‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 22 sur 723 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

n s'aperçoit qo'il n'a tiré DU Ibod des eaux riea qu'une béte.

D Vj replonge , et ya trouTer QQdqneliomnie afin de lesanver.

FABLE VIII

rilommê ei VldoU de Ma.

Certain païen diez loi gardait un dieu de bois , DeoesdieoxqaisontsoordSjbienqu'ayanSs ' desoreil- Lepelenoependants'enproinettaîtmenreiUes. les:

n loi coâtait autant que trois :

Ce n'était que tobux et qu'offrandes, Sacrifices de boeolk oonronnés de guirlandes.

lamab idole , quel qu'il * fût,

ITaTait eu cuisine si grasse; Sans que, pour tout ce culte , à son IM» il édiAt Socoeanon, trésor, gain au jeu, nulle grâce. Bien plus, siponr un sou d'orage en quelque endroit

S'amassait d'une ou d'autre sorte , L'honnne en avait sa jart ; et sa bourse en aoufflrait : La pitance du dieu n'en était pas mcnns forte. Alafin, se Ûcbant de n'en obtenir rien, 11 TOUS prend un leTîer , met en pièces l'idole , LetrouTe rempli d'or. Quand je t'ai fiiit du bien , Ifas-tQ Talu , dit-il , seulement une obole ? Va, sors de mon logis, dierdie d'autres au^i^.

Ta ressembles aux naturels

Malbeqreux, grossiers et stupides :

On n'en peut rien tirer qu'avecque le bâton, nosje te renqdissais, plus mesmains étaient Tides :

rai bien fiiit de changer de ton.

FABLE IX

Le Geai paré des phtme$ du Paon:

Un paon muait riin geai prit son plumage;

Puis après se l'accommoda; Pois parmi d'autres paons tout fier se panada ,

Croyant être un beau personnage.

Quelqu'un le reconnut : il se vit bafoué ,

Beiné, sifflé , moqué, joué, Et par messieurs les paons plumé d'éti^mge sorte ; Même vers ses pareils s'étant réfugié, \

D fîit par eux mis à la porte. \

D eit assez de gesds â deux pieds comme lui ,

' La Vooliliie meteneon id au ploHelIe participe pfétent. • Là Foolaioe fait kkidôle maacnUn, et GoroeUle fournit au«i

Mfiffnpllf y inMiTilf ceuendaiit MénaM. dans aeiAMiuirquêë «tv Malherbe , ncMii apprend que» même du tempe de ■oCk poêle . ruase avait fixé ce mot an féminin » malgré la laiwttd'élymolosie qui aurait dft le rendre maicuiin.

Qui se parent souvent des dépouilles d'autiui ,

Et que ïim nomme plagiaires.

Je m'en tais , et ne veux leur causer nul ennui :

Ce ne sont pas là mes aflaires.

FABLE X

Le Chameau et les Bdiims floUanîs.

. Le premier qui vît un chameau

S'enfuit à cet objet nouveau ; Le second approcha; le troisième osa Ikire

Un licou pour le dromadairet.

L'accoutumance ainsi nous rend tout Cunilier : Ce qui nous paraissait terrible et singulier

S'apprivoise avec notre vue

Quand ce vient à la continue.

Et puisque nous voici tombés sur ce sujet :

On avait mis des gens au guet , Qui , voyant sur les eaux de loin certain objet ,

Ne purent s'empêcher de dire

Que c'était un puissant navire.

Quelques moments après, l'objet devint'brûlot,

Et pub nacelle, et puis ballot.

Enfin bâtons flottants sur l'onde.

Ten sais beaucoup, de par le monde , A qui ceci conviendrait bien De loin, c'est quelque chose; etde près, cen'estrien.

FABLE XL

La Orenomille ei le Rat

Tel, comme dit Merlin, cuide ' engeigner * autrui ,

Qui souvent s'engeigne ' soHnéme ^.

J'ai regret que ce mot soit trop vieux aujourd'hui ; Il m'a toujours semblé d'une énergie extrême. Mais afin d'en venir au dessein que j'ai pris : Un rat plein d'embonpoint, gras, et des mieux nour- Et qui ne connaissait l'agent ni le carême , |ris,

< Croit , pente, s'imagine.

• Tromper, séduire. On disait aussi engannar, et plus aaelennement engignier.

* VAi. Dans la réimpression de 1602, sous la date de 1S7S. l'imprimeur, ne comprenant pas oe mot r a mis k oe vers et ^« Yers précédent en jef^ne»*, an lieu d'mgeigner.

4 Cette phrase se trouve dans le Premier volume de Merlin, gui est le furemier de la Table ronde , etc., petit iar4* soUilque, sans dite, imprimé à Paris, dans la grande me 8aiot*Jao* ques, à renseigne de la Uose-blanche, feuillet XLII, réclame I« y. Dans la taUe.'le sommaire du chapitra auquel cette phrase appartient est rédigé de la manitoe suivante : « Gomme MeillB prit congé du roy, et s'en vint à son maistre Biaise, et lui eompl^ la manière de cette tabler » La phrase en question j est aitisi conçue I « Ataisi advient-il de plusieun, car tels cniilent en|^ ner ung autre , qui •'engignent enli-meanKa. ■

FABLES

Sur le bord d'un marais égayait ses esprits. Une grenouille approche , et lui dit en sa langœ : Venez me voir. chez moi; je vous ferai festin.

