SUR LÀ FABLE DE PSYCHÉ
PAE C. A. WALCKBHAER.
Apulée, philosophe platonicien , né aa teoood dède de J'ëre chrétienne, est le premier, et même le tenl desécrivainê anciens qni ait raconté les ayentures de Psyché. Elles forment nn épisode de l 'ouvrage intitulé la Métamor^ phase, on Y Ane d'or, ouTrage qui prouve dans son auteur « beaucoup d'imagination et d'esprit. Il est écrit en latin. Mais comme Apulée était né à Madaure en Afrique , qu'il ayait fait ses études à Athènes, il savait mal la langue latine, qu'il avait apprise sans maître. Son style est dur, pénible, plein d'eipressions et de tournures étranges j cependant il n'est dépourvu ni de chaleur, ni d'éloquence, ni même de grâce. Son incorrection a de la force, et sou néologisme est expressif et brillant.
La fable de Psyché est sans comparaison ce que l'ouvrage d'Apulée ' renferme de meilleur. Cette fable est considérée à juste titre comme une des plus ingénieuses et des pins intéressantes que l'antiquité nous ait transmises; mais quoique Apulée sottie premier auteur où on la trouve, on ne croit pas qu'il en soit l'inventeur. On pense avec raison qu'elle est beaucoup plus ancienne que le siècle où il a vécu ; et on se fonde à cet égard sur le nom même de Psyehé , qui en grec signifie âme , et est aussi le nom du papillon, emblème eba lesGrecs de l'immortalité de Tâme. De plus, un grand nombre de monuments des arts de la Grèce, dont plusieurs appartiennent à l'âge reculé de leur plus grande perfection, retracent quelques-unes des aventures de Psyché.
D'après ces fiiits, il est difficile d'expliquer pourquoi aucun auteur ancien n'en a parlé; pourquoi on ne trouve dans aucun de ceux qui nous restent la mdndre allusion â une aussi charmante fiction.
* Apuleii Metamorphoteon cum animadv, Fr, Oudendor • pUet Prœf. D, nhunktnii, Lugd. BaUv.. I7M. in-4«, Ub. IV, Y, VI.
A la vérité Fnlgenoe S qui écrivait an sixiènie nède, apièa avoir abrégé en quelques pages la bble de Psydié, termine en disant : c Apulée a rempli deux livres entien de ces fiibuleux récits; et Ariatophoote, AtbéQieQ,da» l'ouvrage qu'il a intitulé Dysoristia, a traité le même so jet avec une grande profhsion de paroles. > Ce panage de Fttlgence ne nous apprend point si cet Aristopboote(Aris> tophanes,*ou Aristophantes , selon d'antres maoïra-ibi est antérieur ou postérieur à Apulée; et comme dodi oe savons rien de cet anleur athénien que la meatioo qa'eoi laite Folgence, Apulée reste toujours pomrnoos le seul da andens écrivains qni ait parié de hi fable de Ps)ciié , et la difficulté que nous avons exposée plus haut reste entière.
Un savant danois * a cherché à expliquer œ sileoce dn auteurs , si fort en opposition avec les témoignages pith ditits par les monuments des arts.
Selon lui , la fable de Psycdié est un m^fki moral fûsaol partie de ces mystères auxquels les {femmes seules étaient initiées, et qui étaient destinés à être représentés dennt elles sous la forme d'un dranae symbolique , afio de kor rappeler les dang^v qui assiègent la beaaté.eldelear inculquer les devohv que la femme mariée doit socooplir au milieu des épreuves et des difficultés de tout genre. L» ouvrages du ciseau ou du burin antique qui eo retraomt quelques droonstances avaient été, selon notre auteur, exécntés pour ces mystérieuses cérémonies, et poofaleot d'ailleurs être mis sans danger sous les yeux des profaoes, puisqu'ils ne pouvaient donner qu'une connaiisaDoe partielle , et par là même insuffisante, du mythe secret; d'aHleurs ils n'en révélaient pas le sens allégôriqQe.
Le même savant a comparé la lïitile de Psyché, telle qu'elle est écrite dans Apulée, avee tous les moDomeots de l'art qui en représentent qudques droonstances , et il a remarqué qu'on ne trouve pas un seul de ces nioauaieot> qui ait trait aux sœurs ou aux parents de Psyché , ni aui supplications que celle-ci adresse aprèssonmalheoràCérèi et à Junon, ni enfin à la maladie que hi brâlurede la lampe a causée à Gupidon : et coomie ces événements Uenoeot une grande place dans le roman d'Apulée, notresaTaoteo
4 Fulgenthis. Ub. III, apud Mytograph, iatht,, edIL IK MnndLerii; Amstd. I6SI , in-g«. L U . p. 117.
* Birgenia Thorladus. Prolutiones ei Oputenta At»i^^y Havni«, 1106, io-a*. p. 518 à 392.