A MADAME DE THIANGES
Vous trouverez que ma satire
Eût pu ne se point écrire ,
Et que tout ressentiment ,
Quel que soit son fondement ,
La plupart du temps peut nuire ,
Et ne sert que rarement.
J'eusse ainsi raisonné si le del m'eût fait ange ,
Ou Thiange ; Mais il m'a fait auteur, je m^excuse par là :
Auteur , qui pour tout fruit moissonne Un peu de gloire. On le lui ravira ,
Et vous croyez qu'il s'en taira?
D n'est donc plus auteur : la conséquence est bonne.
S11 s'en rencontre un qui pardonne , Je suis cet indulgent ; s'il ne s'en trouve point, Blâmez la qualité , mais non pas la personne. Je pourrais alléguer encore un autre point : Les conseils.-— Et de qui?— Du public. C'est la ville, C'est la cour , et ce sont toutes sortes de gens ,
Les amis , les indifférents , Qui m*ont fait employer le peu que j'ai de bile : Us ne pouvaient souffrir cette atteinte à mon nom.
La méritais-je? on dit que non.
Mon opéra , tout simple , et n'étant , sans spectacle. Qu'un ours qui vient de naître , et non encor léché , Plaît déjà. Que m*a donc Saint-Germain* reproché?
* Madame de TbUnges, Bceor de madame de Mootespan, et la protectrioe de notre poCte, le bUma de s'être abandomié I la oolAre , et d'avoir écrit la aatire préoédeote i elle entreprit de le nooommoder avec Lnili , et y parriot. Voyei , pour plus d*éclaircinementi nir oe miet, l'Histoire de la vie et des ouvrages deJ.de la Fontaine . troiikpie édition , 4 tS^ , p. SM.
• C'cit-I'dire la oonr.
Un peu de pastorale? enfin ce ftit Fobatade. Pinlroduisais d'abord des bergers ; et le roi Ne se plaît à donner qu'aux héros de remploi. Je Ten loue. Il fallait qu'on lui vantât la suite ; Faute de quoi ma muse aux plaintes est réduite. Que si le nourrisson de Florence * eût vouia ,
Chacun eût foit ce qu'il eût pu.
Celui qui nous a peint un des travaux d'Aidde
(Je ne veux dire Euripide , Mais Quinault'), Quinault donc pour sa part aunit eo Saint-Germain ', où sa muse au grand jour ettt paru;
Et la mienne, moins parfaite , Eu t en du moins Paris , partage de cadette : Cadette que peut-être on eût cm quelque jour Digne de partager en aînée à son toor. Quelque jour j'eusse pu divertir le monarque. Heureux sont les auteurs connus à cette marque ! Les neuf Sœurs proprement n'ont qu'eux pour fiivoris.
Qu'est-ce qu'un auteur de Paris?
Paris a bien des voix ; mais souvent , fknte d^une ,
Tout le bruit qu'il fait est fort vain. Chacun attend sa gloire ainsi que sa fortune
Du suffrage de Saint-Germain.
Le maître y peut beaucoup; il sert de rëgleaux autres:
Comme maître premièrement , Puis comme ayant on sens meilleur que tous les nôtres. Qui voudra l'éprouver obtienne seulement
Que le roi lui parle un moment.
Ah 1 si c'était ici le lieu de ses louanges 1 Que ne puisje en ces vers avec grâce parler
Des qualités qui font voler
Son nom jusqu aux peuples étranges M
On verrait qu'entre tous les rois
Le nôtre est digne qu'on l'estime :
Mais il faut pour une autre fois
Réserver le feu qui m'anime.
Je ne puis seulement qu'étaler aujourd'hui Son esprit et son goût à juger d'un ouvrage ; L'honneur et le plaisir de travailler pour lui. Ceux dont je me suis plaint m'dtent cet avantage :
Puis-je jamais vouloir du bien
À leur cabale trop heureuse ?
D'en dire aussi du mal, la chose est dangereuse :
Je crois que je n'en dirai rien.
Si pourtant notre homme se pique D'un sentiment d^honneur^ et me fait k son tour
Pour le roi travailler un Jour ,
Je lui garde un panégyrique.
4 Jean-nqittsteLaUi.
* Dans aoa opéra d'Meette,
' Saint-Germain en Laye , où la coor le tenait alon.
4 C'eit-à-dlre les nations étrangères. On retroinre IMgM» meot œtte location dam Malbeibe, et dans d'antres poêles de cette époque.
ÉPITRES
n est homme de ooar , je suis homme (de vers ;
JoaoDS-iKNis tous deux de paroles :
Ayons deux hmgages divers ,
Et laissons les hontes frivoles.
Retoarner à Daphné^ vaut mieux que se venger. Je vous laisse d'ailleurs ma gloire à ménagel*. Deux mots de votre bouche et belle et blen-disante
Feront des merveilles pour moi.
Vous êtes bonne et bienfaisante ,
Servez ma muse auprès du roi.