans TafRiire ; llaisid4Mspiit-0B jamais tant faire Que de trouver on bien pur et sans mai ? Ce jos dooé de vertu tant ioBlgûe Porte d'aiHears qualité très-maligne , Presque toojann il se trouve fetal  Gelai4à qui le premier caresse la patiente; et souvent on en meurt.
Nice reprît aussitôt : Serviteur; Plus de votre herbe ; et laissons là Lucrèce Telle qu'elle est : bien grand merci du soîn^ Que senira, moi mort , si je suis père? Poorvoyez-voQs de quelque autre compère : Cest trop de peine : il n'en est pas besoin.
L'amant lui dit : Quel esprit est le vôtre 1 Toii)ours il va d'un excès dans un autre. Le grand désir de vous voir un enfont Vous tranqiortalt naguère d'allégresse ; Et vous vdlà , tant vous avez de presse , Déoooragé^ans attendre un moment.
Oyez * le reste : et sachez que nature  mb remède à tout, fors ' à la mort. Qa'est41 de fiûre afin que l'aventure Noos réussisse , et qu'elle aille à bon port? n nous fiindra dioisir quelque jeime homme D'entre le peuple, un pauvre malheureux , Qû vous iKrécède au combat amoureux , Tente la voie | attire et prenne en somme
*Dèioejoiir.
* écouta, •Biceplé.
Tout le venin : puis le danger ôté ,
Il conviendra que de votre côté
Vous agissiez sans tarder davantage ;
Car soyez sûr d^étre alors garanti.
Il nous faut foire in anima vili
Ce premier pas , et prendre un personnage
Lourd et de peu ; mais qui ne soit pourtant
Mal foit de corps, ni par trop dégoûtant ,
Ni d'un toucher si rude et si sauvage
Qu'à votre femme un supplice ce soit.
Nous savons bien que madame Lucrèce,
Accoutumée à la délicatesse
De Nicla , trop de peine en aurmt :
Même il se peut qu'en venant à la chose
Jamais son cœur n'y voudrait consentir.
Or ai-je dit un jeime homme , et pour cause ;
Car plus sera d'âge pour bien agir,
Moins laissera de venin , sans nul doute;
Je vous promets qu'il n'en laissera goutte.
Nice d'abord eut peine à digérer
L'expédient ; allégua le danger,
Et rmfamie : il en seridt en peine ;
Le magistrat pourrait le recherdier
Sur le soupçon d'une mort si soudaine.
Empoisonner un de ses citadins I
Lucrèce était échappée aux blondins ,
On Fallait mettre entre les bras d'un rustre !
Je suis d'avis qu'on prenne un homme illustre,
Dit Callimaqne, ou quelqu'un qui bientôt
En mille endroits cornera le mystère !
Sottise et peur contiendront ce pitand :
Au pis aller, l'argent le fera taire.
Votre moitié n'ayant lieu de s'y plaire ,
Et le coquin même n'y songeant pas ,
Vous ne tombez proprement dans le cas
De coeoage. H n'est pas dit encore
Qu'un tel paillard ne résiste au poison.
Et ce nous est une double raison
De le choisûr tel , que la mandragore
Consume en vain sur lui tout son venin :
Car quand je dis qu'on meurt , je n'entends dire
Assurément. U vous &udra demain
Faire choisir sur la brune le sire,
Et dès oe soir donner la potion.
J'en ai chez moi de la confection.
Gardez-vouft bien au reste, messer Nlœ ,
D'aller paraître en aucune fiiçon.
Ligurio choisira le garçon;
C'est là son fait , laissez-lui cet office.
Vous vous pouvez fier à ce valet
Comme à vou&même ; il est sage et discret.
J'oublie encor que , pour plus d'assurance,
On bandera les yeux àoe paillard;
i84 CONTES ET
11 ne saura qui , quoi , n*en quelle part , N^en ' quel logis , ni si dedans Florence, Ou bien dehors , on vous Taura mené.
Par Nicia le tout fut approuvé.
Restait sans plus d'y disposer sa femme. De prime fece elle crut qu'on riait ; Puis se fâcha ; puis jura sur son âme Que mille fois plutôt on la tuerait.
Que dirait-on si le bruit en courait ? Outre Toffense et péché trop énorme , Calfuce et Dieu savaient que de tout temps Elle avait craint ces devoirs complaisants , Qu'elle endurait seulement pour la forme. Puis il viendrait quelque mâtin difforme L'incommoder, la mettre sur les dents I Suis-je de taille à souffrir toutes gens ? Quoi ! recevoir un pitaud dans ma couche ! Puis-je y songer qu'avecque du dédain ! Et , par saint Jean , ni pitaud , ni blondin , Ni roi , ni roc ' f ne feront qu'autre touche , Que Nicia , jamais onc * à ma peau.
Lucrèce étant de la sorte arrêtée , On eut recours à frère Timotliée :
Il la prêdia , mais si bien et si beau , Qu'pUe donna les maûis par pénitence.
On l'assura de plus qu'on choisirait Quelque garçon d'honnête corpulence , Non trop rustaud , et qui ne lui ferait Mal ni dégoût. La potion fut prise.
Le lendemain notre amant se déguise , Et s' enfariné en vrai garçon meunier ; Un fiiux menton , barbe d'étrange guise ; Mieux ne pouvait se métamorphoser.
Ligurio , qui de la Ifaciende Et du complot avait toujours été, Trouve l'amant tout tel qu'il le demande , Et, ne doutant qu'on n'y fût attrapé , Sur le minuit le mène à messer Nice , Les yeux bandés , le poil teint , et si bien Que notre époux ne reccmnut en rien Le compagnon. Dans le lit il se glisse En grand silence . en grand silence aussi La patiente attend sa destinée y Bien blanchement , et ce soir atouniée.
Voire* ce soir I atournéei et pour qui ? Pour qui ? j'entends : n'est-ce pas que la dame Pour un meunier prenait trop de souci?
* IFen poar ni en, licence que nous atoos d^à remaïqDée.
• Ni roi, ni roc, métaphore Urée du Jeu des échecs; le roc, que nous nonunons aujourd' hui ta tour , est une pièce Irtepulssante, et avec laquoUe on tilt écheo et mat
s Jamais.
4 Vraiment, même.