‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 351 sur 723 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ASTRÉE

Eofio me voilà seule, et j*ai trompé Phyllis. Yen», monstres cmels : ce n'est pas que j'espère

Que ma beauté faible et légère Donne atteinte à des sorts par Fenfer établis ; Je ne Teux que mourir.

Céladon I tu m'appelles.

Si parmi les choses mortelles Qoelqu'one peut encor l'attacher ici-bas , Plains la bergère qoi t'adore ; Ce n'est pins pour moi que Tanrore Reparaîtra dans nos climats.

Chère ombre , je te suis. Adieu , rives cruelles ; Adien , soleil ; adieu , mes compagnes Odèles : Vaimez point , ou tâchez de bannir de Famour I^ soupçons, les dépits, les ii\îustes querelles; Gdoi que je regrette en a perdu le jour.

Je ne tous fuis que pour le suivre ; A ce devoir il me faut recourir :

Si je TOUS ai promis de vivre , Au mânes d'un amant j'ai promis de mourir.

Cesl trop tarder , ombre chérie :

Viens voir mon crime s'expier; Aide mon cœur à défier Ces animaux pleins de furie.

Hais d'où vient que je perds l'usage de met sens?

La mort sur mes yeux languissants

Etend on voile plein de charmes.

Awc quelle douceur je termine mes jours î Quel plaisir de céder à de telles alarmes ,

^ se rejoindre à ses amours

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