LIVRE III
Sâstfloocœiir, et fidt que la panyrette
Toonie k tète , et Ters le coin du lit
Se Ta cacber, pour demière retraite.
Elle y Toulat tenir Ixm , mais en vain;
Ne lai restant que ce pea de terrain ,
La place Ait incontinent rendae.
Le vainqueur Teut à sa discrétion ;
Q en usa selon sa passion :
Et pins ne fîit de larme répandue.
Honte cessa ; scrupule autant en fit.
Heureux sont ceux qu'on trompe à leur profit!
L^aurore Tint trop tôt pour Callimaque ,
Trop tôt enoor pour Ydb]ei de ses vceux.
D fiint , dit-il , beaucoup plus d*une attaque
Contre un venin tenu si dangereux.
Les jouTB suivants , notre couple amoureux
T sot pourvoir : Tépoox ne tarda guères
Qu'il n'edt atteint tous ses autres confrères.
Pour ce coup-là fallut se séparer.
L'amant courut cbez soi se recoucher.
A peine au lit il s'était mis encore ,
Que notre époux , joyeux et triomphant ,
Le Ta trouTcr , et lui conte comment
S'était passé le jus de mandragore.
I)*abord, dit-il , j'allai tout doucement
Auprès du lit écouter si le sire
S'approcherait, et s'il en voudrait dire :
Pub je priai notre épouse tout bas
Qu'elle lui fit quelque peu de caresse ,
Et ne craignit de gâter ses appas ;
C'était au plus une nuit d'embarras.
Et ne pensez , ce lui dis-je , Lucrèce ,
M ron ni lautre en ceci me tromper ;
Je sauFÛ tout : Nice se peut Tanter
D'être homme à qui l'on n'en donne à garder 4
Vous saTcz bien qu'il y va de ma vie.
K^allez donc point faire la renchérié >-
Montrez par là que vous savez aimer.
Votre mari plus qu'on ne croit encore i
C'est un beau champ. Que si cette pécore
Fait le honteux , envoyez sans tarder
M'en avertir, car je vais me coucher :
Et n'y manquez ; nous y mettrons bon ordre.
Besoin n'en eus : tout fut bien jusqu'au bout.
Savez-vous bien que ce rustre y prit goût ?
Le drôle avait tantôt peine à démordre :
J'en ai pitié; je le plains, après tout.
N'y songeons plus ; qu'il meure , et qu'on Tenterre;
Et quant à vous , venez nous voir souvent.
Nargue de ceux qui me faisaient la guerre ;
Dans neuf umms dliui * je leur livre un enfant.
m. LES RÉirois.
de ce Jour.
Il n'est dté que je préfère à Reiros^ : C'est l'ornement et l'honneur de la France ; Car, sans compter l'ampoule et les bons vins , Charmants objets y sont en abondance.
Par ce point-là je n'entends , quant à moi , Tours ni portaux, mais gentilles Galoises*, Ayant trouvé telle de nos Rémoises Friande assez pour la bouche d'un roi.
Une avait pris un peintre en mariage , Homme estimé dans sa profession ; H en vivait : que fiiut-il davantage ? C'était assez pour sa condition.
Chacun trouvait sa femme fort heureuse : Le drôle était , grâce à certam talent , Très-bon époux , enoor meilleur galant.
De son travaU mainte dame amoureuse L'allait trouver -, et le tout à deux fins : C'était le bruit , à ce que dit l'histoire. Moi, qui ne suis en cela des plus fins , Je m'en rapporte à ce qu'il en faut croire. Dès que le sire avait donzelle en main , II en riait avecque son épouse.
Les droits d'hymen allant toujours leur train , Besoin n'était qu'elle fit la jalouse.
Même elle eût pu le payer de ses tours. Et comme lui voyager en amours; Sauf d'en user avec plus de prudence.
Ne lui fidsant la même confidence.
Entre les gens qu'elle sut attirer ,
Deux siens voisins se laissèrent leurrer
A l'entretien libre et gai de la dame ;
Car c'était bien la plus trompeuse femme
Qu'en ce point-là l'on eût su rencontrer ;
Sage surtout, mais aimant fort à rire.
Elle ne manque incontinent de dire
A son mari l'amour des deux bouigeois;
Tous deux gens sots , tous deux gens à sornettes;
Lui raconta mot pour mot leurs fletu'ettes,
Pleurs et soupii's , gémissements gaulois.
Ils avaient lu , ou plutôt on! dire^
Que d'ordinaire en amour on soupire ;
Ils tâchaient donc d'en faire leur devoir .
Que bien que mal , et selon leur pouvoir.
A frais communs se conduisait l'affiiire :
Ils ne devaient nulle diose se taire.
I<e premier d'eux qu'on fiivoriserait
< La Fontaine, dans sa Jeauene, 6t à Reims de loiiss et téqoents s<|oan cbex son ami de Mtncroiz, qui j demeoiait , et était chanoine de cette ville.
* Femmes gaUlanles, rtjjonissantte, et EMiles.
