LIVRE I
Je coRTieiiB qu'il ftot tenir YespiH eu suspens da» ces sortes de narrations , comme dans les pièces de théâtre : on ne doit jamais décoaYrir la fin des éTôieaients; on doit bien les préparer, mais on ne doit pas les prérenir. Je conTiens encore qo'il feut i]oe Psjché appréhende que son mari ne soit im owDstre. Tout cela est* apparemment contraire à ronde dont il s'agit, et ne Test pas en efTet : car prenHèrement la suspension des esprits et Tartifioe de cette foble ne consistent pas à empêcher que le lecteur nes^aperçoive de la véritable qualité du man qa'(» donne à Psydié ; il suffit que Psyché ignore qai est celoi qu'elle a épousé, et qucT-on soit en lUentede savoir si elle verra cet époux, par quels moyens elle le verra , et quelles seront les agitations deson'iffle après qu'elle Taura vu. En un mot , le phisir que doit donner cette foble à ceux qui la lisent , oe n'est pas leur incertitude à Tégard de la qualité de ee mari , c'est Tinoertitude de Psyché seule : U ne bat pas que l'on croie un seul moment qu^une si limabie personne ait été livrée à la passion d^un ooostre) ni même qu'elle s'en tienne assurée; ce serait on trop gran<l sujet d'indignation au lecteur. Cettebelle doit trouver de la douceur dans la converatkm et dans les caresses de son mari , et de fois à ffitres appréhender que ce ne soit tm démon ou un ochameor; mais le moins de. temps que cette peniée lui peut durer jusqu'à ce qu'il soit besoin de préparer la catastrophe , c'est assurément le plus à propos. Qn'on ne dise point que l'oracle l'empêche bien de l'aToir. Je confesse que cet oracle est très-dair pourooQs; nuûs il pouvait ne l'être pas pour Psyché: elle vivait dans un siède si innocent , que les gens dealers pouvaient ne pas connaître l'Amour nos toutes les formes que Ton lui donne. C'est à <IDoi on doit prendre garde; et par ce moyen il n*y un plus d'objection à me Ikire pour oe point-lA.
Assez d'antres foutes me seront reprochées sans ^te; j'en demeurerai d'accord , et ne prétends pas qneiDon ouvrage soit accompli : j'ai tâché seulement ^ faire eu sorte qu'il plût , et que même on y trouvât da solide aussi bien que dé l'agréable.
C'est pour cela que j'y ai enchâssé des vers en beaucoup d'endroits , et quelques autres enrichissements, coonne le voyage des quatre amis , leur dialogue toudiant la compassion et lerire,la deseription desenfers, celle d'une partie de Versailles. Cette dernière n'est pas toat à £ait conforme A l'étal présent des lieux ; je ^ al décrits en odui en dans deux ans on les pourra voir. Il se peut fkire que mon ouvrage ne vivra pas si ^^^^^S^anps; mais qndquepeu d'assurance qu'ait un >Keor qu'il entretiendra un jour la postérité , il doit toQjoan se la proposer autant qu'il lui est possiblp , et esnjer de foire les choses pour son usage.