‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 264 sur 723 · FIN DES RIEURS DU BEAU-RICHARD · texte numérisé non relu

FIN DES RIEURS DU BEAU-RICHARD

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CLYMÈNE

COMEDIE; -- mi.

AVERTISSEMENT

Il semblera d'abord aa lecteur qne la comédie que j'ajoute ici ' n'est pas en son lieu ; mais , s'il la veut lire juaqn'à la fin, il y trouTera on récit, non tout à ftdt tel que ceux de mes Ck>nte8, et aussi qui ne s'en éloigne pas tout h fiait. Il n'y a aucune distribution de scènes , la chose n'étant pas ftdte pour être représentée.

PERSONNAGES

APOLLON. LES NEUF MUSES, AGAIfTHB*.

La scène est an PanMSM.

Apollon se plaignait aux neuf Soeurs , rantre jour, De ne voir presque plus de bons vers sur romonr^ Le siècle, disait-il , a gâté cette af^iire: Lui , nous parler d'amour ! Il ne la' sait pas foire. Ce qu^on n*a point au coeur , Ta-t-on dans ses écrits? J*ai beau communiquer de i^ardeur aux esprits ; Les belles n'ayant pas disposé la matière , Amours et vers , tout est fort à la cavalière. Adieu donc, ô beautés ! je garde mon emploi Pour les surintendants sans plus , et pour le roi\

* Ces lignes sont imprimées , non sous la forme d'avertlMement , mais Immédiatement après le conte da petit Chien qui secoue dtt pierreries , p. 147 du recueil des Contes et Nouvelles en vers, 1671 , in-12.

s Sur l'orthographe de ce mot. et d'antres tirés des GiecS, ▼oyes Boiasonade , édition de TÛémaque, Paris, Lefévre, f 824 , in-S* , L I , p. 282. Marmontel et d'autres auteurs ont sou- ▼ent écrit ^6aftl« ; et Pellissoo , encore plas mal , ^cftonté.

Acanthe est la FonUine lai-mème , et cette petite pièce letrace sans doute un incident des amours de sa Jeunesse. VoyeiE rBlstoiredesavieetdeseséenu,tî,p, 7 et 180 de l'édlt in-18, et p. Iiade l'édlt tn-6*.

* On pouvait alors bire amo«r fihninfai , même an singulier,

et les éditeurs ont à tort corrigé le texte de la Fontaine en mettant U ne te sait pas faire,

* Ces vers font présumer que cette comédie a été lUte du temps que Fouqnet était surintendant EUe fut par oonséqœot composée avant 1061 .

Je viens pourtant de voir , au bord de lUippocrène, Acanthe fort touché de certaine Glymène. J'en sais qui sous ce nom font valoir leurs appas; Mais , quant à celle-ci , je ne la connais pas : Sans doute qu'en province elle a passé sa vie.

ÉRATO.

Sire , j'en puis parler ; c'est ma meilleure amie. La provmce , il est vrai , fut toujours son séjour; Ainsi l'on n'en foit point de bndt en votre coar.

ORANIB.

Je la connais aussi,

APOLLON

Comment, vous, Uranie!

En ce cas , Terpsièhore , Euterpe, etPolymnie, Qui n'ont pas des emplois du tout si relevés , M'en apprendront enoor plus que vous n'en savez.

POLTMNIB.

Oui, sire , nous pouvons vous en parler diaGone.

APOLLON

Si ma prière n'est aux Muses imporUme, Devant moi tour à tour diantez cette beauté; Mais sur de nouveaux tons , car je suis dégoûté. Que èhacime pourtant suive son caractère.

EUTBRPB.

Sire , nous nous savons toutes neuf contrefiure : Pour si peu laissez-nous libres sur œ pdot-là.

APOLLON

Commencez donc , Euterpe , ainsi qn'U voos plaira.

BUTBRPB.

Que ma compagne m'aide , et puis en dialogue Nous vous ferons entendre une espèce d'^logne.

APOLLON

Terpsichore , aidez-la : mais surtout évitez Les traits que tant de fois l'églogue a répétés ; U me faut du nouveau , n'en fât-il point au monde '.

TBRPSIGHORB.

Je m'en vais commencer : qu'Euterpe me réponde. Quand le soleil a fkit le tour de l'univers , Ce n'est point d'avoir vu cent cheft-d'œuvre diren, Ni d'en avoir produit , qu'à Téthys il se vante ;

* Ce Tert se retrouve dans une des laUesde U FootaiM*

CLYMÈNE

DdK: Tu Ta Qymèiie, elaioii'âine est contente.

BOTBBPB.

LinTore ^rous ^eot yoir ; Giymène, mcnitrez-TOiis : NoD,neboii9eKdalit, le repos est trop doax : Tantôt fOOB pnraltrei Toos-mème nne autre aorore ; Ibi» ne tons pressez point, dormez , donnez encore.

TBRF8ICHORB.

Ao gré de toos les yeux Clymène a des appas : Co pea de passion est ce qu^on loi soohaite : Pour de l'amitié seule, elle n*en manque pas: Ciaq on six irains d'amour, et Clymène est parfaite

BDTBRPB.

L^amonr, i.ce qu'on dit , empêche de dormir : S'il a qodque plaisir, il ne Ta pas sans peine. Voyez la tourterelle, entendez-la gémir : Vous TOUS fuderez bien de condamner Clymène.

TBBP81C0OBS. '

Vénns depuis longtemps estdomanvaçe humeur : QymSne luifiiit ombre ; et Y^us , ayant peur D*ètre mise an-dessous d'une beauté mortelle , Disait hier à son fils : Mais la crmt-on si belle 1 Hé oui , oui , dit F Amour ; je tous la veux montrer.

APOLLON

Tous sortez de Téglogue.

BUTBRPB.

11 nous y fkot rentrer.

ÂBKnr en quatre parts devise son empire : Acanthe en £ût moitié, ses rivaux plus d'un quart ; Ainsi plus des trois quarts pour Clymène soupire : Les antres belles ont le reste pour leur part.

TBRPSICBORB.

ToQt ce que peut avoir un cœur d'indifférence*, Clymène le témoigne : elle en a destiné [franco Les trois quarts pour Acanthe : heureux dans sa souf- S'il voit qn'à ses rivaux le reste soit donné t

BUTBRPE.

Ne vous semble-t-il pas que nos bois reverdissent , DepQB que nous chantons un si charmant objet ?

.TEEPSICHORE.

Oiseaux, hommeset dieux, que tous chantres dioisis- Désonnais,en lenrs sons, Clymène pour sujet ! [sent

BUTERPB.

Pour elle le printemps s'est habillé de roses.

TEEPSICHORE.

Pour die les zéphyrs en parfument les airs.

EUTEEPB.

Et les oiseaux pour elle y joignent leurs concerts. Hégnez, belle, régnez sur tant d'aimables choses.

TERPSIGHORB.

Aimez, Clymène, aimez; rendezquelqu'un heureux: Votre règne en aura plus d'appas pour vous-même.

BOTBEPE.

£noe nombre d'amants qui voulez-vous qu'elle aime?

TKRPSICHORB.

Acanthe.

EUTBRPE.

Et pourquoi lui ?

TEBPSIGHORB.

C'est le plus amoureux.

Sure , étea-vous content?

APOLLON

Assez. Que Melpomène Sur un ton qui nous touche introduise Clymène. Vous , Thalie , il vous feut contrefaire un amant Qui ne veut point borner son amoureux tourment.

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