CONTES ET NOUVELLES
De son bonhetir part à TauCre ferait.
Femmes , voilà souvent comme on vous traite*
Le seul plaisir est ce que Ton souhaite ;
Amour est mort : le pauvre compagnon
Fut enterré sur les bords du Lignon^ ;
Nous n^en avons ici ni vent ni voie '.
Vous y servez de jouet et de proie
A jeunes gens indiscrets , scélérats :
C'est bien raison qu'au double on le leur rende :
Le beau premier qui sera dans vos lacs ,
Plumez-le-moi Je vous le reconmiande. ^
La dame donc pour tromper ses voisins Leur dit un jour : Vous boirez de nos vins Ce soir chez nous. Mon mari s'en va faire Un tour aux champs; et le bon de ralTaire C'est qu'il ne doit au gite revenir.
Nous nous pourrons à l'aise entretenir.
Bon , dirent-ils , nous viendrons sur la brune. Or les voilà compagnons de fortune.
La nuit venue , ils vont au rendez-vous. Eux introduits croyant vUie gagnée , Un bruit survint; la flHe fût troublée ; On frappe à Thuis*. Le logis aux verrous Était fermé : la femme à la fenêtre Gonn en disant : Celui-là frappe en maître t Serait-ce point par malheur mon époux?
Oui ; cachez-vous , dit-elle; c'est lui-même. Quelque accident , ou bien quelque soupçon , Le font venir coucher à la maison.
Nos deox galants f dans ce péril extrême , Se jettent vite en certain cabinet :
Car s'en aller , comment auraient-ils fait ? Us n'avaient pas le pied hors de la chambre , Que l'époux entre , et volt au feu le membre Accompagné de maint et maint pigeon ; L'un au hâtier *, les autres au chaudron. Oh I oh I dit-il , voilà bonne cuisine I Qui traitez-vous? Alis , notre voisine , Reprit l'épouse , et Simonette aussi.
Loué soit Dieu qui vous ramène ici I La compagnie en sera plus complète.
Madame Alts , madame Simonette , N'y perdront rien. Il faut les avertir Que tout est prêt , qu'elles n'ont qu'à venir : J'y cours moi-même. Alors la créature Les va prier. Or c'étaient les moitiés
> Petite rivière dn Fora , où d'Urlé a pboé la prindiulet aveoturei de aon romm de r Astrée.
* Nous n'en aroos point de nouvelles. Métaphore tiixSe de la vénerie.
«A la porte.
4 Le bâUer «ac un gnmd chenet de euisine qui lert à taire rOCir la viande.
De nos galants et chercheurs d'aventore, Qui , fort diagrins de se vohr enfermés , Ne laissaient pas de loaer leur hôtesse De s'être ainsi tirée avec adresse De cet apprêt. Avec elle à Tinstant Leurs deux moitiés entrent tout en chantant. On les salue, oalesbaise,onlesloue De leur beauté , de leur ajustement j On les contemple, on patine , on se joae. Cela ne plut aux maris nullement.
Dn cabinet la porte à demi close Leur laissant voir le tout distinctement , Ils ne prenaient aucun goût à la chose : Mais passe enoor pour oe oommenconenU
Le souper mis presque au même moment , Le peintre prit par la main les deux femmes , Les fit asseoir , entre elles se plaça. Je bois , dit-il , à la santé des dames. Et de trinquer : passe encor pour cela. On Ot raison : le vin ne dura guère.
L'hôtesse étant alors sans chambrière Court à la cave, et , <)e peur des esprits , Mène avec soi madame Shnonette.
Le peintre reste avec madame Alis , Provinciale assez belle , et bien feite , Et s'en piquant , et qui pour le pays Se pouvait dire honnêtement hoquette.
Le compagnon , vous la tenant seulette , La conduisit de fleurette en fleurette Jusqu'au toucher, et puis un peu plus loin ; Puis, tout à coup levant la collerette , Prit un baiser dont l'époux Ait témoin. Jusque-là passe : époux, quand ils sont sages, Ne prennent garde à ces menus suflhiges , Et d'en tenir registre c'est abus.
Bien est-il vrai qu'en rencontre pareille Simples baisers font craindre le surplus ; Car Satan lors vient frapper sur l'oreille De tel qui dort , et fait tant qu'il s'éveiUe. L'époux vit donc que , tandis qu^une main Se promenait sur la gorge à son aise , L'autre prenait tout un autre chemin.
Ce fut alors , dame I ne vous déplaise , Que , le courroux lui montant au cerveau , U s'en allait , enfonçant son chapeau , Mettre l'alarme en tout le voismage , Battre sa femme , et dire au peintre rage , Et témoigner qu'il n'avait les bras gourds. Gardez-vous bien de faire une sottise, Lui dit tout bas son compagnon d'amours ; Tenez-vous coi ; le bruit en nulle guise N'est bon ici , d'autant plus qu'en vos lacs Vous êtes pris : ne vous montrez donc pas ,