‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 447 sur 723 · COMEDIE EN UN ACTE · texte numérisé non relu

COMEDIE EN UN ACTE

PAR LA FONTAINE ET CHAMPMESLÉ-

AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR

Le cfaevalior de Monhy, dans V Abrégé de l'HUtoirê du Théâtre français, prétend que cette pièce était d'abord ea trois actes; et le duc de la Yallière , dans sa Bibliothèque du Théâtre françois , dit qu'elle était en deux. Quoi qu'il en soit , elle ftit jouée ponr la première luis le lundi 23 juillet «685 , après la tragédie de Cînna i elle eut treise repré- •entations; la dernière le lundi 20 août , après la tragédie d'Héraclius. Suivant la Coutume , on laissa reposer quelque temps cette comédie, et elle Uxi reprise le 8 janvier 1686 : depuis elle resta au courant du répertoire, où die se trouve encore. C'est une des petites pièces en un acte que le public accueille avec le plus de plaisir, surtout qqand le rôle dlloiiense est joué par une actrice capable d'en fisiire ressortir tout l'esprit et la finesse. C'est à quoi parait, à ce qu'on nous assure, avoir merveilleusement réussi mademoiselle Raisin, qui joua ce rôle dans l'origine. Cette actrioe avait alors vingt-trois ans : elle était grande, bien fiiite, pleine de grâces naturelles; ses yeux étaient charmants : elle avait la bouche un peu grande; mais ce déhnt était compensé par des dents parfaites et d'une admirable blancheur. Elle était fille de Pilel de Longchamps, acteur de province , et parut très-jeune sur le théâtre. A Tége de quinze ans elle passa à Londres avec son père et la troupe dont il était entrepreneur : elle brîlla beaucoup à la cour d'Angleterre , et attira même l'attenlion du roi Charles n. Depuis elle fut aimée du Dauphin; et Louis XIV, en 1701 , la fit renoncer au théâtre, en lui fiiisant une pension viagère de dix mille livres. Elle mourut le 50 septembre 172f, par les suites d'une chute, et fîit trèsregrettée des pauvres, qu'elle se plaisait à as^ter.

Les éditeurs de la Fontaine et des collections de pièces de théâtre ont suivi , en réimprimant cette pièce , l'édition donnée en 1701 par Adrien Moetjens: ils paraisseiit avoir tous ignoré qu'il en existait une édition beaucoup plus correcte, donnée probablement par Jean-Baptiste Rousseau , dans un recueil publié à Amsterdam en 1734 , intitulé P\èce$dramat\qu€S iM/oMet eirettituée$parM.**\ Nous transcrirons ici en entier l'avertivement que l'édi-

teur de ce recueil , quel qn'il soit , a mis en tête de la pièce duF/orenftn(p.519).

c La petite comédie du Florentin a toujoars pssé poor un cher-d'œuTre ; et à dire Trai nous n'en avons socom qni puisse lui être préférée, ni pour l'invenlion , ni pour l'agrément du style. La scène des oonfidenoesafftout est peut-être ce que nous avons de plas iogénieui et de plus comique sur notre théâtre. Cependant, db!gré tout le mérite qu'elle s'y est acquis, il oe s'en voit point qui ait été jusqu'ici aussi maltraitée sur le papier par les altérations, les fautes de langue, les oaûtsk», et les barbarismes que l'ignorance des éditeony a laiaé glisser presque d'un bout à l'antre. U est deTutérétcio pul>lic qu'un ouvrage pour lequel il a témagné tant d'estime paraisse enfin sous ses véritables tr8ils;ctaiai de la vérité demande aussi qu'on restitue ao ménKOo- ▼rage son véritable père, qui n'a jamais été sotreqae le mari de cette célèbre actrioe dont le Iktneax Dopréaux ftiit une mention si honorable dans son éptlre à M. Rachie, et que Tinimitable la Fontaine s'a pu moins illustrée dans les beaux vers qu'il lui adresse as commenoem<snt de sa nouvelle de Bdphégor. > Il y a tout lieu de présumer, d'après la fin de eet sts" tissepient , que l'éditeur des Pièces choisie^ a dû aux héritiers on à un des amis de Ghampmesié une copie pin correcte de cette pièce du Florentin» ce qui lui a dooti^ lieu de croire que Ghampmesié en était rnaiqoe saieor. Mais il suffit de lire cette pièce, versifiée d'une roafittav si vive, si spiritoelle , si originale , et de la comparer «u comédies en Ters de Ghampmesié, pour être oonTsiocD qu'elle n'a pas été écrite par lui. D'après ce qui s été dit par le dievaller de Mouhy et le duc de la Valli^re, il paraîtrait que Cbarapmeslé avait d'abord composé une pièce sur ce sujet, en trots ou deux actes, et qœ i* Foutahie la réduisit en un acte, bi Tonifia de ooufesoa entier, et la mit ensuite en état de paraître avec soccèsisr le théâtre.

Nous avons suivi le texte du RecueU de Pièces cAoiji0 et nous avons inséré au bas des pages les variantes des aotro éditions.

LE FLOREtfTIN, SCÈNE I.

P]g|EtS0]^A6ES.

BAKPAGÉlfB , FkMrentio.

B0ftTS5SB. popaie d'HaifMgéiiie.

TDIA5TE . amaok d'Hoitense.

AGAXHE. mère d^Haipagème.

lARLXFrTE, ntrante d'Horteose^ D SEMURIEII et ses oiBçom.

n EXEMPT.

DeSAHCHESS.

La idtae eit à Floroioe , dm la malpoD d*Haivagtaie.

Page 1