‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 215 sur 723 · L'EUNUQUE, ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

L'EUNUQUE, ACTE II, SCÈNE IV

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Dieux 1 quelle patience il feut pour les entendre ! Gnaton, conduis-moi vite, et ne te raille point.

PARMENON.

De grâce , écoute-moi , je n'ai plus qu^un seul point.

GNATON.

Dis ce que tu voudras.

PARUENON

Quel est son nom?

GNATON.

PamphUe.

PARMENON.

Point d'autre ?

GNATON.

Que tlmporte?

Est-elle en cette yille Depuis un fort long temps?

GNATON.

Ton caquet m'étourdit.

PARMENON.

Saurai-je son pays , son âge ?

GNATON.

Est-ce tout dit?

PARMENON.

Tu te fitis trop prier , n'étant pas si beau qu'elle.

GNATON.

Te confondent les dieux , et toute ta séquelle ! Je te sauve un gibet, te souhaitant ceci.

PARMENON.

Ton bon vooloir mérite un ample grand merci : Un jour nous t'en rendrons quelque digne salaire.

GNATON.

Tu le peux sans tarder. Mais n'as-tu point affiure ?

PARMENON.

pour toi , quand j'en aurais , je voudrais tout quitter.

GNATON.

De ce pas à Thaïs viens donc me présenter; Sers-moi d'introducteur.

Tu ris; mais il n'importe.

Entre seul , tu le peux.

GNATON.

Tiens-toi donci la porte , Et garde qu'on ne laisse entrer dans la maison Quelque autre messager que celui de Thrason ; Je t'en donne l'avis , comme ami de ton maître : Et peut-être qu'un jour il saura reconnaître De quelque bon repas ce conseil important.

PARMENON.

Encor deux jours de vie , et je mourrai content.

GNATON.

Il te faut bien un mois à la bonne mesure.

PARMENON.

Non « non » je te rendrai ces mots avec usure ,

Dans deux jours au plus tard.

GNATON.

Noos le verrons. Adieo.

PARMENON.

Mon galant est parti : qu'ai-je affaire en ce lieu? J'avais dessein de voir cette sœur prétendue; Et je me trompe fort , ou c'est peine perdue De s'en aller offrir, après un tel présent , Notre vieillard flétri, chagrin', et mal plaisant; Mais il faut obéir.

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