‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 420 sur 723 · LES ACTBURS PRÉCÉDENT:! , BLAISE · texte numérisé non relu

LES ACTBURS PRÉCÉDENT:! , BLAISE

BOUVILLON

B. BOUVILLON

Or écoutez, messieurs , petits et grands : L*Étoile , en ce moment , eette charmante fllle , S'est de son propre pied disloqué la cheville.

LA BAGUBNAUDIÈRB.

Quoi ! l'Étoile est blessée? 6 malheur inouï!

RAGOTIN

L'ai-Je bien entendu? l'Etoile est blessée ?

B. BOUVILLON

Oui.

RAGOTIN

Messieurs , soutenez^moi. Par un récit funeste , Funeste messager, instruisez-moi du reste : Après je veux mourir.

B. BOUVILLON

Pour venir babiller Son rôle dans la pièce , elle allait s'habiller: Mais un vilain caUlon s'est trouvé devant elle , Qui par terre a fait choir la pauvre demoiselle. Ma mère dans sa chambre est à la secourir. Voilà le récit foit , et vous pouvez mourir.

* Voyei la Roman comique, première partie . cbap. x , t. Il, p. 70 à 77 des OEuvres dt Scarrcn , édlt'. 1797.

RAGOTIN

Vous êtes donc blessée, objet que jldolâtre t

LA BAGUlsNAUDlÈRB.

Et qae va devenir ma pièce de théâtre ? S'est-il vu sous le ciel auteur plus malheureux? Où trouver une actrice ? ô sort trop rigoureux !

BAGOTIN.

Je serais votre fait , monsieur, si j'étais femme : Le rôle de TÉtoUe est gravé dans mon âme, Pour ravoir fait au Mans repasser plusieurs fois.

LA BAGUENAUDIBRB.

Vous savez Gléopâtre ?

Oui , j'ai sa même voix , J'ai tout son même ton , comme elle je déclame ', J'ai même geste enfin; mais je ne suis pas femme.

l'olive.

Bon : la nécessité prend le dessus des lois ; La comédie était sans femmes autrefois ; Même encore un garçon fait la fille an collège : Nous pouvons au besoin user du privilège. Il reste encore un page.

LA BAGDBNAUDièRE.

O sort ingrat pour moi !

L'OLlVE.

Monsieur de Bonvillon peut prendre cet emploi :

Il est bien faicié , sa voix est agréable ,

Et pour un page il est d*une taille admirable.

B. BOUVlLLOIf.

Ferai»je bien cela tout de bon?

l'olive.

Oui, vraiment.

B. PODVILLON.

Est-ce un grand rôle?

l'olive.

Il est de deux vers seulement.

B. BOU VILLON

Sont-ils en prose ?

L*OLIVB.

Non ; je vais vous les apprendre En un moment.

B. BOU VILLON

Irai-je? ô beau-père !

LA BAGUCNAUniÈRE.

Ah! mon gendre.

Tout ceci me fotigue.

B. BOUVILLON

Allons donc , menez-m y.

LA BAGUENAUDIÈRE

Que ne vous dois-je point , ô Biaise , mon ami 1 Pour nous déterminer, suivons-les tous, de grâce; El si l'on peut jouer, nous viendrons prendre place.

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