‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 214 sur 723 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

PARMENON ; GNATON, conduisant PamphiU.

' PARMENON.

Afance, homme de bient

GNATON.

Contemple ce visage.

PARMENON.

Lecoquinparleen prince, et n'est qu'un gueux parfait.

GNATON.

Tu te penses moquer , je suis prince en effet.

PARMENON.

Des fDus , cela s'entend.

GNATON.

Quoi ! des fous? H n'est sage Qm sous moi ne dàt foire un an d'apprentissage.

PARMENON.

Enqœlm?

GNATON.

De goinfrer.

Je le trouve très-beau.

Si tn peux y savoir quelque secret nouveau , * D n est poiot d'industrie à l'égal de la tienne.

GNATON.

Va, tu mérites bien que je t'en entretienne ; ^^^^l^ioent traitons-nous un mois à tes dépens.

PARMENON.

Volontiers : mais dis-moi , sans me mettre en suspens, Quelle est cette beauté qu'en triomphe tu mènes.

GNATON.

Celle qui va bientôt t'épargner mille peines. Je te trouve honnête homme , et suis fort ton valet. D'un mois , par mon moyen , ni lettre , ni poulet , Ni billet à donner , ni réponse à prétendre.

PARMENON.

Je commence , Gnaton , d'avoir peine à t'entendre.

GNATON.

Mi nuit à faire guet avec tes yeux d^ Argus.

PARMENON.

Tu me gênes l'esprit par ces mots ambigus : Veux-tu bien m'ôbliger ?

GNATON.

Comment?

PARMENON.

De grâce, achève.

Avec toi pour un mois les courses ont foit trêve.

PARMENON.

Je le crois; mais encor dis-m'en quelque raison.

GNATON.

Thaïs, par ce présent, sera toute à Thrason.

PARMENON.

Je veux qu'il soit ainsi : quelle en sera la suite?

GNATON.

Pour un homme subtil , et si plein de conduite , Tu devrais pénétrer et voir un peu plus loin : Je veux , encore un coup , te délivrer de som. Thrason voyant Thaïs , ceux dont elle est aimée Peuvent tous s'assurer que sa porte est fermée ; , Ton maître comme un autre ; et tu n'entendras plus Ni souhaits impuissants , ni regrets superflus , NI Quel est ton avis? ni Fais-lui tel message.

PARMENON.

Ail ! combien voit de loin l'homme prudent et sage I J'avais peine à comprendre où tendait ce propos; Mais, grâce aux immortels , j'aurai quelque repos.

GNATON.

Dis, grâces à Gnaton.

parmbnon; Et rien pour cette belle?

GNATON.

A propos, que t*en semble?

PARMENON , voulant toucher PamphiU,

O dieux I qu^elle est rebelle I Du bout du doigt à peine on ose lui toucher.

GNATON.

Nul mortel que Thrason n'a droit d'en approcner.

TARMENON.

Pour un si rare objet oo peut tout entreprendre.

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