LIVRE VL
SI
Tous forent da dessein, chaeon selon sa giiîse :
L'âéphant deyait sur son dos
Porter Fattirail nécessaire,
Et combattre à son ordinaire ;
Uoors , s'apprêter pour les assauts ; Le renard , ménager de secrètes pratiques ; El le ange , amuser Fennemi par ses tours. Rcofoyez , £t qudqu^un , les ânes , qui sont lourds, Et les iîèTres , sujets à des terreurs paniques. Point du tout, dit le roi ; je les veux employer : Notre troupe sans eux ne serait pas complète. L'âne effhdera les gens, nous servant de trompette; Et le lièvre pourra nous servir de coiurier.
Le mooarqnepradent et sage De ses moindres si^ts sait tirer quelque usage
Et ooonatt les divers talents, n n*est rien dlnutile aux personnes de sens.
FABLE XX
VOwrt et fei deux Compagntmi,
Deux compagnons, pressés d'argent,
A lemr voisin fourreur vendirent
La pean d'un oors encor vivant , liais qu'ils tueraient bientôt ; du moins à ce qu'ils di- C'était le roi des ours an compte de ces gens ^ [rent. Le niaidiand à sa peau devait foire fortune; Elle garantiiait des froids les plus cuisants ; On en pourrait fourrer plutôt deux robes qu'une. Dindenant' prisait moins ses moutons qu'eux leur Leur, à leur compte, et nonà celui de la bête, [ours: S^oArant de la livrer au plus tard dans deux jours , Os conviennent de prix, et se mettent en quête, . Trouvent Fours qui s'avance et vient vers eux au trot. Voilà mes gens frappés comme d'un coup de foudre. Lefaaarcfaé ne tint pas; il fellut le résoudre: Dlntéréls Contre Fours , on n'en dit pas un mot. L'nn des deux compagnons grimpe an foite d'un ar-
L'antre, plus froid que n'est un marbre, (bre; Se oooelie sur le nei, fidtle mort, tient son vent,
' ViB. Dms ta édUoiiide ICH. mdoC et dant toates ta édiqoeDootaroDiooiisiiltéet, on lit:
MMC to ni dti MTt : m coBpto de CM sent, I# ■Btrctand h « pein deralt fSilre finlone.
Cette poodiutloQn'eit point celle des quatre édttfami donnéei pv b Fontihie, aoxqoelta nous noue tommee oonformés. L'édtton pnliliée parla oompasnie des libraires ,-en 1729 . ne iTfB eit point écartée , quoiqu'on commentateur de notre fsbu- Itae More le contraire. Montenaolt, dans son édition de 17fl5 . la^rito.nfariett changé Doo pins à la ponctuation des éditions
de montons , dans BabelaiB , Pantagruel , 1. lY.
ck.fnL
^ Ayant quelque part oui dire
Que Tours s'acharne peu souvent Sur un corps qui ne vit, ne meut , ni ne respire. Seigneur ours, comme un sot, donna dans ce pan* n voit ce corps gisant , le croit privé de vie ; |neau :
Et, de peur de supercherie, Le tourne , le retourne , approche son museau ,
Flaire aux passages de l'haleine* C'est , dit41 , un cadavre ; ôtons-nous , car il sent. A ces mots, l'ours s'en va dans la forêt prochaine. L'un de nos deux marchands de son arbre descend , Court à son compagnon , loi dit que c'est merveille ' Qu'il n'ait eu seulement que la peur pour tout mal. Eh bien ! ajoota-t41 , la peau de Tanlmal ?
Mais que t'a-t-il dit à l'oreille?
Car il t'approchait de bien près ,
Te retournant avec sa serre. —
n m'a dit qu'il ne fout jamais Vendre la peau de Tours qu'on ne Tait nds par terre.
FABLE XXL VAne véftt de la jpeau du Irtott.
De lajieau du lion Tâne s'étant vêtu,
Etait craint partout à la ronde;
Et, bien qu'animal sans vertu \
Il feisait trembler tout le monde.
Un petit bout d'oreiUe échappé par malheur
Découvrit la (burbe et Terreur :
Martin ' fit alors son «office.
Ceux qui ne savaient pas la nise et la malice
S'étonnaient de voir que Martin
Chassât les lions au moulin.
Force gens font du bruit en France Par qui cet apologue est rendu fomilier. Un équipage cavalier Fait les trois quarts de leur vaillance.