L'EUNUQUE, ACTE I, SCÈNE IL
Chacon jugeait assez qa*e]le était de naiftsanoe. SoD entretien naïf et rempli d'innocence, Hffle cfaarmes diTcrs, sa beaaté, sa douoenr, Ile la firent chérir à l'égal d'une sœur. Dès qu'elle Ait chez nous, on eut soin de l'instniire. Pour moi, comme j'étais d'un âge à me conduire, Â peine on eut appris qu*on me voulait pourvoir, Qo'un jeune honuned'Attique, étant venu nous voir, Meredierche, m'obtient, m'amène en cette ville, Où, lorsque je croyais notre hymen plus tranquille, n mourut ; et, laissant tout mon bien engagé. De mOle soins lâcheux mon cœur se voit chargé, fls aocmrent le deuil de ce court hyménée ; Et, comme on voit aux maux une suite enlèhaînée , Le sort, pour m'accabler de eent coups différents, Gaosa presque aussitôt la mort de mes parents : Cn mal contagieux les eut privés de vie' Ârant que de ce mal je pusse être avertie. Lear b^, josques alors assez mal ménagé, - D*aii onde qae j'avais ne Ait point négligé ; ÂYec DOS créanciers fl en Hût ' le partage. Et sot de mon absence avoir cet avantage. Je rappris sans dessein de l'aller contester : L'ordre que dans ces lieux je devais apporter ( Bien moins que le regret d'une mort si ftineste ) Fit qu'en perdant les miens, j'abandonnai te reste. J'en observai le deuil qu'exigeait mon devoir : Toot on an se passa sans qu'aucun pût me voir. Enfin, notre soldat vint m'offrir son service : Uin de me consoler, ce m'était un supplice. VoQs savez qu'on ne peut le souffrir sans ennui ; Je l'ai pourtant souffert, espérant quelque appui.
PAHlIElfOir.!
Vous tirez de mon maître encor plus d'assistance.
thaïs.
Je l'avoue, et vaudrais qu'une autre récompense Eç^t les bienfeits dont il me sait combler.
PARMENON.
Hâas ! le pauvre amant commence à se troubler.
PHÉDRIE.
Te tairas-tu ? Thaïs, achevez, je vous prie.
THAÏS
Aq bout de quelque temps Thrason fut en Carie; Et VOUS savez qu'à peine il était délogé, QQ*on vous vit à m'aimer aussitôt engagé. Vous me vîntes offrir et crédit et fortune : J'en estimai dès lors la faveur peu commune; Et TOUS n'ignorez pas combien, depuis ce jour, J'ai témoigné de zèle à gagner votre amour..
PBÉDRIE.
Je crois que Parmenon n'a garde de se taire.
PARMEN05.
En poorriez-voos douter? Mais où tend ce mystère f
*Vtt.FlU
PBÉDRIE.
Tu le sauras trop tôt pour ton contentement.
THAlS.
Ecoutez-moi, de grâce, encore un seul moment. Thrason notre soldat, battu par la tempête, Au port des Rhodiens jette l'ancre et s'arrête, Va voir notre fiunille, y trouve encor le deuil, Mes parents depuis peu renfermés au cercueil , Mon oncle ayant mes biens, cette fille adoptive Prête d'être vendue, et traitée en captive, n l'achète aussitôt pour me la redonner. Puis feit voile en Carie, et sans y séjourner. Revient en ce pays, ou quelque parasite Lui dit qu'en son absence on me rendait visite ; Que, s'il avait dessein de me donner ma sœur. Le présent méritait quelque insigne foveur.
PHÉDRIE.
Ne vaudra-t-îl pas mieuxqu'on lui laisse Pamphile f
TBAlS.
Je me résous à suivre un conseil plus utile. Vous savez qu'en ce lieu je n'ai point de parents ; • Qu'il me peut chaque jour naître cent différends ; Et, bien que vous preniez contre tous ma défense, Souvent un contre tous peut manquer de puissance : Souffrez donc que je chercheun appui loin desmiens. Je n'en saorais trouver qu'en la rendant aux siens. Je ne puis l'obtenir sans quelque complaisance : n faut dimc vous priver deux jours de ma présence; La peine en est légère, et, ce temps achevé. Le reste vous sera tout entier conservé. Gagne cela sur toi, de grâce, je t'en prie. Tu ne me réponds rien, dis-moi, mon cher Phédrie ?
PBÉDRIE.
Que pourrais-je répondre, ingrate, i ces propos? Voyez , voyez Thiïison; je vous laisse en repos ; Faites-lui la fiiveur qu'un autre a méritée : C'est on tend cette histoire assez bien inventée. Une fille inconnue est prise m certains lieux ; On nous en fait présent, elle charme nos yeux; Thrason vient à m'aimer, vous me rende? visite ; n me quitte, il apprend nos feux d'un parasite : Les miens perdent le jour, nu>n onde prend mes biens, Vendla fille à Thrason, je la veux rendre aux siens ; Et oent autres raisons l'une à l'antre endialnées; Puis enfin, de me voir privez-vous deux journées. C'était donc là le but où devait aboutir La fable que chez vous vous venez de bâtir? Sans perdre tant de temps, sansprendre tant de peine. Que ne me disiez-vous : J'aime le capitaine? N'opposez pdnt vos feux i cet ardent désir. Vous aurez plus tôt fait d'endurer qu'à loisir Je contente l'ardeur que pour lui j'ai conçue. Dites , si vous voulez , que la vôtre est déçue; Prenez-en pour témoins les hommes et les dieux :