‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 206 sur 723 · L'EUNUQUE, ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

L'EUNUQUE, ACTE I, SCÈNE III

Pourvu qu^inoessamment il soit devant mes yeox , Il m'importe fort peu de passer pour parjure.

thaïs.

Je vous aime, et pour vous je souffre cette injure.

PBÉDaiE.

Vous m'aimez 1 c'est en quoi mon esprit est oonAis. L'amour peut-il soufiKr de semblables reftis?

thaIs.

Je ne vous réponds point, de peur de vous déplaire ; Il faut que ma raison cède à votre colère. Je ne veoxpointdetemps,tionpasmémeunseul jour: Je renonce & ma sceur plutôt qu'à votre amour.

PHÉDRIE.

Plutôt qu'à mon amour I Âh ! si du fond de l'àme Ce mot était sorti...

thaïs. Doutez-vous de ma flftnme?

PHÉDRIB.

J'aurai lieu d'en douter, si , ce terme fini ,

Tout autre amant que moi de chez vous n'est banni.

thaIs.

Quel terme?

PHÉDRIE.

De deux jours.

thaIs.

Ou trois.

PHEDRIE.

Cet ou me tue.

thaTs, Otez-le donc.

PARMEfVDN.

Enfin sa constance abattue 'Cède aux diarmes d'un mot : je l'avais bien prévu.

PHÉDRIE.

A œ que vous savez aujourd'hui j'ai pourvu. Votre soBur peut avoir un eunuque auprès d'elle; J'en viens d'adieter un qui me semble fidèle. Et tantôt Parmenon viendra pour vous TofAir. Soufljrez votre soldat, puisqu'il fhut le soufft-ir;

Maisnelesouiïrezpointsansbeaucoupdecontnrinte ; Donnez-lui seulement l'apparence et la feinte. Pendant vos compliments , songez à votre foi ; De corps auprès de lui , de cœur auprès de moi , Rêvez incessamment , chez vous soyez absente.

THAfS.

Vous ne demandez rien qne'ThaTs n'y consente ; Et ce point ne saurait vous être leftisé.

* PHÉDRIE.

Adieu.

THAÏS

Comment! sitôt?

PARMENON.

Que son esprit rusé, Pour attraper notre hooune, a d'art et de souplesse I

THAlS.

Vous voyez mon amour en voyant ma ftiblesse; Je ne vous puis quitter que les larmes aux yaix: Soyez toujoui-s , Phédrie , en la garde des dlaax.

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