Messire rat promit soudain :

n n'était pas besoin de plus longue harangue. Elle allégua pourtant les délices du bain , La curiosité , le plaisir du voyage , Cent raretés à voir le long du marécage : Un jour il conterait à ses petits-enfants Les beautés de ces lieux, les mœurs des habitants, Et le gouvernement de la chose publique

Aquatique.

Un point sans plus tenait le galant empêché : n nageait quelque peu, mais il feliait de Taide. La grenouille à cela trouve un très-bon remède : Le rat fut à son pied par la patte attaché ;

Un brin de jonc en fit Tailaire.

Dans le marais entrés , notre bonne commère S'efforce de tirer son hôte au fond de Teau , Contre le droit des gens, contre la foi jurée ; Prétend qu'elle en fera gorge chaude ' et curée * ; C'était, à son avis, un excellent morceau. Déjà dans son esprit la galande le croque, n atteste les dieux ; la perfide s'en moque : D résiste ; elle tire. En ce combat nouveau , Un milan , qui dans Tair planait, faisait la ronde , Voit d'en haut le pauvret se débattant sur l'onde, n fond dessus , l'enlève ^ et , par même moyen ,

La grenouille et le lien.

Tout en fut ; tant et si bien,

Que de cette double proie

L'oiseau se donne au cœur joie.

Ayant , de cette façon ,

A souper chair et poisson.

La ruse la mieux ourdie Peut nuire à son mventeur ; Et souvent la perfidie Retourne sur son auteur.

FABLE XIL

Tribui envoyé par les Animaux à Alexandre.

Une &ble avait cours parmi l'antiquité ' ; Et la raison ne m'en est pas connue;

• Gorg$ chaude, en terme de fauconnerie, est la Tiinde chaude qu'on donne anz oiseaux de proie, et qu'on pi«ntf du gibier qu'ils ont attrapé.

' Chirée , en terme de vénerie , est la pfltnre qu'on donne aux chiens de dmtt, en leur Criunt manger de la bêle qu'ils ont prise.

* Nullement On ne la trouve dans aucun auteur ancien; mais la Fontaine aura lu celle assertion dans quelque racuefl qui contenait cette fdiie.elll l'aura crue exacte.

Qoe le lecteur en tire une moralHé; Voîd la fiible toute nue :

La Renommée ayant dit en cent lieux Qu'on fils de Jupiter, un certain Alexandre ^ No voulant rien laisser de libre sous les deux .

Commandait que , sans plus attendre ,

Tout peuple à ses pieds s'allât rendre , Quadrupèdes, humains, éléphants, vermisseaux,

Les républiques des oiseanx ;

La déôse aux cent bouches, dis-je ,

Ayant mis partout la terreur En publiant l'édit do nouvel empereor ,

Les animaux, et toute espèce lige ' De son seul appétit , crurent que cette fois

n (allait subir d'autres lois.

On s'assembleau désert : tousquittent leur tanièie. Aprèsdivers avis , on résout , on conclut

D'envoyer hommage et tribnt.

Pour l'hommage et pour la manière , Le singe en Ait chargé : Ton lui mit par écrit

Ce que l'on voulait qui fût dit.

Le seul tribut les tint en peine :

Car que d<Mmer? ù fallait de l'argent.

On en prit d'un prince obligeant ,

Qui ; possédant dans son domaine Des mines d'or , fournit ce qu'on voulut. Comme il fîit question de porter ce tribut ,

Le mulet et l'âne s'offrirent , Assistés du cheval ainsi que du chamean.

Tous quatre en chemin ils se mirent Avec le singe , ambassadeur nouveau.

La caravane enfin rencontre en un passage Monseigneur le lion : cela ne lein* plut point.

Nous nous rencontrons toot à point , Dit-il ; et nous voici compagnons de voyage.

J'allab offrir mon (kit â part ; Mais, bien qu'il soit léger, tout ferdeau m'embarrasse. Obligez-md de me (kire la grâce

Que d'en porter diacun un quart :

Ce ne vous sera pas une chai^ trop grande Et j'en serai plus libre et bien plus en état En cas que les voleurs attaquent notre bande ,

Et que Ion en vienne au combat. Econduire uniion rarement se pratique.

Le voilà donc admis , soulagé , bien reçu , Et, malgré le héros de Jupiter issu , Faisant chère et vivant sur la bourse publique.

Ils arrivèrent dans un pré Tout bordé de ruisseaux ,' de fleurs tout diapré ,

' Bsclate de son seul appétit. Lige» qui doit un certain drok au seigneur, et est tenu à des obUgations plus étroites que le simpte vassal. Salluste a dit i Pecora ^œ natura pnma atqm ventri obedienHa fimxU. CatiUna , cap. i.

Page 1