‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 365 sur 723 · BRISÉIS · texte numérisé non relu

BRISÉIS

' Seigneur, ne cherchez point de raison dans l'amour. J'en dis trop ; cet aveu vous déplaira peutrêtre. Mais quoi 1^ j'ai beauroogir, mou cœur n'est plus le maître. Ce que l'un sent pour vous ne se peut étouffer ; Achille ne saurait à demi triompher.

Souffrez qu'après ces mots Briséis se retire... Ne vous lassez- vous point de les entendre dire? Ma rougeur me confond : je sors donc ; aussi bien Ulysse va venir , et je ne craindrais rien t Résistez à son art , opposez-lui ma flamme ; Opposez-lui du moins la fierté de votre âme. Que vous importe-t-il qu'on venge Ménélas? Songez à vos parents , à vos destins , hélas t Aux miens qui les suivront. J'ai pour tout artifice Les pleurs que vous voyez : pourront-Us motos quTJlysse 7 Emploierai-je des traits moins sûrs de vous toucher?. . Adieu , seigneur ; gardez un courroux qui m'est cher. Epargnez des Troyens les misérables restes; Laissez durer encor l'œuvre des mains célestes '.

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