FIN DES RIEURS DU BEAU-RICHARD
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CLYMÈNE
COMEDIE; -- mi.
AVERTISSEMENT
Il semblera d'abord aa lecteur qne la comédie que j'ajoute ici ' n'est pas en son lieu ; mais , s'il la veut lire juaqn'à la fin, il y trouTera on récit, non tout à ftdt tel que ceux de mes Ck>nte8, et aussi qui ne s'en éloigne pas tout h fiait. Il n'y a aucune distribution de scènes , la chose n'étant pas ftdte pour être représentée.
PERSONNAGES
APOLLON. LES NEUF MUSES, AGAIfTHB*.
La scène est an PanMSM.
Apollon se plaignait aux neuf Soeurs , rantre jour, De ne voir presque plus de bons vers sur romonr^ Le siècle, disait-il , a gâté cette af^iire: Lui , nous parler d'amour ! Il ne la' sait pas foire. Ce qu^on n*a point au coeur , Ta-t-on dans ses écrits? J*ai beau communiquer de i^ardeur aux esprits ; Les belles n'ayant pas disposé la matière , Amours et vers , tout est fort à la cavalière. Adieu donc, ô beautés ! je garde mon emploi Pour les surintendants sans plus , et pour le roi\
* Ces lignes sont imprimées , non sous la forme d'avertlMement , mais Immédiatement après le conte da petit Chien qui secoue dtt pierreries , p. 147 du recueil des Contes et Nouvelles en vers, 1671 , in-12.
s Sur l'orthographe de ce mot. et d'antres tirés des GiecS, ▼oyes Boiasonade , édition de TÛémaque, Paris, Lefévre, f 824 , in-S* , L I , p. 282. Marmontel et d'autres auteurs ont sou- ▼ent écrit ^6aftl« ; et Pellissoo , encore plas mal , ^cftonté.
Acanthe est la FonUine lai-mème , et cette petite pièce letrace sans doute un incident des amours de sa Jeunesse. VoyeiE rBlstoiredesavieetdeseséenu,tî,p, 7 et 180 de l'édlt in-18, et p. Iiade l'édlt tn-6*.
* On pouvait alors bire amo«r fihninfai , même an singulier,
et les éditeurs ont à tort corrigé le texte de la Fontaine en mettant U ne te sait pas faire,
* Ces vers font présumer que cette comédie a été lUte du temps que Fouqnet était surintendant EUe fut par oonséqœot composée avant 1061 .
Je viens pourtant de voir , au bord de lUippocrène, Acanthe fort touché de certaine Glymène. J'en sais qui sous ce nom font valoir leurs appas; Mais , quant à celle-ci , je ne la connais pas : Sans doute qu'en province elle a passé sa vie.
ÉRATO.
Sire , j'en puis parler ; c'est ma meilleure amie. La provmce , il est vrai , fut toujours son séjour; Ainsi l'on n'en foit point de bndt en votre coar.
ORANIB.
Je la connais aussi,
APOLLON
Comment, vous, Uranie!
En ce cas , Terpsièhore , Euterpe, etPolymnie, Qui n'ont pas des emplois du tout si relevés , M'en apprendront enoor plus que vous n'en savez.
POLTMNIB.
Oui, sire , nous pouvons vous en parler diaGone.
APOLLON
Si ma prière n'est aux Muses imporUme, Devant moi tour à tour diantez cette beauté; Mais sur de nouveaux tons , car je suis dégoûté. Que èhacime pourtant suive son caractère.
EUTBRPB.
Sire , nous nous savons toutes neuf contrefiure : Pour si peu laissez-nous libres sur œ pdot-là.
APOLLON
Commencez donc , Euterpe , ainsi qn'U voos plaira.
BUTBRPB.
Que ma compagne m'aide , et puis en dialogue Nous vous ferons entendre une espèce d'^logne.
APOLLON
Terpsichore , aidez-la : mais surtout évitez Les traits que tant de fois l'églogue a répétés ; U me faut du nouveau , n'en fât-il point au monde '.
TBRPSIGHORB.
Je m'en vais commencer : qu'Euterpe me réponde. Quand le soleil a fkit le tour de l'univers , Ce n'est point d'avoir vu cent cheft-d'œuvre diren, Ni d'en avoir produit , qu'à Téthys il se vante ;
* Ce Tert se retrouve dans une des laUesde U FootaiM*
CLYMÈNE
DdK: Tu Ta Qymèiie, elaioii'âine est contente.
BOTBBPB.
LinTore ^rous ^eot yoir ; Giymène, mcnitrez-TOiis : NoD,neboii9eKdalit, le repos est trop doax : Tantôt fOOB pnraltrei Toos-mème nne autre aorore ; Ibi» ne tons pressez point, dormez , donnez encore.
TBRF8ICHORB.
Ao gré de toos les yeux Clymène a des appas : Co pea de passion est ce qu^on loi soohaite : Pour de l'amitié seule, elle n*en manque pas: Ciaq on six irains d'amour, et Clymène est parfaite
BDTBRPB.
L^amonr, i.ce qu'on dit , empêche de dormir : S'il a qodque plaisir, il ne Ta pas sans peine. Voyez la tourterelle, entendez-la gémir : Vous TOUS fuderez bien de condamner Clymène.
TBBP81C0OBS. '
Vénns depuis longtemps estdomanvaçe humeur : QymSne luifiiit ombre ; et Y^us , ayant peur D*ètre mise an-dessous d'une beauté mortelle , Disait hier à son fils : Mais la crmt-on si belle 1 Hé oui , oui , dit F Amour ; je tous la veux montrer.
APOLLON
Tous sortez de Téglogue.
BUTBRPB.
11 nous y fkot rentrer.
ÂBKnr en quatre parts devise son empire : Acanthe en £ût moitié, ses rivaux plus d'un quart ; Ainsi plus des trois quarts pour Clymène soupire : Les antres belles ont le reste pour leur part.
TBRPSICBORB.
ToQt ce que peut avoir un cœur d'indifférence*, Clymène le témoigne : elle en a destiné [franco Les trois quarts pour Acanthe : heureux dans sa souf- S'il voit qn'à ses rivaux le reste soit donné t
BUTBRPE.
Ne vous semble-t-il pas que nos bois reverdissent , DepQB que nous chantons un si charmant objet ?
.TEEPSICHORE.
Oiseaux, hommeset dieux, que tous chantres dioisis- Désonnais,en lenrs sons, Clymène pour sujet ! [sent
BUTERPB.
Pour elle le printemps s'est habillé de roses.
TEEPSICHORE.
Pour die les zéphyrs en parfument les airs.
EUTEEPB.
Et les oiseaux pour elle y joignent leurs concerts. Hégnez, belle, régnez sur tant d'aimables choses.
TERPSIGHORB.
Aimez, Clymène, aimez; rendezquelqu'un heureux: Votre règne en aura plus d'appas pour vous-même.
BOTBEPE.
£noe nombre d'amants qui voulez-vous qu'elle aime?
TKRPSICHORB.
Acanthe.
EUTBRPE.
Et pourquoi lui ?
TEBPSIGHORB.
C'est le plus amoureux.
Sure , étea-vous content?
APOLLON
Assez. Que Melpomène Sur un ton qui nous touche introduise Clymène. Vous , Thalie , il vous feut contrefaire un amant Qui ne veut point borner son amoureux tourment.