‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 368 sur 723 · ACHILLE, ACTE I, SCÈNE Y · texte numérisé non relu

ACHILLE, ACTE I, SCÈNE Y

LadknlrojaiTalnqiieiifff.tesdieiixgraaooDroiidas : Cette Troie à son tour plaignant notre misère. Voilà, Toilà, seigneur, des sujets de colère.

ACHILLE

Vous n'êtes pas réduits encore à cet état.

DLTSSB.

El le bnt^ attendre? Est-il de potentat , Denmple Grec, qui pût se plaire en sa patrie, Vojant de notre nom la gloire ainsi flétrie?

ACHILLB.

Si rmtérét des Grecs est d'employer mon bns , Poonpnid'Agamemnon ne se plaignent-ils pas? * Quand oe dief a payé de mépris leurs services, K*ihje pas condûnné tout haut ses injustices? Princes, je ne sais point trahir mes sentiments : Rappelei dans Tos cœurs ses mauvais traitqnents , Von yerrex que diacun a sujet de se plaindre. ^^'"^^'^ lïJ consens ; rien ne vous doit contraindre : Je TOQs laisse venger le fiûble Ménélas. Eo serrant toutefois ces deux frères ingrats , Est-O, princes, est-il de Grec qui se dât taire? Taifait édat pour tous; je veux encor le faire.

ULYSSE

Âh! ne rappelez point les déplaisirs passés. Je Teox qu' Agamemnon nous ait tous offensés ; n bot n'y plus songer , et que notre mémoire Se charge du seul soin d'acquérir de la ^oire.

ACHILLE

Eit-ce en le redoutant qu'on espère en trouver ? La gloire est pour lui seul , il sait nous Tenlever.

ULYSSE

Entons donc au moins la honte et TinHunie ; Empêchons, s'il se peut, que la Grèce ne die :

• Je suis mère lëconde en enfants malheureux;

• rù formé des héros , Troie a triomphé d'eux.

> Réduite à les revoir sans lauriers en leurs villes ,

• Je ne souffrirai plus qu'ils quittent ces asiles ;

> Qo'ib laiaent leiin foyen , et cherchent aux oomhatt

• Un renom que les dieux ne leur accordent pas. »

AJAX

Jesiani m'excepter de cette obscure vie, Et Teox vaincre ou mourir aux champs de la Phrygie. Moi Tirant, un berger ne sera point chez soi TimqmDe possesseur de Tépouse d'un roi.

J'aorai des compagnons à punir cet outragis ; VoQs verrez phis d'un chef tenir même langage. D*Qn même esprit que tons , seigneur , soyez porté : No» nous sommes ligués contre cette cité ; Si qaûq^ Grec se plaint , qu*on remette la peine A des temps où les dieux auront fait rendre Hélène. VoQs les aurez alors contre vos ennenûs ; Et, si TOUS me mettez au rang de vos amis , Si TOUS trouvez qu'Ajax ait assez de vaillance , Moi-même je vous veux aider dans la vengeance :

Aidez-nous dans oe siège, appuyez nos efforts. Ces murs pris ou laissés , les miens et moi, pour lors Nous vous servirons tous contre un prince coupable.

ACHILLE

Le fier Agamemnon n'est pas si redoutable : Mon bras y suffira, comme il a cru le sien Capable de dompter sans moi le mur troyen. Votre offre cependant , seigneur , doit me confondre.

AJAX

Ce n'est pas enoor là comme U feut nous répondre. Noos verra-t-on venger un tel affront sans vous?

ACHILLE

Sans moi t qui touche-t-il qu'un malheureux époux? .L'union n'était pas si grande en nos provinces Que nous dussions tous suivre en esdavesces princes.

AJAX

En esclaves 1 nous , rois 1 dites en compagnons. Tenons-nous de leurs mains les lieux où nousrégnontf Le sang d'Atrée a-tril du pouvoir sur le nôtre? Somni6»-noos dépendants , vous ni moi , d'aucun autre? Ulysse voudrait-il qu'on dit qu'étant floroé n a de ses pareils l'intérêt embrassé?

Non , sans doute.

ULYSSE

Il iUlait venger nos diadèmes.

L'affront fkit à ces rois retombait sur nous-mêmes : rentrai dans leur parti de mon pur mouvement ; Rien ne m*y contraignit qu*un juste sentiment. Cette même raison vous donna même envie : Est-elle autre aujourd'hui que dix ans Font suivie ? Nous nous sommes enfin à poursuivre engagés ; Laisserons-nous des murs si longtemps assiégés ?• Des murs qui pour jamais aux princes de la Grèce Seraient un monument de honte et de faiblesse?

AJAX

Après dix ans d'assauts , sll nous les fiiut quitter , Quels peuples ne riendront chez nous nous insulter?

ACHILLK.

Quand j'ai lien de me plaindre, oo ne me convalne gnèret. Ce que vous alléguez en fiaveur de ces firères , L'un d'eux , à mon égard , le détruit acgourd'hui : Je veux bien vous payer de raison , et non lui.

ULYSSB , à jijax.

Sdgneur, laissons à part les disputes frivoles...

(AAdiiUe.)

Et vous, fils de Thétis , écoutez mes paroles. Vous croyez que ce chef pour unique raison N'a que de réparer l'honneur de sa maison ; Qu*au8sitdt contre vous il reprendra la hame? Vous eu allez juger par ce qui nous amène. Rempli des qualités qui vous font estimer , Ce prince recommence encore à vous aimer. Il ne tiendra qu'à vous d'unir vos deux familles : Nous vous oflitHis l'hymen de l'une de ses filles.

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