‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 486 sur 723 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

ANSELME, M. TOBIE, THIBAUT, JOSSELIN; LUCINDE ET PERRËTTE , à la fenêtre.

ANSELME

Josqa'au revoir. •

JOSSBUN.

Vous pialt-il boire encore un coop? {à Thibaut) Ohl ça! à vous le dé, pays!

, ( lUni présente la ooape pleine de Tin. )

THIBAUT

A moi?

LUCINDE , à Perretle.

Perrette , ton mari Ta boire.

PBRRETTE.

A qad s'amase-t-il? Ce n'est pas qae je craigne rien ; mais le cœur me tape.

JOSSEUN.

A cause que tous êtes un bon frère , en voilà rasade : buvez.

THIBAUT

Parsangné , je n^ai pas soif.

Il ne s'agit pas d'avoir soif, et c*est seulement par curiosité , et pour savoir si vous êtes aimé de votre femme : buvez.

THIBAUT

Non, morgnél je ne boirai point. Et si le vin allait se répandre , par hasard? Testigué , voyezvous , je suis maladroit de ma nature. Quand je saurais ça , en serai»-je plus gras ? en auraisje la Jambe plus droite? en dormirais-je plus que des deux yeux? en mangerais-je autrement que par la boudie? Non, pargué ! Cest pourquoi , frère, je suis votre sarvitenr, je ne boirai point.

LUCINDE, à Perrette,

Je ne croyais pas que votre homme fût si avisé.

JOSSELIN

Vdlà un rustre d'assez bon sens.

ANSELME

C'ért ce qui me semble , et je suis quasi fâché de n*avdr pas été de son humeur.

M. TOBIE

Ohl pardi, mon fermier, vous avez plus d'esprit que votre maître; je vous le cède.

mBAUT.

Jarnigné I je ne sais pas si je fins bian; miig je sais bian que je serais fiché de bire aotreinent. raime Parrette : aile est ma femme; et quand aile serait la fenuned'un antre, aile ne me plairait pisda* vantage. Je ne«ais si je lui plais sincèrement, aDe en fait le semblant, du moins : je ne rentre de fois diezmoi, qneje ne la retrouve tin tdleqoejer» laissée; il nY a pas un iota à dire. Aile aime à batifoler ; je suis d'humeur batifolante ; je batifokios sans cesse ; et si je m'allois mettre dans la çarrdle tous vos engeingreiniaux , adieu le batifolage. Nqd, palsanguoi I je n'en feraj rian.

JOSSELIN

Voilà comme je veux être , si je me marie; mais je ne me marierai pas.

PBBBETTB.

Madame , je sois si aise que je ne saurais pins m*a

tenir. H font que j'aille embrasser nolie homme.

(EUeaeRtireâeUlcaèln.)

LUCINDE

Attends , Perrette ; que vas-tu foire ?

JOSSELIN

Voilà la perle des maris. . . Ami , toodie U.

THIBAUT

Votre valet.

M. TOBIE

Voilà Texemple des honnêtes gens... EmbrasKmoi.

THIBAUT

Votre sarviteur.

ANSELME

Voilà le miroir de la vie paisible.

Votre très-humble.

PBBBETTB , à SOU «tari, en M froffeMi fur TépaMle.

Voilà un vrai homme à femme. Ohl qoejetebaiserai tantdtl

THIBAUT

Eh 1 testigoé I c'est Parrette.

ANSELME, surpris.

Que vois-je? des femmes 1

THIBAUT

Je n'ai morgue pas voulu boire dans la coope : elle ^ût peut être dit queoque chose qui m'aorait chagriné.

PERRETTE

Elle n'eût rien dit; mais tu as bien bit : je t*ai aime davantage.

M. TOBIE

Perrette , qu'as-tn foit de ma fiHe?

LUCINDE

La voilà, mon père, qui se jette à vos geooox pour vous demander pardon.

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