‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 488 sur 723 · OU LES AMOURS DE CAMPAGNE · texte numérisé non relu

OU LES AMOURS DE CAMPAGNE

PAR LA FONTAINE ET CHAMPHESLE

Le iiiana§crit de cette pièce ne s'est Jamais retrouvé. Elle a été composée d'après deux contes de la Fontaine , le Poirier , qui est le second de la Gageure dee irais Commères, imité de Boccaoe , et le f^illageois qvi cherche son veau , tiré des Cent /Voievelles nouvelles de la reine de Navarre. '

Nous ne connaîtrions de cette pièce que le titre , sans Textrait suivant , qui a été donné par Grandval.

Les acteurs étaient un gentillâtre, sa femme, leur servante , Ricato leur fermier , et le fils de Ricato. Après quelques scènes , nécessaires pour l'exposition du sujet , Ricato , qui a inutilement cherché un veau qu'il a perdu , monte sur un arbre pour découvrir de pins loin. Le gentillfttre arrive avec sa servante , et, croyant n'être vu ni entendu de personne, il lui conte des douceurs , et veut Tembrasser. A diaque beauté qu'il découvre en elle , il s^écrie : jih! ciel ! que vois-je ! que ne vois-je pas ! Ricato , impatienté d'entendre répéter ces exdamations, s'écrie à son tour : IVoire bon seigneur, qui voyez tant de ehoses, ne voyezrvous point mon veau? Le gentiilâtre , fl8idié d'avoir été surpris, et craignant qu'on n'apprenne à sa femme ce qu'il faisait là avec sa servante, ne'se déconcerte pourtant pas, et ordonne à celle-ci d'aller vite dire à madame de le venir trouver dans ce même lieu. Elle y vient , et il lui fait les mêmes caresses et lui tient les mêmes discours qu'à sa servante. Peu après, Ricato rapporte à la dame ce qu'il a vu; mab, à tout ce qu'il lui dit, elle répond toujours : Celait moi, Jami! réplique Ricato, rotts me feriez enrager! un mari n'est point si sot à l'eniour de sa femme. La servante , songeant à un établissement solide, et désirant épouser le fils du fermier , parce qu'il est jeune et

riche , trouve le moyen de lui parler, et fait en sorte qu'il lui touche dans la main. Après quoi elle lui persuade qu'ils se sont donné une foi mntaelle, qoe leur mariage est conclu , et qu'il ne peut plos s en dédire. Le jeune innocent résiste on peu, maisla femme du gentillfttre, à laqnellelesrapports de Ricato ont bit concevoir quelques soupçons sur la coodirite d^ son mari et de sa servante , veut que ce mariage ait lieu«; et c'est par lui que se termine la pièce.

Elle eut six représentaticms de soile dans sa nouveauté : la première le 22 aoôt 1689 , après y égalas ; et la dernière le i » septembre, après IphifiM' Elle en aurait eu davantage sans racddenl qui arriva à la Thorillière, chargé du rôle du jeune paysan: U se blessa A une jambe, et Ait obligé de garder quelque temps la chambre* On reprit le Feau perd% le 8 avril de l'année suivante , et il eut encore sept représentations; la dernière le 20 avril snivant, après jlttdronMfiie. La mort de la Daupbine causa une nouvelle interruption. On reprit ensuite cette pièce le 6 mai suivant , et on la donna pour la dernière fois , avec part d'auteur , le 8 du même nwis , après Pénélope. Elle resU ensuite quelque temps an courant du répertoire , et ftit jouée pour la dernière fois le samedi 20 avril 1697.

- Le gentiilâtre était joué par le Comte, aclcarmé^ diocre , mais estimé de sa troupe , dont il fat le trésorier , qui avait débité au Théâtre-Français en 1680 , et qui , après avoir obtenu sa retraite en 1704, mourut le 8 janvier 4797. La femme du gcnUilâlrc était représentée par mademoiselle Dorieo , actrice bien foite et assez jolie : elle se nommait Anne Petit , et éUit la sœur aînée de mademoiselle Raisin. Elle fut reçue en 1685 : elle mourut en janvier <737,

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