SCÈNE IX
HARPAGÊME, HORTENSE.
HARPAGÊME.
Ma cousine, en ces lieux , de la part d^arpagémei
leTlorentin, scène IX.
Je Tiens poar tous porter à rhymen. Il vous aime. Dès Tos plus jeunes ans on vous marqju ce choix z \(Âre père , en mourant , vous en dicta les lois ; Mais TOUS , â*une amour folle étant préoccupée , Vous rendez du déftjnt la volonté trompée; Et le pauvre Harpagème , au lieu d'affection , Va TU que haine en vous et que rébellion.
HOATBNSB.
U est vrai , son humeur a rebuté la nlienne :
Mais, monsieur, ce n'est pas ma fiiute; c'est la sienne.
BABPAGÉMK.
Camnient?
HOHTBNSB.
Nous demeurions à huit miHes d*ici. Jt Je n'avais jamais vu que lui seul d*homme : ainsi , Qaoiqo'ilme parût froid , noir , bizap-ej-et farouche, Je me comptais toujours compagne de sa couche : Sans amour , il est vrai ; toutefois sans ennui-, Présomant qoe tout Jipmme était fait comme lui ; Nais, loin de me tenir dans cette erreur extrême,- A. me désabuser U travailla lui-même ; Et j'appris par ses soins, avec quelque pitié, QqH était des mortels le plus disgracié.
HARPAGÈME.
Qooi I lui-même? Comment ?
HORTENSE
Vous le savez , 0^m père De son pouvoir sur moi le fit dépositaire , Et rnoomt. Pea de temps après la moft du sien , Harpagème , héritier et maître d'un grand bien , l^vfw place au sénat conçut quelque espérance. U TOQlot faire voir son triomphe à Florence , M'y traînant avec lui , malgré moi. Dans ces lieux , Mme gens bien tournés s'offrirent à mes yeux , Qoi de me plaire' tous prirent un soin extrême. Faisant réflexion sur eux , sur Harpagème , Qoevis-je? Ahl mon cotfsin , quelle comparaison I L'eneor en mon esprit fit place à la raison s Mon jaloux me parut d'un dégoût manifeste; £t j^ pcîs sa personne en haine.
• BARPAGÉMS, à part.
Je déteste...
HORTENSE
Qqoî donc ! œ franc aveu vous déplatt-il ? Comment 7 Est-ce qoe je m'explique à vous trop hardiment ?
HARPAOiMB. '
Non pas, non pas.
HORTBNSB.
Je vais me contraindre,
HAEPAGÊMB.
4 Au contraire,
De ce qoe vous pensez il ne Ikut rien me taire. Sî vous voulez , pesant Tune et l'autre raison > Qœ je fonde une paix stable en votre maison ,
Vbus devez me montrer voire âme toute nue , Ma cousine.
' * HO^f EN&B.
Ohl vraiment j'y suis bien résolue.
Avant que d'épouser Harpagème aujourflmi , .Afin que vous jugiez si je dois être à lui. De tout ce quej'ai fait , de tout ce qu'il m'inspire , Je ne vous tairai rien... Mais n'allez pas lui dire.
HARPAGÈME.
Oh! non, non. Revenons à la ré^odon.
Vous fîtes dès ce temps le choix d'un galant ?
HORTENSE
Non:
Jamais d'en choisir un je n'eusse eu la pe^file; * Mais Harpagème , épris d'une rage insensée , Poussé par un esprit, ridicule , importun , A son dam, malgré moi,|n'^ fit découvrir un.
HARPAGEME.
VousTcrrez que cet homme aura tout fait.
HOATBNSB.
Sansdouia; Car,m%voulantà)ntraindreàprendretmeautreroute, Pour m'ôter ta grand monde il mè fit enfermer. J'étais à ma fenêtre à prendre souvent l'air : -^ D^un logis près , un homme en faisait tout demème; Je ne le voyais pas d'a^rd ; mais....
HARPAGÈME.
Harpagème.
Vous le fit découvrir y n'est-ce pas?
HORTENSE
Justement, n me dit, tourmenté par son tempérament , Que sans doute cet homme était là pour me plaire , Et m'ordonna surtout, ftilminant de colère, De ne plus me montrer lorsque je l'y verrais. Instruite à ce discours de ce que j'ignorais , A me montrer encor je me plus davantage ; Et je vis^u^arpagème avait dit vrai.
ÇARPAGÂi^B , à part.
J'enrage !
HORTENSE
Cet homme çnfin, monsieur,dontTimanteestlenom, Me fit voir en ses yeux qu'il m'aimait tout de bon. Il est jeune , bien fait ; sa personne rassemble Dans leur perfection tous les bons airs ensemble* Magnifique en habits , noble en ses actions , Charmant...
HARPAGÈME.
Passez , passez sur ses perfections ; Il n'est pas question de vanter son mérite.
HORTENSE
Pardonnez-moi, monsieur. Dans l'ardeur qui m'agîie, Illhe semble à propos de vous bien faire voir Que celui pour qui seul j'ai trahi mon devoir, Possédant dignement tout ce qu'il faut pour plaire ,