‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 274 sur 723 · J^BATO · texte numérisé non relu

J^BATO

C'est... c'est , je m'imagine...

AGAlfTHS.

Quoi?

1ÎKATO.

Le bras entier?

ACANTHE

Non.

ÉBATO "«

Le pied ?

ACANTHE

Vous l'avez dit.

Je l'ai vu , dit l'Amour ; il est sans contredit Plus blanc de la moitié que le plus blanc ivoire. Clymène s'éveillant , comme vous pouvez croire , Voudra vous témoigner d'abord quelque courroux. Mais je serai présent , et rabattrai les coups ; Le sort et moi rendrons moutmi votre tigresse. Amour n'a pas manqué de tenir sa promesse: Ce matin j'ai trouvé Clymène dans le lit. Sire , jusqu'à demain je n'aurais pas décrit Ses diverses beautés. Une couleur de roses , Par le somme appliquée , avait, entre autres choses , Rehaussé de son temt la nafve blancheur. Ses lis ne laissaient pas d'avoir de la fî-atcheur. Elle avait le sein nu : je n'ai point de parole

Quoique dès ma jeunesw instraitdans cette école , Pour vous bien exprimer un double mont d'aUnits. Quand j'aurab là-dessus épuisé tous les traits , Etikit pour cette go^ une blandieur nouvelle, Encor n'auriez-vous pas ce qui la rend si belle ; La descente, le tour , et le reste des lieux Qui pourlor&m'ont foitroi( j'entends roi pariesyenx^ Car mes mains n'ont point eu de part à cette joie). Le sort à mes regards a mis encore en proie Les merveilles d'un pied , sans mentir , fai^iu toor. Figurez-vous le jMed de la mère d'Amour , Lorsqu'allant des Tritons attirer lesodlladâ. Il dispute le prix avec ceux des Naïades. Vous pouvez l'avoir vu ; Mars peut vous l'avoir dit : Quant à moi , j'ai vu , ^re , an pied ddnt il s'agit, Du marbre , de l'albâtre , une plante venndlle : Thétis l'a , que je pense , ou doit l'avoir pareille. Quoi qu'il en soit , ce pied , hors des draps échappé, M'a tenu fbrt longtemps à le voir occupé. Pour en venir au point où j*ai poussé Yaîùkt : Quel des trois, ai-je dit , faut-Jl que je préfère? Pai , si je m'en souviens , un baiser à cueillir , Et par bonheur pour moi je ne saurais fkillir. Cette bouche m^appdle à son haleine d'ambre. Cupidon est entré là-dessus dans la diainbre; Je ne sais pas commeiit , car j'avais feimé toot ' J'ai parcouru le sein dé l'on à l'autre bopt. Ceci me tente encore , aîje dit en moknéiQe ; Et quand je serais prince , et prinée à diadème, Une telle faveur me rendrait fortuné.

Par caprice à la fin m'étant déterminé , J'ai réservé ces deux pour la première vue. Le pied, par sa beauté qui: m'étaatincomiQe M'a fait aller à lui. Peut-être ce baiser M'a paru moins oonunun , partant plus i priser. Peut-être par respect j'ai rendu cet hommage; Peutrétre aussi j'ai cru que le même avantage Ne reviendrait jamais , et qu'on ne baise pss Un beau pied quand on reut, trop bien d'antres appu. La rencontre après tout me semblait fbrt beureu$e: Même à mon sens la chose était plus amooreiise : De dire plus friponne , et d'aller jusque-là , Je n'ai garde , c'est trop : j'ai , sire , pour cela Trop de respect pour vous, ainsi que pour Clym^*- Elle s'est éveillée avec assez de peine; Et m'ayant entrevu , la belle et ses appas Se sont au même instant cachés au fond des draps. La honte Ta rendue un peu de temps muette ; Enfin , sans se tourner , ni quitter sa cachette , D'un ton fbrt sérieux et marquant son dépit : Je vous croyais plus sage , Acanthe , a-t-elle dit; Cela ne me plaît point ; sortez , et tout à Theore. Amour , ai-je repris , me dit que je demeure ; Le vdlà : qui croirai-je ? accordez-vous tons deia

GLYHÈNE.

Qm, ïkmamf Pensez-Toos, avec tob ris, vos jeax, Vosimoan, in*ainiiser? a^reparti Glymène.

Toot doux , a dh rAmour. Aussitôt rinhumaine , OyiDtla voix do diea , s^est tooraée ; et changeant De note , prenant même nn air tout engageant , Qjinèiie, a-t-elle dit, tu n'es pas la plus forte ; Cest à tm de fermer une autre fois la porte. LesToili deux; encore un dieu s'en méle-t-il. Afin qa'Acanthe sorte , eh bien I que lui fout-il? OoH dise les faveurs dont il se juge digne. Xaifegardé TAmour ; du doigt û m*a foit âgne. J«D*iipas eniendud'abord ce qu'il voulait -, Mais, me montrant les traits qu'une bouche étalait, I) m'a fait à la fin juger, par ce langage, Qa m baiser me viendrait , si j'avais du courage. Or, je n'en eus Jamab en qualité d'amant, àmoorm'adîtlout bas : Baisez- la hardiment ;

Je loi tiendrai les maiiiss vous n'anrei point d'obitade» Je me suis avancé : le reste est un miracle. Amour en ftdt ainsi ; ce sont coups de sa main.

Comment?

ACANTHE

Glymène a foit la moitié du chemm.

POLTMNlfe.

Que vous autres mortels êtes fous dans vos flammes t Les dieux (détiennent bien d'autres dons de lenrs dames » Sans triompher ainsL

ACANTHE

Polymnie, ils sont dieoz.

APOLLON

Je Tétab , et Daphné ne m'en traita pas mieux. Perdons ce souyenir. Vous triomfAez , Acanthe : Nous vous laissons , adieu ; notre troupe est contente.

FDt DE CLTMENB.

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DAPHNÉ

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