‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 579 sur 723 · VII. — STANCES · texte numérisé non relu

VII. — STANCES

80R LA SOUMISSION QUB l'ON DOIT A DIEC7.

Heureux qui , se trouvant trop faible et trop tenté ,

Du monde enfin se débarrasse t

Heureux qui , plein de diarité , Pour servir son prochain y conserve sa place ! Différents dans leur vue , égaux en piété ,

L'un espère tout de la grâce , L'autre appréhende tout de sa frai^ité.

Ce monde , que Dieu même exclut de son partage.

N'est pas le monde qu'il a fait.

C'est ce que l'homme impie ajoute à son ouvrage, Qui fait que son auteur le condamne et le hait. Observez seulement le peu qu'il vous ordonne ,

Et , sans cesse le bénissant , Usez de son présent , mais tel qu'il vous le donne; Et vous n'aurez rien foit qui ne soit innocent.

Crois-tu que le plaisir qu'en toute la nature

Le premier être a répandu

Soit un piège qu'il a tendu

Pour surprendre la créature ?

Non , non ; tous ces biens que tu vois Te viennent d'une main et trop bonne et trop sage; Et , s'il en est quelqu'un dont ses divines lois

Ne te permettent pas l'usage , Examine-le bien , ce plaisir prétendu ,

Dont l'appAt tâche à te séduire , Et tu verras , ingrat , qu'il ne t'est défendu

Que parce qu'il te pourrait nuire.

Sans ses lois et l'heureux secours

Qu'elles te fournissent sans cesse,

Comment , avec tant de faiblesse , Pourrais-tu conserver et tes biens et tes jours ? Exposé chaque instant à mille et mille injures , Rien ne rassurerait ton cœur épouvanté ;

* Mattbleo Marais faicUne à penser que cette pièce est de F». viUon ! mais le témoisnage de madame Ulricb et l'anlénorita de publication semblent prouver que cette pièce est de la Fontaine.

ŒUVRES DIVERSES

Et ces justes décrets contre qui ta mormures Font ta plus grande sûreté.

Voudrais-tu que la Providence Eût réglé Tunivers au gré de tes souliaits ,

Et qu'en te comblant de bienfaits Dieu t'eût encor soustrait à son obéissance?

Quelle étrange société Formerait entre nous Terreur et Tinjustice , ^i rhomme indépendant n'avait que son caprice

Pour conduire sa volonté 1

ÉPITRES

▲ MADAME DB CODCT , ABBBSSB DB MOUZON V

Très-révérente mère en Diea, Qui révérante n'êtes guère , Et qui moins encore êtes mère, On vous adore en certain lieu D'où l'on n'ose vous l'aller dire, Si l'on n'a patente du sire Qui 6t attraper Girardin , Lequel allait voir son jardin* ,

« Il n'y a dans l'orlgiiial que le* initiales : nom y avooi ^outé l'eiplicaUon. dont nous avons des preuves certaines, daade- GabrieUe-Angéliqne de Coacy de Mailly fut abbesse du monastère des bénédictines de Sainte-Marie de Mouzon, de{)uis 1634 Jusqu'en I66S , le redevint enl67l. et fut ensuite exilée à Halnone par lettre de cachet Voyez YHUtoire de la vie et det ouvrages de la Fimtaine, troisième édition . p. 42, 37. et S97.; et VHitioire de la ville de Paris, par Felibien, in-folio, t. II. p. 151t.

> Toid un passage de Fouqnet dans ses Défenses, t II, p. 269. qui sert d'éclaircissement à ceci t c iteste la mystérieuse dépo-

• sition de Tabouret : il est revenu à charge de déposer contre

• moi} à quoi il était peut-être assez porté par le ressentiment

• de la mort du sieur Barbezière, frère du sieur Cheroeraut,

• son gendre . lequel Barbesière étant venu à Paris pour faire

• les bourgeois de Paris prisonniers de guerre , par intelligence « avec lesdits Tabouret et Ghemeraut, ayant enlevé le sieur Gi- ■ rardln , le procès fut bit par mes soins . suivant les ordres du « roi et de M. le cardinal, qui sont entre mes papiers. Ledit

• Barberière (tat condamné et exécuté à mort; lesdltt Tabouret

• et son gendre enfermés à la Bastille, en vertu d'un ordre signé

• de mol.» Matthieu Marais nous apprend que Barbezièrefut décapité le 4 octobre 1657. et que Girardin avait été enlevé en allant à Bagnolet. et mené à BruxeUes. Voyez le récit de cette albfredans Monglat. Mémoires, t. III, p. SS, ou t. LI de la collection de MM. Petltot et Monmerqué.

Pois le mîtà grosse finance.

Les Rocroix * , g^is sans oonacteoee , Méprendraient aussi bien que Ini , Vous allant conter mon ennui.

J'aurais beau dire à voix soumise :

Messieurs , cherchez meilleure prise ; Phébns n*a point de nourrisson Qui soit honune à haute rançon.

Je suis lin homme de Champagne , Qui n*en veux point au roi d'Espagne; Cupidon seul me fait marcher.

Enfin j'aurais beau les prêcher , Montai' ne se sonderait guère De Cupidon ni de sa mère ; Pour cet homme en fèr tout confit , Passe-port d* Amour ne suffit.

En attendait que Mars m'en donne nn , et le ( Mars ou Condé , car c*est tout un y Comme tont un vous et Cyprine) Je ne bouge ; et j'ai bien la mine De ne vous pas être importun.

Votre séjour sent un peu trop la poudre; Non la pondre à têtes friser , Mais la poudre à têtes briser ; Ce que je crains comme la foudre , C'est-à-dire un peu moins que vous ;

Car tous vos coups

Ne sont pas doux

Comme ils le semblent :

Le cœur dès Tabord ils nous emblent^ Puis le repos , puis le repas , Puis ils font tant qu'Us causent le trépas.

Je vis pourtant, à ne vous point jnentir : Que servirait de déguiser les dioses ?

Mais comment vis-je ? et qu'il nous fout pâtîr Dans vos prisoas , où Ton foit longues panses ' f

< C'est-à-dire les Espagnols, alors maîtres de Bocroy, et qui faisaient des incuraions dans toute la Champagne. Fooqoet. t. VIU de ses Défenses, on t III de la Continuation^ p. 77. dit: c Ce furent ceux de Bocroy qui enlevèrent Girardin praqos c aux portes de Paris. >

> Montai commandait dans Bocroy pour l'Espagne ; il jetait la terreur dans tonte la Champagne. Les habitants de Reinii avaient couciu avec lui une aorte de trêve . sans rautorisackn du rui; et sans l'avautage que remporta sur lui le oomte ée Grandpré , à la fin d'août f 687. il eût longtemps mis à contribution toute la province, Jusqu'aux portes de Heims. Voya Montpeosier, Mémoires, année 4057, t III, p. f 94, édit. de Petltot. I82B. in-««, t XUIt et Monslas. Uêmoirts, t ill, p-SS^ ou t. LI de la ooUection.

* Sine pour «i^me.par lioenoe poétique etpoor la rimcTooi les éditeurs ont laissé ce mot ainsi; œ qui est asMi sin^nUer. car dans tous les autres passages de cette nature ils ont altéré Is

texte par des corrections intempestives.

* Ils nous dérobent Embler ou amUer est un vieux moCi|vi signifie prendre, voler, fuir, éviter.

* ViB. Poses dans l'édition de 1671 1 et U Fontaim a écrit

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