‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 249 sur 723 · NAT0N · texte numérisé non relu

NAT0N

Pauvres gens, d'attirer sur vos bras un tel homme I Vous feriez beaucoup mieux de Tavoir pour ami. Il ne sait ce que c'est d'c^liger à demi. '

PH^DRIE.

Beaucoup mieux t Et qu'es-tu pour parler de la sorte ? Si je te vois jamais regarder cette porte , BTentends-lu? tu sauras ce que pèse ma main. Ne me va point conter : C'est ici mon chemin, Et je ne saurais pas m'empècber d^y paraître : Je ne veux voir autour le valet ni le maître ; Est-ce bien s'expliquer?

GNATON.

Des mieux, et nettement.

Mais peut-on à l'écart vous parler un moment?

raéDRu.

Eh bien?

GNATON, bas, àTécarf.

Notre soldat a la bourse garnie.

Vous le pouvez admettre en votre compagnie. Il n'est pas pour vous nuire auprès d'aucun objet; Pour donner du soupçon, c'est un faible sujet. Si Thaïs l'a souffert, vous en savez la cause; Sa présence d'ailleurs est bonne à quelque chose : n peut , sans vous causer de crûnte et de souci , Vous défrayer de rire , et de festins aussi. '

PHÉDHIE.

J'accepte , au nom des trois , le parti qu'on nous offre ; Non que nous ayons peur de fouiller dans le coffre, Mais aOn d'en tirer du divertissement.

J'en vais dire à Chrêmes quatre mots seulement : Car , que d'aucun soupçon mon âme soit saisie , Le soldat n'est pas homme à donner jalousie ; Tout ce que j'en ai dit était pour Tabuser. Mais crois4u qu'au hasard il se veuille exposer?

GNATON.

Faites venir vos gens , et puis laissez-moi foire.

PHEDRIB, à Chrimèi.

Chrêmes , votre conseil est id nécessaire ; Et vous aussi, mon frère, approchez un moment.

GNATON retourne vers Thrason.

Seigneur , j'ai ménagé votre accommodement ; Chacun pourra servir cette femme à sa mode , Et crois que ce rival se rendant incommode , Thaïs le quittera pour être tout à vous. On ne trouve jamais son compte à des jaloux : Votre bourse d'ailleurs n'étant point épai^ée. L'intérêt vous pourra donner cause gagnée ; Et , fût-elle d'humeur à le trop négliger. Votre mérite seul suffit pour l'engager.

THRASON

Je t'entends. Qae ISintril à présent que je fosse?

GNATON.

D'abord à ces messieurs vous devez rendre grâce,

Et reconduire après vos troupes au logis ,

On , comme en quelque port heureusement surgis ,

Aprts tant de travaux , de dangers et d'alarmes ,

En beaux verres de vin nous changerons nos armei,

Buvant à la santé de notre conducteur.

Qui de cette victoire a seul été l'auteur.

THRASON

Je crois que c'est le mieuxque nous puissions tousfoire.

( A Pbédrie et àM troupe.)

Messieurs , ne sui»je point en ce lien nécessaire?

PHÉDRIK.

Comment?

THRASON

Je me retire, et mes gens avec moi.

PHÉDRIB.

Gnatoû vous ft4-il dit....

THRASON

Oui , messieurs ; c'est de quoi Je rends très-humble grâce à votre seigneurie : De ma part, si jamais il survient brouillerie. En pièces aussitôt je consens d*être mis ; Et de l'heureux malheur qui nous rend bons amb , D ne sera moment que le jour je ne chdme.

GNATON.

Vous ai-je psis bien dit qu'il était galant homme T

CHÉRIR, à T%rasotL n reste cependant querelle entre nous deux. Quoi ! vousvouliez tantôt en prendre uneauxcfaeveax! Il fout que je la venge au péril de ma vie.

THRASON

AJil ne réveillons pmnt tme noise assoupie.

PH^DRIE.

D a raison , mon f^re, et c^est à* contre-temps.

THRASON , à $e$ soMati.

De l'avantage acquis étant plus que contents, Soldats , retirons-nous : à vos rangs prenez garde; Pour moi, j'aurai le soin de mener 1 avant-garde.

CHRÉMiS.

C'est foire en vaillant chef.

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