BRISÉIS , LYDIE
LYDIE
Nous vous revoyons donc , heureuse Briséis ! L'injuste Agamemnon , pour venger son pays , Vous rendant au héros à qui tous sûtes plaire , Croit que vous fléchirez d'un seul mot sa colère.
BBISéiS.
Moi ? le vouloir fléchir ! Lydie, y pensez-vous ? Moi , troubler le repos qu'il doit à son courroux I
4 La Footaioe n'a composé que deux actes de cette tragédie à\4chille : il est probable qu'il les envoya à son ami de Maucroix , qui rengagea à ne point continuer; et il déféra si bien aux sagef conseils de cet ami . que personne de son temps, ni même long-temps aprâs sa mort , ne s'était douté qu'il s'était aussi essayé dans le genre tragique . jusqu'à ce que d'Olivet » éditeur de quelques-unes des œuvres de François de Uaucroix, eut déposé en 1740 des manuscrits de cet auteur, parmi lesquels se trooTaient les denx actes â'Jehille de la Fontaine , écrits en entier de sa main , et contenant quelques notes qui annoncalent de quelle manière il se proposait de terminer cette tragédie. I.es auteurs de la f>etUe Bibliothèque du thedlres ont les premiers , en 1785 , publié sur le manuscrit ces denx actes Inédits de notre fabuliste; et c'est d'après l'édition qu'ils en ont donnée qu'on les a réimprimés dans toutes les éditious de la Fontaine. Nous avons coliationné avec un grand soin le manuscrit autographe de ces deux actes . qui est à la Bibliothèque du Roi : ce qui nous a donné les moyens de rectifier les négligences des premiers éditeurs , et de rétablir des vers entiers qu'ils avaient omis.
H a quitté par là Tintérét des Atrides, Par là laissé de Mars les fureurs homicides ; Et lorsque seul en paix il voit même les dieux En mortels attaquer et défendre ces lieux , J'irai de leurs débats le rendre la victime ! Il servira les Grecs qui s^mffirent qu'on Toppriine ! Non , Lydie ; épargnons des jours si précieux. Agamenmon m'a fait enlever à ses yeox : Qui du camp s'en est plaint ? On s'est to : ce silence^ Si Briséis esttarue , aura sa récompense.
LYDIE
Achille le jura dès votre enlèvement.
BRiséis.
C'est à mol d'avoir soin qu'il tienne son senneoi Le sort ne m^aura pomt contre lui pour complice; Contentons-nous qo'Ajax , Phomix , arec liysse, Députés par les Grecs , implorent son setwurs : Nous-mêmes n'allons pas précipiter ses jours. Vous savez quel destin Tattend sur ces rivages.
LTOIB.
Je ne m'arrête pomt à tons ces vains présages ; On les rendra menteurs par qndqne prompt dcpin Les Grecs sont-ils point las d'assiéger ce rempart? Quand se proposent-ils de revoir leur patrie?