‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 450 sur 723 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

HARPAGÊME, AGATHE, MARINETTE.

MARINETTE

Comme il fuit!

HARPAGÊME.

Il foit bien , car cette mienne épée Dans son infâme sang allait être trempée; Mais de le voir ici me voilà tout outré. Comment est-il venu ? comment est-il entré?

MARINETTE

J'étais là-bas au firais quand je l'ai vu paraître :

LE FLORENTIN, SCÈNE fïL

Je suis soudain rentrée , il m'a ^vie en traître , Me disant qu'il voulait m'enridiir pour toujours; Que je prisse le soin de servir ses amours; Et , faisant succéder les effets aux paroles , Il m'a voulu couler dans la main cent pistoles. * Mais j'aurais moins souffert s*il avait mis dedans, Ou des cailloux glacés, ou des charbons ardents. Je crève quand je pense aux offres insolentes... HARPAGÊME , à ^goike.

Ah! ma mère , voilà la perle des servantes!...

(àMannette.) (àAgathe.)

jigmbrasse-moi , ma fille... Anriez-vous cm cela .' Eh bien I avec ces soins , ma mère , et ces clefsii, La garde d'une fenune est-elle si terrible, Et croyes-vous enoor œite chose impossible?

AGATHE

Mon fils, bouleverser Tordre des éléments, Sur les flots irrités voguer contre les vents, Fixer selon ses vœux la volage fortune, Arrêter le soleil , aller prendre la lune ; Tout cela se ferait beaucoup plus aisément Que soustraire une femme aux yeux de son amant, Dussiez-vous la garder avec un soin extrême, Quand elle ne veut pas se garder elle-même.

HARPAGÊME.

Il n'est pas question d'aller contre les vents, NNe bouleverser Tordr^^des éléments, Mais de garder Hortense ;'et j*âi, pourj suffire, De boni mon, des verrous, et des yeux : c'est tout dire.

AGATHE

Abus. Lorsque Tamour s^empare de deox ooenn, Pour rompre leur commerce et vaincre leurs ardeon, Employez les secrets de Tart , de la nature, Faites faire une tour d'une épaisse structure, Rendez ses fondements voisîbs des sombres lieux , Elevez son sommet jusqu'aux voûtes des deox, Enfermez Tun des deax dans le plus bant étage, Qn'à Fautre le plus bas devienne le partage, Dans Tespace entre deux, par différents détoars, Disixisez plus d'Argus qu*un siècle n'a de jours, Empruntez des ressorts les plus cachés obstacles; Plus grands sont les revers, plus grandi aontlei miiw^' L'un pour descendre en bas osera tout tenter, L'autre aiguillonnera ses esprits pour monter. Sans s'être concertés pour une fin semblable , Tous deux travailleront d'un concert admirable. A leurs chants séducteurs Argus s'endormirti; Des verrous, par leurs soins , le ressort se rompn; De-moment en mènent , eiyambant l'intervalle, Enfin ils feront tant , qu'au milieu du dédale Imperceptiblement ensembje ils se rendront, Et malgré vos efforts, mon fils, ils se joindront : C'est im coup sûr. Mon âge et mon eiÊpérkti» Vous peuvent sur ce point garantir ma sdenoe.

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