LIVRE lY
le voos en déferai^ bon homme , sur ma vie. — Et quand? — Etdès demain , sans tarder plus long- LipartieainsiCûte^ilTlentavecses gens, [temps. Çè , déjeunons , dit^ : vos poalets sont-ils tendres ? La fille dn logis, qu'on tous yme; approchez : [dres? Qouid lamarierons-nous, quand aurons-nous des gen- Bonhomme, c*est ce coup qu'il finit, Tousm^entendez,
Qu'il faut fouiller à Tescarcelle.
Dînnt ces mots , U fait connaissance avec elle ,
Auprès de lui la foit asseoir, Prendaiiemain,unbTas,]èveuncoindumouchoir ;
Tentes sottises dont la belle
Se défend avec grand respect :
Tant qu'au père à la fin cela devient suspect. Cependant on fricasse , on se rue en cuisine '. — Deqnandsent vos jambons? ils ont fortbonnemine. — lloosieiir,ils8ontà vous. Vraiment, ditle seigneur ,
Je les reçois , et de bon cœur.
D déjeone très hïea; aussi feit sa famille, Chiens, dievaux,et valets, tousgens bien endentés : D commande diez lliôte , y prend des libertés ,
Bmt son vm , caresse sa fille.
L'embarras des diasseurs succède an déjeuné.
Chacun s'amme et se prépare :
Les trompes et les cors font un tel tintamarre
Que le bon homme est étonné.
Le pb ftit que Ton mit en piteux équipage Le pauvre potager : adieu planches, carreaux;
kâku dilcorée et porreaux ;
Adieu de quoi mettre an potage.
Le lièvre était gité dessous un maître chou. On le quête; on le lance : il s^enfuit par un trou , Non pas tron , mais trouée, horrible et large plaie
Que Ton fit à la pauvre haie Par ordre dn seigneur; car il eût été mal Qu'on n'eût pu du jardin sortir tout à cheval. Le bon homme disait : Ce sont là jeux de prince. Mais on le laissait aire : et les chiens et les gens Firent plus de dégât en une heure de temps
Que n'en auraient foit en cent ans
Tous les lièvres de la province.
Petits princes, videz vos débats entre vous : De recourir aux rois vous seriez de grands fous, n ne les fout jamais engager dans vos guerres , Ni les faire entrer sur vos terres^
FABLE V
VAne «t U petit Chien.
Ne forçons point notre talent; Noos ne ferions rien avec grâce :
empiuntée à Rabelais. Uv. I , cb. xi, et liv. IV, ibqk X. n dH de Gargantua i ■ U le ruait en cuiiine. »
Jamais un lourdau , quoi qu'il fesse,
Ne saurait passer pour galant.
Peu de gens , que le ciel chérit et gratifie , Ont le don d'agréer infos, avec la vie.
C'est un |K)int qu'il leur faut laisser, Et ne pas ressembler à l'âne de la feble ,
Qui, pour se rendre plus aimable Et plus dier à son maître , alla le caresser.
Comment! disait-il en son âme.
Ce chien , parce qu'il est mignon ,
Vivra de pair, à cenqMgnen
Avec monsieur , avec madame ;
Et j'aurai des coups de bâton 1
Que foit-il? il donne la patte ^
Puis aussitôt Uest baisé i S^fi en fout fidre autant afin que l'on me flatte,
Cela n'est pas bien malaisé.
Dans cette admirable pensée, Voyantson maître en joie ,ils'envientloordement,
Lève une corne tout usée, La lui porte au menton fort amoureusement,' Non , sans accompagner , pour plus grand ornement , De son chant gracieux cette action hardie. Oh I dh ! quelle caresse ! et quelle mélodie 1 Dit le maître aussitôt. Holà , Martin-bâton ' I Martin-bâton accourt : l'âne change de ton.
Ainsi finit la comédie.
FABLE VI
Le Combat des nats et des Bélêttêi,
La nation des belettes, Non plus que celle des chats , Ne veut aucun bien aux rats ; Et, sans les portes étrètes * De leurs habitations , ^ s^L'animal à longue échine En ferait , je m'ûnagine , De grandes destructions Or , une certaine année Qu'il en était à foison y Leur roi , nommé Katapon , Mit en campagne une armée.
Les belettes, de leur part, Déployèrent l'étendard.
Si l'on croit la renommée ,
'Le valet d'écurfe, anné d*an bAton, chargé de oorriser rine. Gettç burlesque dénomination ett prise de Habelali, 1. ni, ch.iv.'
• Vil. Eir^* poor frottes, à caosede la rime et par licence
poéUqoe s d'aiUeurs on n'écrirait paa . mais on prononçait ainsi
ce mot , dont les éditeurs modernes ont change k tort Tortho-
graphe. Voyei<:i dessus la note sur la IU>le tiii dn Utts III, qui
oflirê nn exemple semblable.
FABLES
La Yictoire balança :
Plus d'an goéret s'engraissa Du sang (te plus d'une bande. ^ Mais la perte la plus grande Tomba presque en tous endroits Sur le peuple souriquois.
Sa déroute Ait entière , Quoi qne pût faire Artarpax , Psicarpax, Méridarpax % Qui , tout courerts de poussière , Soutinrent assez long-temps Les efforts des combattants.
Leur résistance ftit Taine*, Il fellut céder au sort :
Chacun s'enAiit au plus fort, Tant soldat que cafÂtaine.
Les princes périrent tons. ^ La racaille , dans des trous TrouTant sa retraite prête , Se sauva sans grand travail ; Mais les seigneurs sur leur tète Ayant chacun un plumail *, Des cornes ou des aigrettes , Soit comme marques d'honneur.
Soit afln que les belettes En conçussent plus de peur , Gela causa leur malheur.
Trou , ni fente , ni crevasse , Ne fut large assez poor eux ; Au lieu que la populace Entrait dBtns les moindres creux.
La principale jonchée Fut donc des principaux rats.
Une tête emponadiée N'est pas petit embarras.
Le trop superbe équipage Peut souvent en un passage Causer du retardement.
Les petits , en toute affaire , Esquivent fort aisément :
. Les grands ne le peuvent faire.
■ cet noniB tont tirés de la Satraehamyamaehiê . oa do poCme intttalé U Combat des Grenouilles et des Rats, «ttriboë à Homère , et qui le trouve touTent placé k U suite des Cables d'Esope dans d'anciennes éditkmii eomme dans œUe de Bâle , f5SS,in4«, page 981.
* Une toaife de plumes. Le mot plutnail n'a Jamais été admis dantledicUonnaIre de l'Académie trmçàim, et panlt maldéflni dans les autres dictionnaires , qui le font synonyme de bouasoir. Dans nos anciens auteurs , plumail ou pltimaîs sont presque toqlonrs employée pour désigner des plumets serraM d'onie-
FAKLE VIL
Is Sinqeet U Daiuphin,
C'était chez les Grecs un usage
Qne sur la mer tous voyageurs
Menaient avec eux en voyage
Singes et chiens de bateleurs*
Un navire en cet équipage ^
Non loin d'Athènes lit naufirage.
Sans les dauphins tout eût péri.
Cet anhnal est fort ami
De notre espèee : en son histoire
Pline le dit ' i il le faut croire.
B sauva donc tout ce qu'il put.
Même un singe en cette oocnrrenoe«
Profitant de la ressemblance,
Lui pensa devoir son salut :
Un dauphin le prit pour un homme,
Et sur son dos le fit asseoir
Si gravement qu'on eût cru voir
Ce chanteur que tant on renomme *.
Le dauphin Fallait mettre à bord
Quand, par hasard, il lui demande :.
Étes-vous d'Athènes la grande?
Oui , dit l'autre ; on m'y oonnait fort :
S'il vous y survient quelque afEure ,
Employez-moi ^ car mes parents
T tiennent tous les premiers rangs :,
Un mien cousin est juge-maire.
Le dauphin dit : Bien grand merd;
Et le Pirée ' a ^art aussi
A l'honneur de votre présence?
Vous le voyez souvent , je pense? —
Tous les jours : il est mon ami î
C'est une vieille connaissance.
Notre magot prit , pour ce coup,
Le nom d'un port pour un nom d'homme.
De telles gens il est beaucoup Qui prendraient y augirard pour Rome, Et qui , caquetant au plus dru , Parlent de tont, et n'ont rien vu.
Le dauphin rit, tourne U télé, Et, le ma^ considéré,
' Flln. , Bist, nat„ Ub. IX, cap. ntt.
• Arion , qui, menacé par les matelots, flàt sauvé par un dan> pbln qui l'andt entendu chanter. ( Voyes Plln. . Bist, lufl.. lib. IX. cap. vm; Aul.-Gelt. Noctês attitee* Vil, tui, et XVI, XIX , etc. ; L'amitié du dauphin pour l'homme était cbet les anciens un pr^ugé fondé sur ce que ce oétacé se rencontre dans toutes les mers, qu'il aime k suivre les vaisseaux, et que peutétre 0 est Jusqu'à un certain point susceptible d'être apprivoisé.
>Pert d'Athènes.